Chaos politique: Voici pourquoi ‘Maurice Kamto risque de causer plus de mal’

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Head of the Movement for the Rebirth of Cameroon (MRC), Maurice Kamto, 64, poses in Yaounde on August 14, 2018. - Maurice Kamto will run for the next presidential elections taking place on October 7, 2018. (Photo by Reinnier KAZE / AFP)

Je ne me suis plus exprimé sur le Cameroun depuis un bon bout de temps. Ce n´est pas parce que je fuis la vague des menaces et d´arrestations intempestives qui définissent le Cameroun aujourd´hui qui est en guerre contre une partie de son peuple. Un défenseur de la patrie sur internet comme moi n´est pas menacé, même si je suis souvent très dur envers nos dirigeants. Les actes que je pose mettent d´abord la défense de la nation et de la paix au premier plan. Je suis certes un esprit libre, mais aussi un esprit ayant le bon sens et le respect de la nation et des institutions. Non, la raison de mon silence est juste le fait qu’en moi actuellement il y a une grosse colère.

Vous savez, lorsque je vois comment mon pays se porte actuellement je ne le supporte pas. J´ai envie de tourner les yeux ailleurs, de faire ma vie ici en occident, mais c´est impossible. Je suis trop lié à mon pays et mon continent. Lorsque je vois quelles décisions ils prennent au sommet de l´état jour après jour, lorsque je vois des soldats tomber au jour le jour, lorsque je vois des camerounais appelés ambazoniens tomber au jour le jour, lorsque je vois des populations civiles tomber au jour le jour, lorsque je vois comment la haine s´installe entre les camerounais au jour le jour, lorsque je vois des camerounais se lever pour aller saccager leurs représentations diplomatiques, lorsque je vois des camerounais descendre dans la rue en occident contre leurs institutions, lorsque j´entends les conneries qui se disent au jour le jour dans les médias et plateaux télévisés camerounais , Lorsque je vois comment Boko Haram revient encore en force alors qu´on était déjà proche de la victoire, je développe une colère en moi.

Je suis en colère contre ceux qui pendant des années ont laissés ce pays pourrir et devenir la chasse gardée des élites au profit de leurs enfants et de leurs réseaux mafieux. Ahidjo, Biya et les français ont bâtis un système politique basé sur les élites venant de toutes les régions du Cameroun. Ces élites avaient la mission à leur tour de bâtir leurs régions et aider leurs populations à progresser. Mais il s’avère justement que le système n´a pas choisi les élites patriotes pour bâtir le pays, mais plutôt les élites qui passaient au plan de la vision néocoloniale. C´est à dire soit une Elite prête à servir les occidentaux pour avoir accès aux budgets ou alors une élite prête à servir le président, lui-même placé là par les occidentaux pour servir leurs intérêts.

Les patriotes ont été écartés au fil des années de l´ascension au sein du système. Vous savez que les patriotes veulent un Cameroun pour les camerounais et par les camerounais. Les patriotes veulent le développement de l ´être humain camerounais, sa formation personnelle, sa fierté et sa volonté de s´affirmer comme un homme libre et fort sur le plan intellectuel, politique, culturel, technologique et économique. En fait, les patriotes veulent que tous les camerounais deviennent des gens comme moi, puisque c´est de de cette façon que je me vois moi-même. Je suis un exemple concret et palpable de la race de camerounais que l´on devrait avoir en masse dans notre pays, suivant la vision anticoloniale.

J´ai reçu une bonne éducation de mes parents, j´ai affronté l´adversité en occident pour me former, j´ai maitrisé le savoir et la technologie chez les blancs, j´ai créé ma propre technologie pour servir le Cameroun, Je mène la vie en occident qu´un coopérant mène au Cameroun. On me donne tout pour me retenir. J´enseigne les occidentaux et je résous leurs problèmes les plus complexes dans mon domaine. Je suis donc le genre de camerounais qui devrait être dans toutes les rues de mon pays. Sauf justement que ce n´est pas ce genre de camerounais que le système en place veut avoir aux affaires. Le système veut des camerounais qui se contentent de leurs prébendes sans regarder plus haut et comprendre qu´ ils travaillent tous les jours comme des esclaves pour une exploitation par la France, la chine et les multinationales. Ils doivent brouter autour du poste où ils sont attachés, corrompre, se faire corrompre, voler, bloquer les autres afin qu´ils n´arrivent pas aux poste budgétaires comme eux.

