Affaire Kamto: le pire est à venir au Cameroun, voici pourquoi!

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Si l’audition par la police camerounaise des opposants de Son Excellence Paul Biya vous était contée… Prenez place à bord.

Les Interrogatoires auxquels sont soumis les partisans de Maurice Kamto au #Cameroun de Paul Biya fourmillent d’autant de curiosités que de questions à grimper le mur. Parmi les questions saugrenues posées après leur arrestation aux personnes coupables d’avoir suivi dans la revendication de sa victoire volée à la présidentielle de 2018 le leader du MRC Maurice Kamto, on connaissait celle, très célèbre, posée à coups de triques, de matraques et de courant électrique sur le popotin ou la plante des pieds à des Camerounais convaincus de la justesse patriotique de leur lutte contre la satrapie régnante, mais non ressortissants de la région de l’Ouest, de savoir ce qu’ils font « dans les affaires des Bamilékés ».

Question inepte, saugrenue, émanant de cerveaux complètement lessivés par la propagande machiavélique des adeptes du diviser pour régner ou d’esprits obscurcis à force de se laisser parasiter par les messages de haine des tenants du pouvoir qui tirent les ficelles d’une opposition à mort des Camerounais entre eux en faisant accroire aux uns que les autres sont des loups pour eux, et inversement, ça l’était. Sauf qu’au pays de Paul Biya 1er, quand vous croyez la situation déjà complètement désespérée, vous êtes encore plus fondé de craindre le pire. Genre vous êtes pris au piège par le cou, et pendant que vous jetez subconsciemment le peu de forces qu’il vous reste pour vous nourrir de l’illusion que vous pourrez vous tirez d’affaire avant que dame mort ne s’en mêle, un gigantesque gorille survient dans votre dos, vous descend souverainement la culotte, et vous sodomise autoritairement sans égard pour le mortel inconfort dans lequel vous étiez déjà.

Comme quoi, avec Paul Biya, le pire est toujours à venir. Ce n’est pas pour rien que depuis que Maurice Kamto a ouvert les yeux aux Camerounais, ceux-ci n’ont plus de cesse de repousser les limites de leurs sacrifices, s’offrant à emprisonner à chaque fois que l’occasion leur est donnée, ou refusant parfois de recouvrer la liberté quand le propriétaire du pays (vous connaissez « le Cameroun de Paul Biya ») consent à la leur concéder à travers des libérations à tête chercheuse, résultant des non lieux et autres cessations de poursuites à l’encontre de certains tandis que d’autres continuent d’être maintenus en détention pour les mêmes « crimes » que ceux mis à la charge des libérés.

Il est question par cette posture de hâter la fin de leur calvaire que constitue le départ du pouvoir sans effusion de sang du président à vie de fait, chaque goutte de sang ou de larme versé dans cette confrontation du peuple contre ses oppresseurs étant porteur d’un imparable karma contre lequel ni les médecins suisses, ni ceux du Luxembourg ne peuvent nenni !

En fait c’était déjà une colle dont il était difficile de se dépêtrer, que la question de savoir ce que les “non-Bamilékés” faisaient “dans les affaires des Bamilékés”, car il fallait alors expliquer au cas -où le corps et le cerveau endoloris par les exercices physiques ad-hoc auxquels étaient soumis les clients de la police lors des interrogatoires le permettaient-, que la Résistance nationale n’était pas une affaire de Bamilékés, mais une affaire des seuls Camerounais qui pouvaient encore se revendiquer de ces glorieux nationalistes, tels Um Nyobe, Ossende Afana, Félix Moumié, Ouandié, Foncha, Mukete, … qui, eux n’avaient en réalité d’ethnie que le Cameroun.

Libéré récemment, un jeune militant du MRC, étudiant en sociologie, inscrit en thèse, nous a narré, les larmes aux yeux, la confrontation “intellectuelle” qu’il a eue lors de son interrogatoire avec un officier de police, qui s’obstinait à lui enfoncer dans la tête que lui le Bamoun n’avait rien à faire dans les affaires du MRC car c’était une organisation des Bamilékés qui l’abandonneront aussitôt qu’ils auront atteint leur objectif de prise de pouvoir, pour ne pas faire bénéficier des fruits de leur conquête à un intrus qui n’est pas de la tribu. Le jeune étudiant avoue avoir pris du plaisir, quoiqu’ayant les joues encore brulantes de claques bien senties, à inculquer à l’officier de police apprenti-sorcier en la matière, quelques rudiments de sociologie du peuplement de l’Ouest, qui fait que le terme “bamiléké” n’est que le désignatif générique imposé par le colonisateur pour identifier les peuples des hautes terres de la région de l’Ouest, alors que ceux-ci -pour la plupart produits des migrants ou des conquérants Tikars venus de l’actuelle région de l’Adamaoua- se distinguaient dans la réalité par leur appartenance à des groupements ou villages (les Dschang, les Banka, les Babadjou, les Baham, les Bangangté, les Bafang, les Batoufam, les Bafoussam…). Après avoir ainsi expliqué les choses à monsieur l’officier de police, et conclu que les Bamouns de par leurs communes origines avec les peuples des hautes terres et leurs appartenance à la même région administrative ne pouvaient raisonnablement prêter le flanc à ceux qui les dissocient desdits “Bamiléké”, expliquera au policier, pour sa petite gouverne, qu’il n’était pas Bamoun, mais ressortissant de Ngambé Tikar, une commune située dans le département du Mbam dans la région du Centre qui est supposée être le deuxième fief du président Biya, après sa région du Sud natal qui lui a accordé 92% de ses votes à la dernière élection présidentielle, mais qui est considérée comme étant moins tribaliste et “repli-identitairiste” que la région de l’Ouest “bamiléké”dont est issu Maurice Kamto, et où Paul Biya le natif du centre-Sud a pourtant battu le « Bamiléké Maurice Kamto » et le « Bamoun Adamou Ndam Njoya » tous les deux mis ensemble.

