Affaire Michel Fotso: Découvrez ces vérités que l’ex-DG a caché à Paul Biya

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Condamné à la prison à perpétuité l’homme d’affaires camerounais Yves Michel Fotso aurait caché des vérités à Paul Biya sur l’affaire d’achat des avions présidentiels. C’est en tout cas ce que révélait nos confrères de Cameroon-infos après la correspondance adressée en octobre 2008 par Yves Michel Fotso au chef de l’Etat Paul Biya. 

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Dans sa correspondance de 24 pages datée du 22 octobre 2008 au président de la République, l’ancien Adg de la Camair tentait de se dédouaner des faits qui l’accablent dans l’affaire de l’acquisition d’un Bb jet présidentiel. 

Entre ses déclarations et les conclusions de l’arrêt de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral en Suisse du 12 janvier 2006, la vérité des faits semble plutôt aujourd’hui le rattraper. Retour sur les déclarations de Yves Michel Fotso dans sa lettre au chef de l’Etat, ainsi que les arguments qui démontrent que l’ex-Adg de la Camair n’avait pas dit toute la vérité au président de la République. A chacun de se faire sa propre opinion.

1- Sa rencontre avec Gia International Ltd (12 juillet 2001) La version de Yves Michel Fotso 

Il me parait important de rappeler d’emblée les circonstances dans lesquelles je suis appelé à coopérer avec cette société de droit américain, uniquement dans le cadre de mes activités d’administrateur directeur général de la Camair et en exécution d’un mandat régulièrement confié. C’est en effet dans le cadre de la recherche de refinancement des avions Boeing 767-200 déjà dans la flotte, mais soutenu par un financement à court terme inadéquat (6 mois) et Boeing 743-300 en cours d’acquisition sur la base d’un financement également à court terme (15 mois) que Monsieur Jean Marie Assene Nkou, président directeur général de National Airways Cameroun (Nacam) a suggéré à la Camair d’entrer en pourparlers avec la société qui finançait les deux avions Beechcraft 1900 de 19 places qu’il exploitait au Cameroun. 

Une délégation de la Camair que je conduirais s’est rendue pour ce faire à Johannesburg le 12 juillet 2001 en compagnie entre autres de Monsieur Michel Villoingt, expert financier détaché par Air France auprès de la Camair (pour y occuper le poste de conseiller financier), afin d’y retrouver Monsieur Fernando Gomez-Mazuera et Monsieur Jean Marie Assene Nkou et rencontrer les responsables de Gia. C’est donc le 12 juillet 2001 que j’ai pour la première fois de ma vie été mis en contact de Gia International, représenté en la circonstance par Monsieur Fernando Gomez-Mazuera et Monsieur Kosta Diamantakos. 

Je l’ai déclaré aux enquêteurs de la police judiciaire, et Monsieur Jean Marie Assene Nkou, régulièrement convoqué et entendu par les mêmes enquêteurs, a confirmé mon propos. Tout le reste n’est donc que pure machination ourdie contre ma personne. A quelle fin? Je l’ignore. 

La vérité que cache Yves Michel Fotso au chef de l’Etat

On peut être d’accord que c’est Jean Marie Assene Nkou qui l’introduit auprès de Gia International, Russel Meek, dans sa déposition le 9 décembre 2004 devant le Tribunal des faillites de l’Oregon aux Etats-Unis, détaille au dollar près comment les 31 millions de dollars ont été utilisés. Il relève que 2 millions de dollars ont été transférés à la société Boeing pour garantir la commande d’un Bb jet neuf dont la valeur à l’époque était de 49 millions de dollars, et 29 millions de dollars avaient été déposés dans un compte de Gia International domicilié à la Bank of America.