Après 60 ans d´un fonctionnement anormal, la fin du cycle est arrivée car les populations laissés pour compte voient la vérité en face. Et la vérité est que les élites des années 60 et 70 ont pillés les ressources pour se bâtir de belles vies et après eux, ils ont placés leurs enfants et familles par des systèmes réseautiques aux mêmes postes qu´ils ont reçus et que si rien ne se passe le même système va continuer éternellement et plus de 80% de la masse n´aura jamais accès aux chances et postes et ressources pour bâtir une vie descente et moderne pour eux et leurs enfants. Voilà la raison principale de toutes les crises que le Cameroun connait maintenant.

La crise de boko haram gagnera du terrain au Cameroun parce qu’ils vont trouver sur place plusieurs générations de populations pauvres laissés à eux-mêmes par les élites du nord et extrême nord. On va proposer des sommes d´argent aux enfants et parents qui vont rejoindre les rangs de Boko Haram et revenir plus tard sous l’emprise des drogues égorger leurs parents.

La crise anglophone a aussi les mêmes sources. Toujours les élites. Les mêmes comportements de ces élites non patriotes ont poussés les jeunes anglophones qui ne voyaient plus un avenir quelconque pour eux après leurs parents à se révolter contre les élites et ensuite contre le pouvoir en place. C´est la raison pour laquelle ces jeunes ont suivis l´appel des sirènes qui leur promettaient une vie meilleure dans un état ambazonien.

La prochaine grosse crise qui se prépare et qui sera pire que les deux précédentes est celle des bamilékés. Cette crise est elle aussi causée en grande partie par les élites bamilékés. Elle est même très complexe chez ces peuples frères des montagnes parce que la culture et l´histoire y jouent un rôle encore plus grave. D´une part la culture des peuples de l´ouest a poussé les pauvres qui étaient esclaves des chefs terriens à fuir les montagnes pour aller arracher des terres aux peuples voisins pendant la période de la guerre coloniale. D´autres ont fuis l´esclavage à l ´ouest pour s´installer au littoral et au centre où ils ont été bien accueillis par les autochtones qui leur ont donnés des terres pour s´installer, cultiver et développer des commerces. Ces pauvres ont subis beaucoup de préjugés. Pour mettre fin à la guerre, il se dit de plus en plus que le président Ahidjo a acheté plusieurs combattants de l´ouest avec de l´argent. Ils auraient reçu des fortes sommes d´argent pour aller s´installer dans plusieurs régions du Cameroun, surtout à l´est, au littoral et au nord. Avec cet argent ils ont pu acheter des terres et devenir des cultivateurs et des commerçants.

En plus de cela, Ahidjo et Paul Biya auraient créé une génération de bamilékés riches en leur donnant de l´argent ou en leur facilitant les affaires commerciales sans payer les Impôts. Ils ont aussi intégrés les plus dociles dans les appareils de l´état. Ce qui explique pourquoi les postes plus importants du gouvernement ou partis politiques qui font l´état sont occupés par les bamilékés. Paul Biya a positionné sa succession aux mains des bamilékés. Le président du sénat qui est son successeur constitutionnel est bamiléké. Le secrétaire général du RDPC, le parti de Paul Biya est bamiléké et sera en cas de vacances celui qui emmènera ce parti aux futures élections présidentielles.

Paradoxalement la prochaine grosse crise après la crise anglophone sera la crise Bamiléké. Mais si vous m´avez bien suivi, il n y a pas de paradoxe dedans. Tout est assez clair. C´est justement parce que les élites bamilékés, tout comme les autres, ne se sont pas mis au service des camerounais, mais à leur propre service que toutes les générations de jeunes bamilékés, dans les régions de l´ouest, du littoral, du centre, de l´est, du nord et du sud en veulent au système car ils sont laissés pour compte. Tout comme pour les régions anglophones, ils veulent avoir accès au pouvoir pour en tirer eux aussi profit d´une manière ou d´une autre.

