Chaos politique: Tiriane Noah livre un message patriotique aux camerounais

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Quand viendra l’heure du bilan plus ou moins exhaustif des manifestations de résistance nationale contre la dictature, le délitement du Cameroun et pour la libération des centaines de prisonniers politiques du régime, on ne pourra déboucher que sur le constat suivant que les « Marches Blanches » des 1er et 8 juin 2019 à l’appel du MRC et de la Coalition autour de Maurice Kamto pour l’élection présidentielle de 2018 auront été une réussite éclatante.

Une réussite marquée, d’abord, par la mobilisation sans précédent des Camerounais, lors de la marche du 1er juin qui, pour paraitre symbolique, vu sous le rapport motivation-action n’en fut pas moins notable par certains de ses aspects, statistiques notamment.
En effet, compte tenu des risques d’être tués, ou arrêtés et sauvagement torturés, traités de la manière la plus cruelle et dégradante imaginable, puis jetés en prison, qui pèsent sur les Camerounais osant exprimer publiquement leur désaccord avec le régime, les “marcheurs blancs” ont été plus nombreux ce samedi 1er juin que lors de la précédente marche, y compris à Yaoundé considéré comme l’antre des bêtes féroces de la répression, et un peu plus de 350 arrestations ont été enregistrées ce jour-là contre environ 200, à l’issue de la marche ensanglantée du 26 janvier. Et les cas de mauvais traitements sont montés de plusieurs crans, preuve que cette fois-ci, les nerfs des forces de répression avaient été plus que d’ordinaire mis à rude épreuve.

En décryptant l’affaire, on se rend compte que très stratège, le MRC et ses alliés avaient appelé leurs partisans à descendre dans la rue le 1er juin à un moment ou le régime s’était endormi sur ses deux oreilles, s’imaginant que le souvenir de la répression d’il y a cinq mois maintiendrait constamment ancré dans le subconscient des populations, le spectre des tirs d’armes à feu sur les jambes des manifestants (systématiquement ou presque) et des centaines d’arrestations des 26 et 28 janvier dernier dont la plupart, jusqu’ici sont encore détenus. Avec pour résultat escompté que les Camerounais seraient bien trop timorés pour rejoindre la rue. Cela a eu pour conséquence de ce côté-ci, de baisser la garde répressive en ne donnant plus de consignes de tirer sur les jambes. Quand les agents de répression se sont retrouvés face à l’évidence, il était bien tard, et c’est de justesse qu’ils ont pris le dessus sur les manifestants en en appréhendant des centaines, le nombre de ceux-ci ne suffisant pas, comme d’habitude, pour leur opposer de la résistance nécessaire.

La fausse piste
Le meilleur restait à venir : le piège de l’impression de la réédition de l’exploit !

Alors que les forces de répression fourbissaient leurs armes pour donner une réplique… sanglante à leurs “adversaires” du MRC, allant même jusqu’à tenir des réunions d’Etat-major pour planifier l’ensanglantement ou plutôt la « chaotisation » des “Marches Blanches” qui allaient être marquées par des actes de vandalisme et de violence sur autrui, question d’enlever aux partisans de Kamto l’envie de jamais redescendre dans la rue, la 2ème Vice-présidente du MRC, Tiriane Noah, devenue la locomotive de la RESISTANCE -en sa qualité de présidente intérimaire depuis l’embastillement du 1er Vice-président Mamadou “Mota” Yakouba- n’a cessé de marteler que la marche aura bel et bien lieu, et qu’il n’y avait aucune raison de ne pas marcher, excitant davantage la soldatesque qui ne rêvait que de casser du manifestant.

En réalité, Tiriane Noah qui s’est révélée aussi stratège en son début de leadership que ses prédécesseurs à la direction opérationnelle du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, promenait son monde sur une fausse piste qui allait finir non seulement de révéler la nature désespérante du régime policier en place, mais aussi de montrer que le président “élu” dernièrement sur décision du Conseil Constitutionnel, n’était pas celui qui dirige actuellement les affaires du pays. Tant Paul Biya a habitué son monde à des gaffes plus subtiles.