Quant aux 29 millions de dollars, Russel Meek croit savoir que 2 millions de dollars sont allés au payement du droit de passage de Air Littoral; 16 millions de dollars pour l’achat d’un Boeing 767 qui sera par la suite loué à la Camair; 1,6 million de dollars pour l’achat d’un Beech 1900 loué à Latina Deaviation en Colombie; 250 000 dollars pour avance d’un Falcon auprès de Lester Summerall Ministries; 500 000 dollars prêtés à Gia International Aviation Plan Md Project; 1 million de dollars pour les commissions payées à Jean Marie Assene Nkou; 1 million de dollars pour les commissions payées à Costa Diamantakos; 300 000 dollars toujours versés à Jean Marie Assene Nkou au titre des commissions en plus de 2 Spray Ag Airplanes.

L’ancien Adg de la Camair était-il étranger à tout ce montage financier puisqu’’étant devenu par la suite l’interlocuteur direct et unique de Gia International dans l’opération? Yves Michel Fotso est resté muet à ce sujet dans sa lettre. 

2- Sa participation éventuelle à l’actionnariat de Gia International et son implication dans la gestion La version de Yves Michel Fotso

Au regard des textes statutaires de Gia international, il s’agit d’une société de droit américain régulièrement créée à l’initiative de Russel L. Meek dans l’Etat de Delaware (Usa) le 27 février 1996 ainsi que l’indique l’acte constitutif établi par le notaire Cheryl A. Lewis et enregistré à cette date par le secrétaire d’Etat de l’Etat de Delaware, Monsieur Edward J. Freel (annexe N°1) conformément à la procédure en vigueur aux Usa.

Les actionnaires de cette société ont porté à la tête de Gia International, au terme de leur première Assemblée constitutive tenue le 10 juillet 1996, soit quatre (4) années avant ma nomination à la tête de la Camair, les responsables ci-après désignés : Monsieur Russell Lorenzo Meek, en qualité de président ; Monsieur Fernando Aurelio Gomez Mazuera, en qualité de directeur ; Monsieur Haï Cunningham en qualité de directeur et de secrétaire du Conseil d’administration (annexe N°2). Il n’est pas inutile de mentionner que notre compatriote Monsieur Jean Marie Assene Nkou par ailleurs directeur général de Nacam à l’époque des faits faisait office de représentant de Gia International pour l’Afrique centrale et que c’est bien gr’ce à son entregent que nous avons pu entrer en collaboration avec ladite société.

Les personnes habilitées à signer sur le compte de Gia International ouvert auprès de la Bank of America ont été désignées par une résolution du Conseil d’administration du 23 juillet 1999 (annexe N°3) dont le certificat devant notaire est joint à la présente correspondance (annexe N°4) et les signatures ont donc été autorisées sur le compte de la Bank of America le 23 juillet 1999, soit un an avant ma nomination à la tête de la Camair. Le 20 juin 2002, l’Assemblée générale de Gia International a procédé à un léger réaménagement de son instance dirigeante (résolution 6 du 20 juin 2002) ainsi qu’il suit : Russell L. Meek, Chairman, single signature authority ; Fernandi Gomez Mazuera, Director, single signature authority; Sushanta Basu, Director-Secretary, Dual signature authority; Hal Cunningham, Director-Assist Secretary, Dual signature authority (annexe N°5). De toute évidence, mon nom ne figure point dans ces documents authentiques et vérifiables. 

Toute affirmation contraire ne peut que relever du mensonge grossier, et d’une évidente volonté de nuire à ma personne. A la lecture de ce qui précède, il apparaît ‘clairement que je n’ai jamais été actionnaire, ni administrateur de cette société, avec laquelle je n’ai entretenu que des rapports contractuels dans le cadre du mandat qui était le mien en tant qu’administrateur directeur général de la Camair. Tous les actes posés dans ce cadre l’ont été dans l’intérêt de la société que je dirigeais ainsi que du gouvernement camerounais. Il ne s’agit donc pas d’une société fantôme que j’aurai suscité de toutes pièces comme le président certains et je n’ai jamais bénéficié à titre personnel de quelque avantage, faveur ou intérêt, le reste n’étant une fois de plus qu’allégations mensongères de personnes mal intentionnées. 