Mais il faut qu´une chose soit claire pour tout le monde : Le discours selon lequel les bamilékés accusent Biya et les bétis de ruiner le pays est faux. Si le Cameroun est mal géré de nos jours, ce n´est pas la faute des bétis, c´est la faute des élites parmi lesquelles les bamilékés en deuxième ou troisième position après les nordistes. Le discours tribaliste qui affirme que le pays serait mieux dirigé si les bamilékés prennent le pouvoir parce qu’ils sont les meilleurs est faux et dangereux. Dans le même système néo colonial, ces tribalistes feront même pire que les deux régimes précédents, car ils viendront avec une approche hégémonique qui leur fera prendre le contrôle de toutes les ressources du pays au seul profit des peuples originaires de l´ouest. On se retrouvera rapidement dans la même situation que le rwanda des hutus plus nombreux mais écartés du pouvoir et des tutsi moins nombreux mais contrôlant toutes les structures et ressources du pays.

Le résultat final sera le génocide des bamilékés car ne représentant que 15 % de la population camerounaise, ils seront obligés d´utiliser l´armée pour mater les autres peuples pour s´éterniser au pouvoir. Le génocide qui s´en suivra laissera peu de bamilékés survivant au Cameroun. Malheureusement, les élections présidentielles de 2019 ont fait comprendre à tous les autres peuples camerounais que les bamilékés au sein du MRC ou sympathisants semblent avoir un agenda politique tribal pour remplacer Paul Biya. Les autres tribus au Cameroun ont sursauté et regardent désormais avec beaucoup de prudence et de peur tout ce que les ressortissants bamilékés organisent à l´extérieur et à l´intérieur du pays pour faire tomber le régime et prendre le pouvoir. Mieux vaudrait un système néo colonial pluri-tribal qu´un système tribal. Tel est la nouvelle donne qui règne au Cameroun et qui explique tous les problèmes que connaissent le parti de Kamto et ses sympathisants. Un nordiste avec qui je conversais se plaignait en me disant : « Il faut que les bamilékés de la Diaspora arrêtent de parler du peuple camerounais lorsqu´ils organisent leurs marches. Ils doivent parler du peuple bamiléké, car les autres 249 peuples du Cameroun ne sont pas avec eux dans leurs desseins tribaux obscures. »

Problème complexe
En fait le problème camerounais est difficile. L´échec du système néocolonial est clair et certain. La désintégration du système est visible avec les crises anti-élitaires qui se déclarent au jour le jour. Après le grand nord avec Boko Haram, les zones anglophones avec la crise anti-élitaire ambazoniene, la crise bamiléké elle aussi anti-élitaire est en route. De crises semblables peuvent aussi bientôt commencer à l´est dont les populations sont très marginalisées par les élites et ainsi de suite. Le pays est mal parti car on ne change pas ses élites et un système d´héritage parental de postes en une nuit. Les élites ainsi que leurs enfants n´ont jamais été au service réel des populations. Les enfants qui ont vécus dans l´opulence ne vont pas devenir des patriotes d´un jour à l´autre et commencer à servir le peuple qu´ils ont toujours méprisés. Ils vont continuer avec le système d´exploitation au service des occidentaux et de leurs poches. Les élections de 2019 auraient été une chance pour changer la donne si les partis de l ´opposition avaient cumulés leurs forces pour attaquer le RDPC.

Mais à la sortie des élections, le Cameroun vient d´hériter de sa troisième crise. Celle des bamilékés avec le MRC, parti de Kamto, qui n’a pas pu diversifier ses membres de manière radicale pour devenir un parti national et non un parti régional ou tribal comme les camerounais l´accuse. Si le MRC avait réussi à rassembler tout le Cameroun comme le SDF en 92, le Cameroun aurait eu l´opportunité par les urnes de mettre fin au système néocolonial élitaire. Mais les plans et agendas cachés ont éloignés les camerounais du MRC qui de plus en plus se présente comme un parti qui peut apporter le chaos ethnique au Cameroun.

Le Cameroun se retrouve désormais avec trois crises majeures à résoudre. Le nord avec Boko Haram qui revient en force, La crise anglophone et la crise bamiléké qui sera la plus longue, la plus violente et la plus dévastatrice si des solutions stables ne sont pas trouvées car les bamilékés sont accusés par les autres camerounais d´être très violents dans le langage et les actes.