Depuis le 8 juin 2019, grâce à la dirigeante intérimaire du MRC, le monde entier sait que le Cameroun est un pays où la répression est un mode de gouvernement si prisé par le régime du “nouveau président” Ferdinand Ngoh Ngoh que des policiers peuvent arrêter des personnes sur la base d’une simple intuition. Près de 200 personnes interpellées pour (… ?…) qui croupissent dans les geôles du régime sans qu’il soit possible de leur coller la moindre charge, même pas celle de manifestation non autorisée, puisque le même régime se vante du fait que l’appel aux manifestations du MRC et alliés n’a pas été entendu et que personne n’a marché ce 8 juin 2019.

Alors, question : puisque les partisans de Maurice Kamto affirment eux-mêmes (aveu de faiblesse, admettons) n’avoir pas marché parce que les forces du maintien de l’ordre établi avaient encerclé les villes dès la veille des manifestations pour dissuader la moindre manifestation, et puisque l’heure est à la célébration de « l’échec retentissant » du mot d’ordre de Résistance Nationale, pourquoi la police a-t-elle arrêté 64 personnes à l’Avenue Germaine à Yaoundé, 47 autres au rond point BEAC, 62 au rond point Longkak, et une trentaine d’autres ça et là ? Etait-ce pour “vagabondage diurne” ? Les personnes dont on ignore jusqu’à ce 10 juin au soir la destination qu’ils ont prise depuis samedi auraient-elles disparu pour avoir refusé de répondre à l’appel du MRC et ses alliés?

Dans la réponse à cette dernière question, se trouve tout le sens du message adressé par la présidente intérimaire du MRC, évoquant les marches du 8 juin (qui n’ont pas eu lieu sur le terrain mais qui ont trotté toute la veille et toute la journée dans les esprits du régime ) comme un « OBJECTIF ATTEINT ».

Ci-dessous, l’intégralité du message de Tiriane Noah, présidente intérimaire du Directoire du MRC

“MARCHES DU 08 JUIN 2019: OBJECTIF ATTEINT !!!

Il était important pour nous, de faire des démonstrations:
– prouver aux sceptiques que nous avons une capacité de mobilisation nationale et nous nous sommes déplacés de toutes les régions du pays pour investir Yaoundé la Capitale.
– Nous avons encore démontré que nous sommes les maîtres du jeu car le Régime suit la cadence que nous imposons. La dictature ne cache plus son visage hideux. Le déploiement des forces de l’ordre sur toute l’étendue de la ville de Yaoundé, et même au-delà, et les très nombreuses arrestations opérées tout au long de la journée en sont des illustrations qui confirme que ce régime est LIBERTICIDE . Avec 170 arrestations dans la journée du 8, nous craignons aujourd’hui des disparitions, puisque ces arrestations faites par la milice l’ont été sur la base d’une simple intuition, comme pour répondre à une consigne: ERADIQUER TOUT CE QUI SE RAPPORTE AU MRC.

Avec les marches des 1er et 08 juin 2019, nous avons mis une chape de plomb sur la peur. Elle a changé de camp, et l’issue de notre combat ne fait plus de doute. Le compte à rebours suit son cours de manière fatidique! Comme l’a si bien dit le Président élu, le Professeur Maurice Kamto: Rien n’est fini, tant ce n’est pas fini, et l’efficacité n’est pas dans le bruit et la violence mais dans la tête.

A tous les amis politiques, à tous les sympathisants à la cause nationale que nous défendons, le MRC par ma voix vous adresse ses félicitations pour les mobilisations du 1 et et du 8 juin , en rappelant à la suite de Berthold Brecht que, “Qui lutte peut perdre, et qui ne lutte pas a déjà perdu”. Nous luttons, nos revendications demeurent:
– Non à la guerre dans le NOSO
– Non au hold-up électoral
– Non aux détournements des deniers publics
– Non a la succession de gré à gré.
Plus que jamais, nous appelons à un dialogue national inclusif pour le rétablissement de la paix dans notre pays.
Vive le MRC et
Que Dieu bénisse le Cameroun.

Nadège Tiriane Noah

Source: cameroonvoice.com

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