Ce que Yves Michel Fotso ne dit pas à Paul Biya 

D’après le réquisitoire du procureur fédéral suisse, contenu ,dans les conclusions de l’arrêt de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral du 12 janvier 2006, Yves Michel apparaît par contre curieusement parmi les gestionnaires habiletés à gérer les comptes bancaires de Gia International à la Bank of America où l’important pactole de 31 millions de dollars Us (24 milliards de Fcfa) avaient été virés par la Snh, sur ordre de Marafa Hamidou Yaya, ancien secrétaire général de la présidence de la République. Cette preuve établie par la justice a d’ailleurs confondu l’ex ¬Adg de la Camair, qui avait trouvé une pirouette pour se justifier. ” C’était une proposition demeurée sans suite de Gia international pour que la partie camerounaise exerce seulement un droit de regard sur la gestion des fonds considérés… “, écrivait le fils du milliardaire de Bandjoun dans son préambule de défense de 24 pages.

Autre constat relevé par les magistrats suisses, les frais d’entretien et d’assurance des aéronefs étant à la charge de la Camair, les 24 milliards de Fcfa ne pouvaient logiquement être une garantie pour la société Gia International. Bien plus, en parcourant toujours le contrat qui lie Gia à la Camair, ils vont encore se rendre compte que la faillite de Gia International avait été prononcée aux Etats-Unis le 1er mars 2004 et remplacée par la société Avipro Finance, gr’ce aux fonds débloqués par une société appartenant au groupe Fotso. Selon encore les juges pénaux fédéraux, le virement des 24 milliards de Fcfa dans les comptes de Avipro Finance avait été ordonné par Fernando Mazera Gomez, un responsable de Gia.

Toutes choses qui confirmeraient le soupçon selon lequel la société Gia International était bel et bien une société écran d’Yves Michel Fotso. C’est ce que remarquent par ailleurs les enquêteurs suisses dans une correspondance du 4 novembre 2002, où la société Gia International informe la Camair du transfert du Boeing 747 à la société Avipro Finance. 

3- La crédibilité de la Société Gia International La version de Yves Michel Fotso 

Bien que je n’aie point connu auparavant la société Gia International, je puis affirmer qu’elle n’était pas novice en matière de leasing d’avions et m’avait paru crédible. Elle avait par le passé fourni un avion dans des conditions particulièrement avantageuses à la compagnie nationale de transport aérien du Bangladesh au début de l’année 2000. En septembre de la même -année, elle avait conclu un accord avec la compagnie lndian Airlines pour la location de cinq (5) Boeing 737 (annexe N°6). Au cours de la réunion du 12 juillet 2001 à Johannesburg, Monsieur Michel Villoingt, l’expert financier d’Air France détaché auprès de la Camair avait, par ailleurs jugé crédibles les offres de Gia International pour les Boeing 767-200 et Boeing 747-300.

Cet expert une fois rentré à Douala et après avoir réexaminé les documents que Monsieur Fernando Gomez nous avait remis à Johannesburg, avait saisi ce dernier par écrit le 15 juillet 2001, et lui avait demandé quelques éclairages sur certains détails financiers relatifs aux offres de location-vente qu’il nous avait remises le 12 juillet (annexe N°7). Après avoir reçu les informations qu’il avait demandées (annexe N°8), Monsieur Michel Villoingt n’a pas émis la moindre réserve sur la faisabilité des opérations financières proposées par Gia International. S’il l’avait fait, certainement que j’aurais manifesté des réticences à conduire pour le compte de la Camair, des contrats de location-vente avec Gia International. 

C’est donc sur la base d’un avis technique positif de Monsieur Michel Villoingt, expert financier mis à la disposition de la Camair par Air France, que j’ai donné mon accord pour la poursuite des négociations avec Gia International. Il ne s’est agi aucunement d’une décision légère ou bassement intéressée. Bien au contraire! 