Le devoir du patriote 
Je suis un patriote. Et en tant que patriote, mon devoir est de lutter pour que le pays reste stable quelque soient les fautifs et pour que la vie des camerounais ne se perdent pas pour rien. C´est à dire pour que la paix règne et que le pays ne s´éloigne pas de la voie du développement humain suivi du développement industriel et économique. Il faut mettre le camerounais le plus pauvre au centre des préoccupations au sommet de l´état. On doit réfléchir jour et nuit sur tout ce qu´il faut faire pour que le dernier des camerounais puissent avoir accès à la santé, à l´éducation la plus complète et complexe suivant ses propres capacités, à une formation moderne et concurrentielle sur le plan international et un poste de travail bien payé dans le privé ou le public. Voilà le cœur de tout programme d´un pays dénue de néo colonialisme. Tout ce qui se mettra en place pour atteindre cet objectif est ce qu´on appelle développement pour les camerounais. Sinon c´est de l´exploitation pour les multinationales, les colons occidentaux et les élites au pouvoir.

Etre patriote c´est quoi de nos jours ? C´est prendre les armes contre son pays ? C´est aller casser les ambassades de son pays à l´extérieur ? C´est vouloir couper son pays en deux pour créer un nouveau pays ? C´est aller égorger ses parents ? C´est rester à l´étranger et envoyer de l ´argent aux jeunes qui vont tirer sur les forces de l´ordre et l´armée de son pays ? C´est ça être patriote ?

Non, C´est faux ! Etre patriote c´est d´abord aimer son territoire national, cette bande de terre que l´on a défini comme étant celle qui nous appartient. Cette maison, personne de l´extérieur ne doit la toucher. Personne de l´intérieur ne doit la diviser en deux ou en trois. Cette maison doit rester par tous les moyens debout. Quel que soit les problèmes qu´il y a a l´intérieur. Donc si c´est l´armée camerounaise qui doit garantir cela, Si ce sont les institutions qui doivent garantir cela, le patriote doit d´abord supporter son armée et le soutenir pour garantir la survie de notre portion de terre, la survie de notre maison. Voilà pourquoi moi en tant que patriote et malgré l´existence des trois problèmes cites plus hauts, j´ai le devoir de ne pas combattre notre armée, nos institutions et les lois qui régissent notre pays.

Même si je ne suis pas d´accord avec ces lois, je dois les respecter. Si je ne suis pas d´accord avec des lois, je dois me battre suivant les règles définies par la loi pour faire changer cette loi. Aucune règle ne demande de prendre les armes pour venir changer la loi. Dans ce cas vous êtes en dehors de la loi, c´est à dire hors la loi. Je suis convaincu que celui qui se comporte comme un hors la loi, ne respectera jamais la loi lorsqu´il sera lui-même au pouvoir. Si la loi a été injuste, on ne doit pas prendre les armes, tuer des camerounais et casser des maisons pour changer la loi. On doit réfléchir sur des stratégies politiques capables de changer les lois et se mettre au travail dans les conditions prévues par la loi. Un patriote qui veut se débarrasser du néo colonialisme ne doit pas passer par les armes pour le faire, car les armes appellent les armes et tôt ou tard, son système sera remplacé par l´ancien système. Non il faut remplacer le néo-colonialisme avec les lois qui existent dans la constitution. Il faut travailler pour modifier les lois qui pérennisent le système injuste. Sans passer par les armes et par le tribalisme. Aucune loi ne peut résister à la volonté populaire si tout le pays est derrière. Le patriote ne cherche pas à verser le sang d´un autre camerounais pour accéder au pouvoir.

La décentralisation 

On parle de la décentralisation comme solution aux crises actuelles. Qui doit mettre la décentralisation en place ? Les élites. Encore les mêmes elites qui nous ont créés toutes ces crises ? Oui. Malheureusement. Voilà le gros problème qu´il faut plutôt résoudre de nos jours. Car si nous avons pu identifier la décentralisation comme la solution pour relancer le Cameroun et diminuer l´influence néo coloniale directe sur nos dirigeants dans la capitale, le cancer risque de rejoindre les régions car les mêmes causes emmenant les mêmes effets, les mêmes élites qui sont assis dans la capitale et qui sucent tout et bloquent tout, vont maintenant trafiquer les lois et les structures de fonctionnement décentralisées de manière à ce qu´elles se retrouvent encore à la tête des structures de décision ou budgétaire dans les régions. Et si on ne définit pas les règles de jeux de manière à ce que toutes les couches sociales et partis politiques puissent avoir accès à des postes de décisions dans les régions, le Cameroun sera toujours et encore mal parti à cause de nos élites et leurs progénitures.

