Cameroun: Voici pourquoi un policier fait annuler une décision du chef de l’Etat!

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L’inspecteur de police Honoré Fotepom a fait annuler un décret présidentiel qui abaissait son grade.

Honoré Fotepom conserve son grade d’inspecteur de police. Ainsi en a jugé le Tribunal Administratif de Yaoundé le 9 juillet 2019.

Cet agent de police avait été sanctionné d’un abaissement de grade par décret signé par Paul Biya, pour voies de faits envers un supérieur et violation de consignes, renseigne l’hebdomadaire Kalara en kiosque ce 23 juillet 2019.

D’après le récit des faits du juge rapporteur à la dernière audience, le policier avait été pris au volant d’un taxi et en uniforme de travail le 20 juillet 2013, par le défunt commissaire divisionnaire Jean Pierre Keou, ancien secrétaire permanent du Conseil de discipline de la police.

Il avait ensuite dressé un rapport dans lequel il avait mentionné avoir reçu un coup de poing de l’inspecteur de police, en plus des propos discourtois de ce dernier à son égard. Traduit au conseil de discipline, M. Fotepom avait été sanctionné.

S’estimant lésé, le mis en cause a introduit un recours au Tribunal Administratif de Yaoundé le 13 août 2015. S’il reconnaissait avoir été au volant d’un taxi et en uniforme de travail, l’agent de police contestait en revanche les accusations de propos discourtois et de violence envers son supérieur.

Il a expliqué au tribunal avoir été contraint d’emprunter un taxi qui appartenait à son ami parce que sa fille, gravement malade, était internée à l’hôpital de la CNPS à Yaoundé.

Stoppé au carrefour Simbock par le défunt commissaire Keou, il avait tenté de faire comprendre à ce dernier que sa fille se trouvait dans un état critique. Mais, le commissaire ne voulait rien entendre.

L’inspecteur affirme avoir reçu un coup du commissaire divisionnaire à l’œil. Il sera par la suite appréhendé par les éléments de l’unité de police de Mendong et conduit en cellule. L’infortuné apprend le décès de sa fille plus tard dans la journée.

Pourtant, la Délégation Générale à la Sûreté Nationale décide de s’appuyer uniquement sur le rapport du commissaire, corroboré par le témoignage de son épouse qui avait assisté à la scène.

Pendant la procédure disciplinaire, l’inspecteur avait tenté de faire témoigner deux autres policiers qui étaient en faction au moment des faits. En vain.

Outre cet aspect, il dénonçait le fait d’avoir été informé de sa convocation au conseil de discipline deux jours avant son audition, au lieu de dix jours comme le prévoit l’article 122 du décret portant Statut spécial des fonctionnaires de la Sûreté nationale.

Face à tous ces éléments, les juges ont donné raison à l’inspecteur de police, le rétablissant ainsi dans son grade.

Source:cameroon-info.net

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