Que croyez-vous que le jeune étudiant en doctorat ait eu en guise de remerciement de la part du forcené qu’il venait d’éclairer ? Une bastonnade bien appuyée. Suivie d’objurgations sur fond de vocation aux gémonies : « Idiot, je voulais te sauver, mais comme tu défends les bamis, tu vas seulement aller à Kondengui pour enseigner tes universités-là là-bas. Tu fais le malin hein, tu vas aller travailler la prison et on va voir si Kamto et vos mamans de droits de l’homme là vont venir te sauver »(Sic).

En fait, ainsi que le chroniqueur le relevait supra, il était déjà difficile de se tirer à bon compte face à la question « Tu fais quoi dans les affaires des Bamilékés », car de deux choses l’une, soit l’interrogé avisé se confondait en mea-culpa, avouait avoir été trompé par la mauvaise compagnie, ou le faire pour de l’argent, et être à l’instant en train de recouvrer ses sens, et il recevait sa dose de supplice du fouet pour être ensuite remis en liberté « à l’insu du Commissaire » ou « du commandant », à en croire son « libérateur » ; soit alors l’interrogé persistait à faire de l’esprit, et il recevait une correction matraquée et était conduit devant le parquet militaire.

Voilà donc qu’en juin, une question encore plus assommante que la première a été inventée par notre chère “Gestapo” tropicalo-nationale à l’intention des partisans de Maurice Kamto : « Pour qui se prennent les militants du MRC pour oser marcher dans le pays de Paul Biya ?». (Cf. interview de la jeune militante du MRC Flore Mboussi à Nyame, sur la télévision en ligne AFRIK-INFORM : https://youtu.be/PBnG__qKkos).

Bien audacieux qui osera dire à des policiers payés pour penser tout bêtement que le Cameroun est la propriété de Paul Biya, qu’il se prend pour un copropriétaire du Cameroun, berceau des ancêtres de tous les Camerounais, fussent-ils seulement naturalisés, que Biya n’a fait que trouver à sa naissance en 1933, et qu’il devra se résoudre un jour ou un autre à quitter, sans que la face du monde en soit changée
Et si vous croyiez être suffisamment sonné et assommé, prière recevoir le coup de grâce. Ici, le cocasse le dispute au saumâtre : Enfermé avec la jeune femme entre quatre murs, l’officier de police qui doit interroger cette marcheuse “terroriste”, “insurgée”, “hostile à la patrie”, “fauteuse d’attroupement”, “rebelle à l’autorité administrative”, bref, monstrueuse et pendable, perd ses moyens. Tout lascif, le ton subitement fluet, la langue pendante de concupiscence, le grand flic en oublie du travail pour prendre la dame par les sentiments : « je dis hein, la “go”, pourquoi que tu détestes PômBiya comme ça non ? ».
Evidemment, il faut avoir des ressources de longanimité et surtout de complaisance à revendre pour ne pas faire une éruption de colère face à un tel déferlement de bêtise er recadrer tout de suite monsieur l’officier en lui rappelant que si Biya l’a envoyé démarcher une “drague”, ça manque d’élégance de le faire dans un commissariat, qui plus, n’est pas l’endroit approprié pour juger des sentiments de haine et d’amour.

Mais comme tous les partisans de Kamto se sont passé le mot en faisant valoir que tout se fait avec la tête et non les muscles, la jeune dame a joué au jeu du policier, le baladant dans les dédales des droits et des libertés des citoyens.

Tout ça pour ça ! Mobiliser des centaines de policiers et de gendarmes, leur faire porter des armes de guerre et les pointer sur des citoyens en affichant une mine massacrante, tout cela pour savoir pourquoi ils n’aiment pas Paul Biya… Au Cameroun, le pire est toujours à venir. Tsuiiiiip !!!!

Source: https://www.camerounweb.com/CameroonHomePage/features/Affaire-Kamto-le-pire-est-venir-au-Cameroun-469163

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