Ceux qui veulent que ce pays ne prennent pas feux après la décentralisation doivent regarder de près comment les postes seront occupés dans les régions. L´idéal est que tous les postes clés passent par les votes et non par les nominations. Ce n´est que de cette manière que l´on peut s´assurer que ce sont vraiment les populations qui mettent les élites aux postes et non les cercles d´influence mafieux. Si le président Paul Biya aime le Cameroun et ne veut pas nous laisser un pays qui va prendre feu après lui, il doit tout faire pour que dans les régions, la volonté du peuple soit respectée dans le choix de ceux qui doivent gérer les fonds et ressources de la région en son nom.

Soyons cependant certains que ce n´est pas la décentralisation qui va résoudre les crises que nous avons sur la table. Car les hommes tombent déjà tous les jours et la décentralisation a besoin de temps pour prendre effet. Il faut d´autres solutions directes et efficaces pour résoudre les crises.

Solutions aux problèmes
Le départ de Paul Biya en ce moment non plus ne permettra pas de résoudre les crises anglophones et bamilékés. Même si beaucoup de camerounais souhaitent son départ, au vu de son âge avancé et de l ´ acuité des crises qui demandent un président en contact directe avec les populations au NOSO pour discuter des solutions et mettre les populations aux cotes de l’état unitaire et non des sécessionnistes, l´intelligence montre aussi que personne en dehors de Paul Biya ne peut vraiment résoudre les problèmes actuels, car il est le seul qui possède le vrai pouvoir dans ce pays. Tout dépend de sa volonté et des actes qu´il veut poser. Il faut donc emmener le président à poser les bons actes pour les peuples du Cameroun et pour le retour de la paix. Pendant des mois, j´ai toujours eu l´impression qu´il est entouré de radicalistes et conservateurs purs et durs qui ne régissent que par la menace et le mépris du peuple. Ces mêmes élites qui ont causés les crises sont aussi celles qu´il envoit résoudre les crises alors qu´ils sont vomis par les populations. Mais dès qu´il a envoyé un enfant des populations en la personne de Dion Ngute le nouveau premier ministre, les populations du NOSO ont ouverts leurs bras. Ce qui montre très bien que les élites véreuses et voleuses près du chef de l´état sont les vraies problèmes de la stabilité du Cameroun aujourd´hui.

Le président doit avoir le courage de continuer à balayer autour de lui et enlever tous ces ministres et hauts cadres qui sont rejetés par les populations des régions qui sont à l ´origine des crises NOSO par leurs mauvaises décisions dès le départ des crises. C´est extrêmement important pour sortir des crises. Du moins, la formule de sortie de la crise du NOSO se montre clairement dans l´utilisation des nouvelles élites reconnues et acceptées par les populations réelles et massives et non par le RDPC dans ces régions. Ce sont ces enfants des régions qu´il faut mettre devant pour parler aux populations et les mettre du côté de l’état et non du côté des combattants sécessionnistes, qui une fois isolés deviendront des hors la loi vomis et trahis par les populations, ce qui emmènera la fin de de crise au NOSO.

En ce qui concerne la crise Bamiléké qui est en train de prendre de l´allure surtout au sein de la Diaspora, tous les camerounais ont bel et bien compris que le MRC est un parti régional comme l´UDC de Adamou Ndam Njoya. C’est le parti des Bamilékés mis à l’écart des ressources du pays par les élites de l´ouest et des autres régions. Alors que les autres peuples n´ont pas encore atteint la force de frappe des bamilékés, tous les peuples ont le même problème que les membres du MRC. Ils sont marginalisés par élites et le pouvoir. La force d´organisation des bamilékés a fait en sorte qu´ils deviennent après les anglophones une force politique organisée qui veut la chute du régime. Mais comme malheureusement les structures d´organisation des bamilékés sont fermées et réservées uniquement aux ressortissants de l´ouest, obligatoirement, la transcendance politique de cette organisation a causé l´adhésion massive des bamilékés dans un parti tenu par l´un des leurs, le prof. Kamto du MRC, avec la fâcheuse conséquence que les autres ont été repoussés ou refusés au sein du parti sauf pour des soucis de représentation.

