CONFIDENTIEL: Paul Biya opte pour le fédéralisme, voici pourquoi!

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Selon des sources concordantes, les acteurs qui négocient pour le gouvernement sont confrontés à la réticence des leaders anglophones qui militent pour l’indépendance du Cameroun anglophone.

Depuis l’ouverture des prémices de discussions entre le pouvoir et les séparatistes anglophones, rien n’a véritablement évolué jusqu’ici.
Si toutes les parties ont affirmé leur disponibilité dans une négociation pour une sortie de crise, il se trouve que deux formes de dialogue sont nées des prémices de négociation. Selon nos sources diplomatiques basées aux Etats Unis, le gouvernement du Cameroun négocierait avec certains indépendantistes anglophones pour un « dialogue pour le fédéralisme », tandis que les groupes sécessionnistes non armés (plus nombreux à en croire nos informateurs) exigent un dialogue pour l’indépendance du Cameroun anglophone. « Il est question de trouver les termes de la séparation et de réparation des victimes de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest plongées vers l’abîme» , confie une source qui a requis l’anonymat .Celle –ci précise qu’une équipe technique a été mise sur pied aux Etats Unis par les leaders anglophones pour calculer les préjudices causées aux fils et filles du Nord-Ouest et du Sud-ouest pendant la guerre. Toutefois, cette source regrette l’action du groupe Franc Cfa qui semble pencher pour le gouvernement. « Dernièrement, le président a reçu un représentant du groupe Fcfa au Palais de l’unité. Ce groupe est actuellement au centre de tous les lobbyings parce qu’il ne veut pas perdre le terrain au Cameroun », martèle-t-elle.

Au même moment, « les émissaires du gouvernement du Cameroun négocient avec les sécessionnistes anglophones qui ont pris les armes pour qu’ils amènent les autres à accepter le fédéralisme. On leur dit que s’ils n’acceptent pas, ils seront traduits en justice parce qu’ils utilisent les armes. Certains sécessionnistes ont détourné le soutien financier des Ong aux victimes de la crise pour acheter les armes. Ce qui fait qu’ils sont obligés d’accepter les propositions du gouvernement pour éviter la prison. Mais sauf que le gouvernement est coincé face à la réticence des sécessionnistes qui n’ont pas pris les armes », explique l’un de nos interlocuteurs basés à Washington DC. Dans un environnement où les sécessionnistes se font de plus en plus nombreux, on apprend aussi que les pro-fédéralismes ne peuvent pas apparaître publiquement aux Etats-Unis et dans plusieurs pays étrangers, par peur de représailles.

Ainsi, le gouvernement a entrepris des négociations avec certains leaders anglophones en Suisse pendant le séjour du Président Paul Biya. Il en ressort des multiples tractations que l’indépendance du Cameroun anglophone, le gouvernement n’en veut pas. Raison pour laquelle si dialogue il y a lieu, le chef de l’Etat veut être celui-là qui choisit propres interlocuteurs et le lieu des discussions. Sauf que cette stratégie a du mal à porter des fruits. Lorsque le gouvernement s’opposera au fait que les vrais sécessionnistes se trouvent autour de la table de négociation, l’initiative gouvernement pourrait accoucher d’une souris. Aussi , accepter les leaders indépendantistes autour de la table, signifie que le président Paul Biya va devoir faire des concessions. Et puis, il y a une gêne à évoquer un fédéralisme « identitaire » à deux Etats, l’un francophone et l’autre anglophone, qui y donnerait raison à ceux qui y voient un stratagème destiné à faciliter l’aboutissement du projet de sécession.

Depuis la prison centrale de Kondengui , Sisiku Julius Ayuk Tabe , le président autoproclamé de la « République d’Ambazonie » ,arrêté dans un hôtel d’Abuja le 5 janvier par les services nigérians puis transféré à Yaoundé , a posé des conditions du dialogue .Il demande la libération de tous les prisonniers arrêtés depuis le début de la crise (Ils seraient prés de 2000 selon une source proche du ministère de la justice) ,le retrait de l’armée dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest et que les pourparlers se tiennent à l’Etranger.

Pressions internationales

Début février, par exemple, les États-Unis ont mis un terme à plusieurs programmes d’aide militaire et sécuritaire. De son côté, le parlement européens a adopté mi-avril une résolution invitant les autorités camerounaises à « mettre un terme » de façon urgente aux violences dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest. Une première réunion informelle du conseil de sécurité de l’Onu sur la situation humanitaire au Cameroun s’est récemment tenue à New-York à la demande des Etats –Unis. Un évènement, puisque hormis dans les rapports formels du bureau onusien pour l’Afrique centrale, la crise que traverse le pays n’avait encore jamais été abordée. Selon la responsable en charge des affaires humanitaires de l’Onu, près de 4,3 millions de personnes, soit 1/6 de la population du Cameroun, ont aujourd’hui besoin d’une assistance; 1,3 million sont déplacées, soit huit fois plus que l’an passé.

Pour différentes raisons, le pays connaît plusieurs très graves crises humanitaires, très largement ignorées. Selon le dernier rapport de International Crisis Group sur la situation sociopolitique au Cameroun, « En vingt mois, le conflit a fait 1 850 morts, 530 000 déplacés internes et des dizaines de milliers de réfugiés. L’intransigeance des belligérants risque de générer de nouvelles violences et de prolonger le conflit, qu’aucun camp ne semble en mesure de remporter militairement dans la courte durée ». Et d’ajouter, « Acteurs camerounais et internationaux devraient pousser les deux camps à des concessions en menaçant de sanctions ceux qui feraient obstacle au dialogue et en récompensant les moins intransigeants. A terme, le gouvernement devra améliorer le cadre légal de la décentralisation afin d’accorder une plus grande autonomie aux communes et régions ». Ainsi, les Etats –Unis n’excluent plus une intervention directe au Cameroun, au cas où Yaoundé ne trouve pas une solution urgente et efficace à la crise anglophone. Sauf que parlant du dialogue annoncé, il sera difficile de trouver un interlocuteur crédible capable à la fois de négocier avec le gouvernement et d’être suivi par les combattants séparatistes.

Se fondant sur les informations reçues de nos sources gouvernementales, diplomatiques et auprès des leaders anglophones, le journal L’Avenir, s’essaie à présenter dans cette édition les profils des personnalités qui négocient actuellement les pourparlers pour le gouvernement. De même, votre journal fait une proposition des thèmes du débat.

Source: 237online.com

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