Ce qu’il refuse de dire à Paul Biya

On apprend des pièces versées au dossier contre l’homme lige de l’ex-Adg de la Camair à la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral, François De Seroux Fouquet, que Yves Michel Fotso, alors administrateur directeur général de la Camair avait conclu un contrat de leasing avec la société Gia International basée à Genève. Bien que dirigée par Russel L. Meeck et Fernando Mazuera Gomez, la société Gia international semble être sous l’influence évidente d’Yves Michel Fotso.

Et les magistrats suisses de poursuivre qu’un tel versement, comme ce fut le cas, ne s’explique toutefois pas, au regard des termes du contrat de leasing qui ne prévoient pas certaines situations relevées. Cas par exemple du paiement d’une avance. En outre, selon le rapport de Sygma Finance, Gia International a été mise en liquidation judiciaire le 1er mars 2004 suite à une condamnation à payer 5,8 millions de dollars de dommages et intérêts à la compagnie lndian Airlines pour non respect de ses engagements.
Difficile dons d’y voir un signe de crédibilité dont fait allusion Yves Miche! Fotso surtout lorsqu’on sait que l’argent de la Snh et de la Camair a longtemps maintenu à flot la trésorerie de Gia International.

4-Son compte rendu à la présidence de la République La version de Yves Michel Fotso 

Dans les jours qui ont suivi notre retour à Douala, j’ai rendu compte à la présidence de la République de la réunion tenue à Johannesburg avec Gia International. La présidence y a vu une solution intéressante pour financer également l’acquisition du Boeing Business Jet (ci-après : Bbj II) qu’elle projetait d’acquérir depuis plusieurs années pour les déplacements du président de la République. A cette époque, la présidence avait déjà approché sans succès la société Ansett World Wilde en 1999 (Annexe n°9) et était toujours en pourparlers avec cette société par l’intermédiaire de la Camair (Annexe N°10), de même qu’avec The Boeing Company (annexe N°11). 

L’idée de contracter avec Gia International dans le cadre de l’acquisition d’un avion pour la présidence de la République n’émane donc pas d’une initiative personnelle, opportuniste et intéressée par quelque gain particulier, contrairement à ce qu’allèguent mes persécuteurs. Elle fut suggérée par la très haute hiérarchie, au regard des opportunités qu’offrait cette société aux Etats ou sociétés dépourvues de financements conséquents.

Ce qu’il ne dit pas à Paul Biya

A défaut de vouloir divertir le chef de l’Etat, Yves Michel Fotso refuse de citer nommément le haut responsable qui lui avait suggéré la piste Gia International, pendant que dans le même temps, il évoque sans réserve, sa première rencontre avec cette société. Qui veut-il donc couvrir? Curieux tout de même! 

5. La conclusion du ” leasepurchase Financing Commit- ment du Boeing 737 Bb jet II avec Gia International La version Yves Michel Fotso

La décision de conclure cet accord fut prise à l’issue d’une réunion tenue au cabinet du Sg/Pr, mi-août 2001 en présence du secrétaire général de la présidence d’alors, Monsieur Hamidou Marafa Yaya, du ministre de I’ Economie et des Finances (Monsieur Michel Meva’a Meboutou à l’époque) et du chef d’Etat Major particulier du président de la République (le regretté général de brigade Blaise Benaé Mpecke), réunion à laquelle j’avais été convié. 

Il avait été alors convenu, à la demande de Monsieur le ministre de l’Economie et des Finances, que l’offre, de finance du Bbj présidentiel serait dans un premier temps formulée au profit de la Camair, compte, tenu du risque de compromettre l’aboutissement du Plan d’ajustement structurel (Pas) en cours avec les bailleurs de fonds, et que ce ne serait qu’au moment de la livraison de l’avion, après la conduite à terme du Programme économique en cours, que le transfert au nom du gouvernement du Cameroun se ferait. 