Conséquence, le Prof Kamto s´est retrouvé à la tête d´un parti ethnique sans peut être le vouloir. Le gros problème reste cependant le refus de ce parti de respecter les institutions et les lois du Cameroun. Comment vouloir insister sur une voie non légale de se faire reconnaitre président alors que les structures régissant la même élection ont vidés les élections par leur organe le plus élevé. Si le MRC savait que le président de la Cour constitutionnel finirait bien par donner la place à Paul Biya, pourquoi avoir accepté d´aller aux élections ? Ou alors pourquoi avoir refusé de tout mettre en œuvre pour une coalition même si c´est Cabral Libiih qui devait être le candidat de l´opposition par exemple ? Ce caractère que l´on peut percevoir comme égoïste du Prof . Kamto risque d´emmener le Cameroun dans les problèmes car les adaptes du MRC sont accusés d´être violents et non tolérants. Et si Kamto ne revient pas à la raison pour suivre et respecter la légalité, il risque de causer plus de mal à son peuple, car déjà dans les communautés, on remarque une fissure de plus en plus grande entre tous les autres camerounais et les bamilékés. C´est le pire des scénarios pour la libération du Cameroun du néo colonialisme. Ce n´est que unis tous ensembles que ce nouveau Cameroun peut se créer. Sans peuples supérieurs ou plus intelligents et plus travailleurs que les autres, ce qui est une utopie dangereuse car fausse et emmenant le mépris vis-à-vis des autres peuples du Cameroun.

Or le Rwanda nous parle suffisamment où cette façon de faire les choses peut nous emmener. Non, nous devons tous profiter des qualités de tous nos peuples pour faire progresser le pays. Les bamilékés sont forts de nos jours parce qu’ils sont bien organisés et cette organisation leur a permis de bien investir dans l´être humain et dans les secteurs clés de la vie économique et politique du pays, même dans le système. C´est un bon exemple que désormais tous les autres tribus du Cameroun sont entrain de suivre. Tout le monde s´organise maintenant comme les bamilékés au sein des fameux Djanguis. Est-ce mauvais ? Non. A la fin, nous aurons un camerounais bien instruit qui possède tous les moyens pour réussir dans la vie, quel que soit sa tribu. C´est ce Cameroun qu´il faut bâtir. Un Cameroun nouveau ou on ne te demande pas comme première question de quelle tribu tu viens avant de continuer à parler avec toi.

Le MRC et Kamto doivent aider à mettre fin à la crise bamiléké et au clivage tribal anti bamiléké qui se met en place de plus en plus. Ils doivent accepter le verdict de la cour constitutionnelle et se préparer pour les prochaines échéances. Il doit accepter qu´il ne sera pas le président du Cameroun pour les sept années qui viennent. Ce n´est pas la fin du monde. Mais ça peut devenir la fin de milliers de vies camerounaises s´il insiste dans cette voie. Les occidentaux seront du côté des institutions. Même l´union africaine ne peut se mettre contre les institutions d´un pays. On ne va pas recompter les voix. Ça ne se fait pas. Après la décision d´un organe suprême, on ne recompte plus les voix. Celui qui insiste dans cette voix cherche la division et la guerre au Cameroun. Il faut être intelligent. Quand on est un homme politique, on est au service de la nation et de ses peuples. On doit respecter les institutions et les lois du pays. On doit avoir un comportement patriote. Ce n´est que comme ça que l’on sera respecté par la communauté internationale. Si Kamto et le MRC mettent fin à leurs revendications, je suis sûr que quelques jours plus tard, ils sortiront de prison et la troisième crise camerounaise sera terminée avant qu´elle ne s´empire. Soyez des hommes politiques responsables !

Si j´ai été très rude et très directe dans mes écrits, je vous prie de bien vouloir m´excuser. Mais je suis convaincu que ça ne sert à rien de tourner en rond, il faut dire les choses comme elles sont. Avec l’Esperance que les gens vont bien comprendre pour prendre les bonnes décisions et positions personnelles pour le bien des communautés et du pays.On va me traiter de sardinard ou de tontinard suivant le camp de chacun. Je suis juste un patriote.

Source: https://www.camerounweb.com/CameroonHomePage/features/Chaos-politique-Maurice-Kamto-risque-de-causer-plus-de-mal-464389

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