Condamnation d’Ayuk Tabe: Voici pourquoi le maire de Yabassi est dans de sales draps

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Alice Sadio, la secrétaire générale de la plateforme pour la Nouvelle République, soutien du candidat Akéré Muna à l’élection présidentielle de 2018, enjoint le fautif de quitter ses rangs.

La plateforme pour la Nouvelle République n’approuve pas les propos tenus ce 21 août 2019 sur Radio Equinoxe au sujet de la condamnation de Sisisiku Ayuk Tabe par Jacques Maboula Mboya. Après que le maire de Yabassi eut notamment déclaré que « la condamnation de Sisiku Ayuk Tabe va résoudre la crise Anglophone », « Si l’armée se bat à 100% de ses capacités la crise sera résolue en quelque jours. Elle n’est qu’à 20% », cette coalition qui a soutenu le candidat Akéré Muna (avant son désistement de dernière minute en faveur de Kamto) à l’élection présidentielle de 2018 a réagi par la voie d’un communiqué publié par sa secrétaire générale Alice Sadio.

« Notre plateforme se veut porteuse d’une certaine vision du Cameroun de demain et de la praxis politique. Par conséquent, des écarts criards d’ordre politique, éthique et idéologique ne sauraient se justifier en notre sein. Les camerounais ne sont pas des pantins. On ne peut pas prétendre être leader d’une plateforme qui a présenté un candidat à la dernière élection présidentielle, lequel candidat était porteur d’un projet de société dont l’un des piliers phares est le fédéralisme, on ne peut pas avoir appelé les camerounais à voter pour un tel candidat aux convictions fondamentalement fédéralistes et être paradoxalement autant décalé sur le sujet. Traitant tous azimuts de sécessionnistes tous ceux qui n’adhèrent pas au conservatisme et au statut quo actuel du régime », entame Alice Sadio.

La présidente du parti politique nommé Alliance des forces progressistes poursuit en exigeant que le maire de Yabassi tire les conséquences de son acte et quitte de la coalition. « Le respect dû aux camerounais et notamment aux militants et sympathisants de la Plateforme pour la Nouvelle République requiert de monsieur le maire, Jacques Maboula Mboya, qu’il en tire toutes les conséquences politiques qui en découlent et qu’il veuille bien décharger notre plateforme de ses orientations propres qui ne font plus bon ménage avec l’option de réformes institutionnelle et constitutionnelles dont nous nous faisons l’écho », enjoint-elle.

Alice Sadio rappelle que la quintessence du plaidoyer de la plateforme pour la nouvelle République se résume au pardon mutuel, à la libération des prisonniers, au cessez-le-feu, et au dialogue inclusif sur la forme de l’État suivi des réformes rendues nécessaires avec effets immédiats.Pour elle « un tel plaidoyer ne saurait s’accommoder des sons de cloches plus que discordants, voir contradictoires au moment même où la communauté internationale, le congrès américain, l’Union Européenne, l’Union Africaine se disent prêts à accompagner le Cameroun dans ses efforts de recherche des solutions pérennes à ce drame dont la cheville ouvrière est éminemment politique et non judiciaire ».

Elle croit que l’on ne peut résorber une crise politique par le truchement des sentences judiciaires lapidaires. Une telle démarche recèle, suspecte-t-elle, le vice de l’enfermement du Cameroun dans une sorte de mythe de Sisyphe. « Nous ne nous reconnaissons donc pas en les récents propos de monsieur Maboula tendant à applaudir la condamnation à vie des protagonistes qui se disent pourtant officiellement favorables au dialogue inclusif. Nous réitérons notre rejet de la sécession tout en réaffirmant l’urgence d’une approche politique et non judiciaire dans la quête d’un retour à la paix dans notre espace vital commun, le Cameroun », réitère la dirigeante politique.

Source: APA

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