A cause de la BAS les chancelleries occidentales ne veulent plus inviter Biya !

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Dans une publication sur son mur Facebook ce mercredi 24 juillet 2019, Siméon Roland Ekodo Mveng parle de la Brigade Anti Sardinard qui a pris le relais du CODE et d’autres organisations du même acabit au lendemain de l’élection présidentielle. Le politologue ressort les forces et les faiblesses de la BAS, ainsi que des propositions pour redorer son blason.

Voici l’intégralité de cette réflexion:

Il s’agit ici d’examiner les actions et les logiques qui caractérisent ce groupe de pression internationalisé de la diaspora camerounaise nommé Brigade Anti Sardinard qui a visiblement fusionné, supplanté ou pris le relais du CODE et d’autres organisations politiques au lendemain du scrutin présidentiel controversé d’octobre 2018.

Comptabiliser ses effets, c’est d’abord énoncer l’étonnante capacité de mobilisation populaire de ces camerounais autrefois connus pour leur apathie et leur désintérêt pour les grèves. C’est souligner en sus, son déploiement dans les réseaux sociaux dans la socialisation des internautes pour le marketing électoral du candidat Kamto et sur le rejet lapidaire des autres concourants au fauteuil présidentiel.

C’est également relever son impact dans la modification tendancielle de l’agenda d’un président Paul Biya souvent parti en Europe pour des longues visites privées qui s’est vu désormais contraint à la sédentarité. On peut même postuler que les grèves de la B.A.S embarrasseraient peut-être les chancelleries occidentales à convier désormais le président Paul Biya, ou dissuaderaient désormais ce dernier à faire les déplacements, ou du reste à communiquer à propos par avance, motif pris d’une crainte d’humiliation ou alors des menaces sécuritaires entachant le séjour de sa délégation dans les pays hôtes.

On peut aussi postuler de l’impact et de l’influence de ce lobby cybernétique sur la nouvelle communication politique assez ouverte du président par des tweets ou, de la pro action gouvernementale des Ministres à s’expliquer par des conférences de presse avant la propagande inflammatoire de la B.A.S par des directs, et live sur Facebook.

Ce mouvement des camerounais de l’étranger peut également être analysé comme un porteur de cause affranchi du verrouillage préfectoral et des intimidations policières d’une opposition localement bâillonnée, quand elle ne sert pas de tribune quotidienne dans le procès du régime en place. Sa contribution décisive dans la web démocratie n’est donc pas à infirmer.

Cependant, et contrairement au chapelet d’intentions de sa mission de redressement du Cameroun, les querelles intestines et bagarres entre des militants de la B.A.S, le choix quasi ethnique des cibles, certaines de ses mobilisations avec des activistes sécessionnistes et les détournements de fonds de certains membres remettent en cause son credo républicain et sa démarcation éthique avec les mauvaises mœurs reprochées aux pontes du système.

Pourtant, leur idée de critique de la transparence électorale, des prévarications de fonds, ou de renvoie des dirigeants camerounais à aller se faire soigner au pays, ou à prendre des congés sur place est une invitation noble au développement infrastructurel, au respect de l’État de droit, à la gestion docte des ressources financières, sinon au patriotisme économique. L’autre bémol avec cette organisation qui aurait pu se limiter aux manifestations pacifiques de contestation du régime Biya ou à la paradiplomatie auprès des organisations internationales, ce sont ses relents de violence physique sur les artistes et les dignitaires du régime.

Une telle démarche, malgré le compteur émotionnel compréhensible des aigreurs de certains exilés politiques, ou nonobstant la légitimité de leur lutte les prive éminemment d’une estime morale fondée sur le respect de la personne et de ses orientations politiques, ou encouragerait des groupes alternatifs à agresser ultérieurement les musiciens ou élus et sympathisants du groupement politique MRC que ceux-ci supportent majoritairement au cas où ce parti arrivait aux affaires .C’est donc dire que le Cameroun qu’ils souhaitent sera politiquement monocolore et brutal.

En d’autres termes ils miment méthodiquement les réflexes autoritaires et la répression de droite qu’ils disent combattre idéologiquement. Or précisément, une organisation politique ou un groupe de pression qui incarne le changement démocratique doit briller par des valeurs morales et libérales au-dessus des considérations communautaires, individuelles ou même électoralistes. Il ne serait pas également inopportun pour certains de ses leaders de revoir leur communication, leurs relations publiques, voire de s’investir dans l’analyse du pouvoir, de la vie institutionnelle, du droit international ou de la diplomatie à la lumière des sciences politiques et juridiques pour affiner leurs discours et leur intelligence stratégique.

Source: camerounlink.com

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