Bagarre entre un Vice-président de l’Assemblée nationale et un Sous-Préfet, voici pourquoi!

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La voix de Théodore Datouo tonne de colère : « je suis venu ce soir étant prêt ! Je vais en découdre avec vous !?» Le député Rdpc de Bangou (département des Hauts-plateaux, région de l’Ouest) menace ainsi le sous-préfet de l’arrondissement, Manou Diguir.

A ceux qui essayent de le ramener à la raison, celui qui est par ailleurs 6e vice-président de l’Assemblée nationale tient à lever toute équivoque : « je ne suis pas saoul. Je ne suis pas bavard », puis repart à l’assaut du chef de terre, « donnez l’acte par lequel la chefferie est scellée ! ».

Avant, les deux hommes se sont échangés des joyeusetés : « monsieur le sous-préfet, c’est vous fauteur de troubles ici ! C’est vous qui mettez le b**** dans mon village ! », accuse Datouo. Et le sous-préfet Manou Diguir de se défendre : « est-ce que vous avez suivi ses déclarations ? prend-il l’assistance à témoin, il a dit qu’il va en découdre avec moi ! ».

« Il parait que vous voulez même me gifler », remarque Datouo. « Moi ? Porter main sur vous ? Président, je ne suis pas un animal », réfute le sous-préfet. « Alors votre main cherche quoi devant moi », questionne le député.

Mais Théodore Datouo n’en a cure et continue d’accuser, des trémolos de rage dans la voix : « parce que vous avez déjà sécurisé votre famille. Vous voulez nous tuer avant de partir. C’est cela votre mission. Cela ne se passera pas comme cela. On a trop obéi. Je suis là pour que vous me battiez. Vous avez prévu de me tuer. Allez-y !?»

Dans ce pataquès, « l’honorable » accable davantage son interlocuteur : « monsieur le sous-préfet a dit qu’il n’exécute pas les ordres du ministre (de l’Administration territoriale, NDLR) parce que ce n’était pas écrit ».

L’échange avait pourtant commencé moins houleux, ce jour de 13 avril 2019, devant la chefferie supérieure Bangou. Chacune des deux autorités essayant de faire valoir son droit.

Dans la matinée, le sous-préfet est informé que le député vice-président de l’Assemblée nationale est venu enlever les scellés qu’il a fait poser quelques mois plus tôt.

L’échange est tendu. « C’est moi qui ai scellé », déclare le chef de terre. « En quelle qualité ? », demande l’élu. « En qualité d’autorité administrative », rétorque le sous-préfet. « Vous n’avez pas compétence », conteste Théodore Datouo.

L’échange se poursuit et la tension va crescendo jusqu’à ce que l’honorable vice-président de l’Assemblée nationale se départisse de son calme et s’emporte contre le sous-préfet, qui confus, ne se laisse néanmoins pas faire.

Les origines de la brouille remontent au début de l’année 2019, lorsque dans une correspondance signée du 18 janvier 2019, le sous-préfet de Bangou interdit l’organisation des obsèques du chef supérieur de cette localité. C’est le quotidien le Messager qui révèle alors l’affaire. Selon le journal, « la décision de l’autorité administrative est motivée par les affrontements auxquels se livrent les différents camps, prétendant à la succession du défunt chef supérieur Bangou décédé le 16 novembre 2018 ».

La décision en réponse à l’honorable Théodore Datouo que la décision d’interdire lesdites obsèques est également liée au décès de l’ancien préfet du département des Hauts-plateaux le 13 janvier 2019. En outre, indique la correspondance du Sous-Préfet Manou Diguir, la résolution de cette crise dépend désormais de la décision de la « haute hiérarchie » saisie par les deux camps.

Dans cette chefferie, l’on reproche au député un passage en force, de vouloir organiser les obsèques du défunt roi alors qu’il n’a pas qualité. Selon des responsables traditionnels, Théodore Datouo, n’est ni membre de la famille, ni notable à la chefferie.

Source: journalducameroun.com

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