Le mode de financement proposé par Gia International et pour lequel j’avais manifesté mon agrément (sur recommandation de Mr Michel Villoingt Expert financier détaché d’Air France) impliquait l’émission d’un accréditif à paiement différé (” Stand by Letter of Crédit “). Il présentait l’avantage d’éviter une prise de risque excessive dès lors que la somme pour laquelle l’Etat s’engageait n’était guère libérée et transférée d’avance à l’entreprise partenaire. Ce qui ouvrait la possibilité d’un meilleur contrôle de l’opération. Le ministre de l’Economie et des Finances n’était toutefois pas favorable à l’émission d’une telle lettre de crédit pour les raisons évoquées ci-dessus, relatives à la bonne conduite du Programme d’ajustement structurel. 

Il préférait verser directement à Gia International les fonds nécessaires pour le financement partiel de l’acquisition du Boeing 737 Bbj 2. Pour éviter que le Fmi ne s’oppose à l’acquisition d’un avion pour la présidence du Cameroun, instruction fut donnée que la Camair serve de paravent pour cette opération. Plusieurs scénarii furent envisagés, en relation avec les responsables de Gia International courant août 2001, en vue de permettre à la partie camerounaise, notamment la Camair, de s’assurer que les fonds à transférer dans le compte de Gia International serviraient effectivement au financement des acquisitions projetées. 

Une proposition de Gia International – qui sera demeurée sans suite cependant – avait été alors que Monsieur Jean Marie Assene Nkou, en tant que représentant de Gia International au Cameroun et partie prenante à la négociation pourrait déposer sa signature dans ce compte à titre provisoire, et que par la suite, ma signature serait substituée à la sienne, question pour la partie camerounaise d’exercer un droit de regard sur la gestion des fonds considérés. Dans l’euphorie de ce partenariat gagnant-gagnant, la conviction des uns et des autres était que chaque partie remplirait en toute confiance et de bonne fois ses engagements dans l’intérêt bien compris du Cameroun et de Gia International, (annexe N°12). 

En tout état de cause et en aucun, cas, il ne s’est agi d’accréditer Monsieur Jean Marie Assene Nkou ou moi-même à mouvementer les comptes de Gia International à la Bank of America. Ce qui ne nous a du reste jamais été autorisé, ce pouvoir étant reconnu par l’Assemblée générale dés actionnaires de cette société ‘ ses seuls dirigeants Mus (annexe n°4); ce que ni Monsieur Jean Marie Assene Nkou, ni moi-même n’étions. Les 23 et 24 août’ 2001, la Snh a viré respectivement 16 et 13 millions de dollars sur le compte de Gia International auprès de la Bank of America pour lancer le processus de financement de l’acquisition du Boeing Bbj Il (annexe N°13), complétant ainsi les 2 millions de dollars virés par la Cbc via le compte de la Camair, sur instruction du ministre de l’Economique et des Finances pour le compte de l’Etat, (annexe N°14). 

C’est le ministre de l’Economie et des Finances (Monsieur Michel Meva’a Meboutou) qui a préféré la solution du paiement direct par la Snh à l’émission d’une lettre de Crédit Stand by (Sblc), qui aurait présenté l’inconvénient de porter la signature de l’Etat et par conséquent donc d’engager directement ce dernier. C’est également lui qui a décidé» que la Snh verserait ce total de 31 millions de dollars directement à Gia International Je n’ai donc aucunement influencé cette décision. 

Le mensonge de Yves Michel Fotso

Selon le rapport de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral suisse, “l’ordre de virement annulé avait finalement été viré au profit de la Commercial Bank of Cameroon (…) ”. 

La banque du groupe Fotso a été clairement mise en cause par le juge d’instruction sur la base d’une expertise judicaire, pour avoir détourné un préfinancement de 2 millions de dollars (soit 1,55 milliards de Fcfa) opéré par la Camair pour assurer le début des démarchés de l’acquisition de l’avion présidentiel, et également la réception dans le compte d’une société écran ayant les mêmes coordonnées postales que la Cbc, la somme de 16 millions de dollars Us (représentant une partie des Z4 milliards Us débloqués au profit de Gia International à la Bank of America aux Etats-Unis). 

