Chasse aux Bamiléké: voici les 10 députés signataires de la déclaration

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A la suite de l’humiliation subie en mondovision par le président de la République à Genève lors de son dernier bref séjour privé, des députés du Sud, sa région natale, sont montés au créneau, commettant une déclaration à la fois de soutien à monsieur Biya, mais aussi de menace à l’encontre des Camerounais de la diaspora opposés au régime de leur champion.

«Désolidarisez-vous rapidement de vos “frères” qui se sont attaqués à notre frère et à son épouse, sinon nous allons vous faire savoir que nul n’a le monopole de la violence». Le message est subliminal. Mais pas aussi mystérieux qu’il en a l’air. La sortie des députés familiaux du président camerounais est inquiétante de tribalisme et gros de lugubres perspectives. Comme d’habitude, l’affinité tribale a pris le dessus sur la raison et le sens des responsabilités qui doit être celui des élus du peuples. Qui plus est ceux qu’on appelle des législateurs. S’adonnant à l’art divinatoire dans les quatre murs de leurs cabinets parlementaires, des députés ont pu identifier la région d’origine des opposants de la diaspora qui ont eu le culot de demander au “président de tous les Camerounais” de rentrer au Cameroun s’occuper des affaires du Cameroun qui semblent plus pressantes que tout. Un service rendu aux Camerounais qui auraient, à en croire certains médias,accueilli massivement leur chef, preuve qu’ils étaient contents de le voir plutôt au pays qu’ailleurs.

C’est pour ce service rendu au Camerounais par la diaspora et tout ceci sous les coups de poings des membres bien formés de la garde rapprochée du Prince, que 10 députés du Sud menacent d’entrainer le Cameroun dans une situation telle que ce qui se passe en région anglophone ne sera qu’une fiction de guerre civile.

En effet, autant la déclaration signée des députés RDPC du Sud pare Biya de toutes les vertus, autant elle se veut une menace claire et précise, non seulement contre tous les Camerounais de l’intérieur qui ont de la sympathie pour la Brigade Anti-Sardinards, mais aussi pour les ressortissants de l’Ouest, les Bamilékés, considérés comme une ethnie qui a juré la perte du régime.

C’est ainsi que les 10 députés signataires de la déclaration mettent en garde les anti-sardinards locaux contre des représailles qu’ils ne tarderaient pas à déclencher « Nul n’a le monopole de la violence tant sur la place internationale qu’à l’intérieur de nos frontières ». Et mettent en demeure, l’air bonhomme, tous les ressortissants de l’Ouest de dénoncer l’acte de Genève « Exhortons les ressortissants de la région dont se réclament les principaux agitateurs à se désolidariser davantage de ceux-ci comme ils ont d’ailleurs commencé à le faire pour que la haine ne diffuse à travers tout le pays et ne le gangrène » (sic).

Des messages dont le caractère subliminal se décline en termes d’ultimatums d’une gravité évidente, faisant redouter un déferlement de violence à l’instigation d’éminentes personnalités politiques pro-Biya du Sud, comme cela a souvent été le cas au lendemain de certaines échéances électorales contre les ressortissants de l’Ouest dans la région du Sud.

C’est le lieu de rappeler que dans un passé plus ou moins récent, généralement après des élections à l’issue desquelles les votes affinitaires des Bamoun et des Bamilékés avaient empêché des élites RDPC du Sud d’offrir le plein de voix (100%) à Paul Biya, on a vu des nervis Bulus former des groupuscules de vandales et de tueurs, allant de maison en maison pour traquer les “allogènes envahisseurs de l’Ouest” vivant à Ebolowa, Sangmelima, Ambam, Kye-Ossi, les molester, vandaliser leurs habitations, les expulser des villes et confisquer leurs biens, tout ceci sans que les autorités lèvent le petit doigt, si oui pour parfois annoncer des enquêtes qui restent sans lendemain.
Les clivages sciopolitico-culturels actuels étant plus prononcés que par le passé, surtout avec le rangement en ordre de bataille des Bamilékés qui commencent à lever la tête, estimant avoir suffisamment subi les vexations de leurs compatriotes revendiquant des affinités sociologiques avec le chez de l’Etat, la crainte est grande que la menace des députés du Sud soit un prélude au pire.

Dieu préserve le Cameroun de la rwandisation organisée par un régime qui tente de convaincre les Camerounais qu’il faut mettre le Cameroun en miettes et retourner aux petits royaumes indépendants les uns des autres qui existaient avant la colonisation allemande, ou le laisser faire de la République sa propriété privée, où coexistent quand cela est possible, des camerounais propriétaires (les siens -issus bien sûr de toutes les régions-) et des squatters (les autres -appartenant à la majorité des laissés pour compte du pays).

Ci-dessous, la déclaration des députés RDPC du Sud

Source: cameroonvoice.com

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