D’après le procureur fédéral suisse, l’argent détourné avait été mis à la disposition de certaines filiales du groupe Fotso et à des personnes physiques… Etant donné que de forts soupçons de prévarications pèsent sur des acteurs ayant été au centre de la gestion des fonds débloqués par la Snh dans le cadre de l’achat d’un avion présidentiel en 2001. 

6. Sur le suivi de l’opération d’acquisition du Bb jet présidentiel auprès de Gia International La version de Yves Michel Fotso 

Le ministre des Finances ayant procédé à un versement direct du déposait pour le 813j-11 via la Snh au lieu de l’accréditif initialement suggéré, il urgeait désormais de maintenir malgré tout un contrôle sur l’utilisation par Gia International des fonds transférés, afin de s’assurer qu’ils serviraient bien à l’opération destinée. Ce qui n’était guère évident, au regard du montage de l’opération et de ses implications juridiques. A aucun moment, de manière directe ou indirecte, je n’ai influencé l’utilisation des 31 millions de dollars mis à la disposition de Gia International.

Je n’en avais ni les moyens, ni les prérogatives: Gia International jouissait en la matière d’un droit de disposition. Voilà pourquoi je n’ai jamais été un donneur d’ordre. Par contre, j’ai essayé autant que possible de m’investir totalement dans le suivi de l’acquisition du Boeing Bbj-II. J’ai pour cela demandé à Monsieur Jean Assene Nkou, en sa qualité de représentant de Gia International, impliqué dans l’opération, de m’accompagner aux Usa, dans l’Oregon notamment pour tenter d’obtenir de Gia International qu’il me soit autorisé de contrôler les mouvements des fonds déposés par la Snh sur le compte de Gia International chez Bank of America. 

C’est ainsi que fin août 2001 j’ai, en compagnie de Monsieur Jean Marie Assene Nkou, eu une discussion à Medford au Etats-Unis, avec Monsieur Russell Meek, président de Gia International et nous nous sommes rendus à la Bank of America à Medford où nous avons rencontré le vice président de cette banque, Monsieur Tom Miller (ci-joint carte de visite annexé N°15). Nous avons demandé à ce qu’en tant que mandataire de l’ordonnateur (République du Cameroun) du virement de 29 millions de dollars, j’ai la possibilité de contrôler les décaissements desdits fonds et leur usage. 

Malheureusement, la réponse fut négative, compte tenu de ce qu’il était juridiquement impossible d’astreindre le président Russell Meek et le directeur Fernando Gomez, dûment autorisés par le Conseil d’administration et les statuts, à ouvrir et mouvementer tout compte bancaire de Gia International, à ne plus le faire qu’après accord d’un tiers. La seule solution envisageable et juridiquement admissible pour la Bank of America consistait en une autorisation délivrée par Gia International d’apposer ma signature sur le carton des signatures ; ce qui me permettrait d’être renseigné sur les sorties de fonds. Au regard du droit américain, mon contrôle ne pouvait que se limiter à la seule consultation des soldes du compte dans lequel avait été virés les 31 millions de dollars. 

C’est ainsi qu’une copie des cartons des signatures déjà autorisées, dactylographiée et déposée à la banque, m’a été présentée (annexe N°16) et j’y ai apposé ma signature après que Monsieur Tom Miller y ait ajouté de manière manuscrite mon nom. Il nous a cependant précisé que l’apposition de la date et l’activation par la banque de cette autorisation ne serait effective qu’après réception par elle, d’une résolution du Conseil d’administration de Gia International (dûment authentifiée par un notaire public) m’autorisant à consulter exclusivement celui de ses comptes désignés. 

Ce qui ne fut jamais fait pour des raisons indépendantes de ma volonté. En effet, une quinzaine de jours seulement après mon passage à Medford, les éléments tragiques (attentats terroristes) du 11 septembre 2001, se produisirent et bouleversèrent complètement le monde du transport aérien et de la finance des aéronefs aux Etats-Unis plus que partout ailleurs. La démarche entreprise n’a plus prospéré et je n’ai pu avoir un contrôle sur les mouvements des fonds transférés à Gia International ; le document signé n’ayant jamais pu être validé. Quand bien même cela eût été le cas, il ne m’aurait guère été juridiquement possible de prévenir ou de bloquer tout mouvement inapproprié des fonds par Gia International. 

Il ne me restait plus dès lors qu’une marge de manœuvre très étroite en vue de m’assurer de la sincérité et de la bonne foi de Gia International dans l’exécution de ses engagements vis-à- vis de la Camair autant que de l’Etat camerounais. Cette bonne foi devait tout de même se manifester entre autres par une reconnaissance solennelle de dette vis- à-vis de la partie camerounaise dès le 28 juin 2002 (annexe N°17) reconnaissance de dette qui prouve par ailleurs que je n’étais ni actionnaire, ni gestionnaire et surtout pas complice de cette société, preuve du reste confirmée dès 2005 par un rapport de la cellule juridique de la présidence de la République spécialement dépêchée aux Usa. 

Ce que Yves Michel Fotso refuse de dire à Paul Biya 

Selon les dépositions de la justice fédérale, la Camair a d’abord transféré, entre décembre 2001 et avril 2002, d’importantes sommes d’argent au titre des loyers de leasing. Elle avait alors commencé par verser 3,5 millions de dollars à la société Avipro Finance sur des comptes de la Cbc du groupe Fotso, puis entre le 29 octobre 2002 et juin 2003, auprès d’une banque genevoise Sur le total versé, l’arrêt de la juridiction helvétique indique que sur l’intégralité des fonds versés, 66% semblent avoir été rétrocédés sur ordre de François de Seroux-Fouquet à la Cbc de Yves Michel Fotso. 

Dans la même foulée, des indiscrétions proches du dossier soutiennent qu’en mai 2003, un virement de 1 million de dollars était prévu au bénéfice de Marafa Hamidou Yaya, à l’époque des faits secrétaire général de la présidence de la République. Cet ordre de virement a finalement été annulé et les fonds ont été virés à la Cbc. 

Pour les magistrats suisses, Yves Michel Fotso aura selon toute vraisemblance, abusé de son statut d’administrateur directeur général de la Camair pour faire payer doublement les avions querellés : une première fois à travers le virement des 24 milliards de Fcfa en septembre 2001 au profit de Gia International, et une 2ème fois en convenant un contrat de leasing pour les mêmes aéronefs. 

7- A propos du dénouement de l’opération d’acquisition du Boeing Bb jet présidentiel La version de Yves Michel Fotso

Malgré les bouleversements introduits dans le secteur du transport aérien et de la finance des aéronefs, et nonobstant les énormes problèmes de financements rencontrés par Gia (voir résumé des activités de Gia International relaté par son Chairman, Monsieur Russell L. Meek devant le Tribunal des faillites de l’Oregon, notamment en s& développements consacrés du Cameroun, (annexe N°18), il est à noter que le simple fait par Boeing d’accepter de contracter avec Gia International témoignait que celle-ci considérait celle-là comme une interlocutrice sérieuse et fiable, (annexe N° 18 bis). 

Gia a donc pu remplir assez honorablement son cahier de charges, bien avant de se mettre sous le couvert de la loi américaine sures faillites en 2004. Le Boeing Bbj-II flambant neuf que la société s’était engagée à livrer à l’Etat du Cameroun l’a effectivement été : dès le 16 octobre 2002, la Cameroon Civil Aviation Authority (Ccaa) adressait une réponse favorable à la demande d’immatriculation temporaire de l’avion Boeing de type B737-Bef, numéro de série 32971, à elle adressée par le service de déplacements présidentiels de l’Etat Major particulier du président de la République. 

Sa nationalité et son numéro de matricule sont Tj-Aac ; l’Atc mode ” S ” code est le 00000110100000000000010 et son code Selcal est le Af-Bp (annexe N°19). Le recours à la Ccaa pour cette immatriculation est la preuve irréfutable que l’avion est désormais la possession des autorités camerounaises.

Source: camerounweb.com

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