Coton Sport: limogé, le coach Minkreo Birwe vide son sac, voici les détails!

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Limogé du banc de touche de Coton Sport de Garoua après seulement 4 journées, l’ex entraîneur du club a bien voulu nous accorder un entretien après son départ de la capitale régionale du nord.

C’est un Minkreo Birwe serein et soulagé que nous avons rencontré. Naturellement nous avons évoqué les raisons de son départ, son bilan, deux ans après, mais surtout le problème de la gestion du football Camerounais. Le technicien en a aussi profité pour nous ressasser ses souvenirs avec la sélection U17 féminin dont il est le tout premier sélectionneur à qualifier pour une phase finale de Coupe du Monde.

Coach Birwé, avec un peu plus de recul maintenant, comment analysez-vous votre départ presque précipité de Garoua ?

A priori, on pourrait dire grande surprise. Mais, avec un peu de recul et de lucidité, il y’a un certain nombre de signes prémonitoires qui se manifestaient au jour le jour depuis que la nouvelle équipe dirigeante a pris les rênes du Club. Honnêtement, je pense que cette décision de rompre le contrat soit une bonne chose pour moi qui ne suis pas habitué à travailler dans un climat professionnel comme celui actuel du club. Je dirai plutôt que je suis soulagé.

Pour vous, qui a obtenu votre tête : la mutuelle, le nouveau directoire de Coton Sport ou alors les deux ?

Ce n’est pas important pour moi de savoir qui a voulu mon départ. Cela devrait arriver tôt ou tard au regard de mes rapports difficiles avec certains membres du bureau exécutif. En fait, nous ne nous comprenions pas et ne voyons pas les choses sous le même prisme. Si je pouvais prendre le devant des choses, je l’aurais fait volontiers il y’a quelques mois. Mais, j’étais tenu par le respect des clauses du contrat qui me liait à ce club.

De toutes les façons, une remarque est revenue, manque de résultat, et dans le communiqué que nous avons reçu, les responsables ont remonté la filière à l’année dernière. Cela ne vous semble-t-il pas fondé ?

Les sens des mots n’engagent que ceux qui les disent ou écrivent. Pour des gens qui ont pris la direction du club il y’a exactement 5 mois, je me demande s’ils ont qualité d’apprécier mes résultats de la saison dernière. Je suis un peu gêné que vous me posez cette question. Pour la simple raison que je ne voudrais pas être juge et partie. A vous d’analyser objectivement le bilan sportif de mon séjour à la tête de cette équipe et d’en tirer une conclusion. Je ne suis pas ce genre de personne à faire sa propre apologie. Mais, je suis dans l’obligation de restituer la vérité afin que nul n’en ignore. C’est avec beaucoup de fierté que je vous présente mes «mauvais résultats» en 12 mois à Coton Sport F.C de Garoua :

J’ai pris les rênes d’une équipe qui a terminé en 2e position du championnat en 2016 et je l’ai maintenu à cette position en 2017 après être venu en sapeur-pompier en février 2017 : L’équipe a été 2e à la fin de la phase aller et 1ère à la phase retour ; Avec moi, le club s’est qualifié pour la phase de poules de la Ligue africaine des clubs Champions. Niveau où il n’y était plus parvenu depuis 2013 / 2014 ; Avec moi, le club a amélioré son rang au niveau du classement africain des clubs ; Avec moi, le club a fait six matches et six défaites en phase de poules de la ligue africaine des clubs champions ; Avec moi, le club a été éliminé en seizième des finales de la Coupe du Cameroun. Une saison avant, il s’était arrêté en quart des finales ;

En ce début de saison 2018, j’ai fait quatre matches dont 1 victoire, 2 nuls et 1 défaite. De manière chiffrée, mon bilan de février 2017 à février 2018 s’écrit comme suit: 34 matches de championnats pour 15 victoires, 13 nuls et 6 défaites. Conséquence, Vice-champion 2017 avec 58 pts et meilleure attaque avec 50 buts ; 3 matches de coupe du Cameroun pour 2 victoires et 1 défaite.

Conséquence, élimination en 16e des finales ; 4 matches de qualification pour la phase des poules de la ligue africaine des champions pour 3 victoires et 1 nul. Conséquence, qualification pour la phase des poules ; Le club est passé du 9e rang au 8e rang dans le «ranking» africain ; 6 matches de Ligue africaine des champions pour 6 défaites. Conséquence, dernier de la poule D où se trouvaient les 2 futurs finalistes (Widad Athletic club et National Al Ahly) ; 4 matches de championnat en 2018 pour 1 victoire, 2 nuls et 1 défaite. Conséquence, 10e, meilleure attaque avec 7 buts. Voilà mon bilan

Vous aviez des missions non ? Que disaient-elles ?

Bien évidemment, j’avais des missions lorsque je prenais l’équipe : La première, était de bâtir une nouvelle équipe de Coton Sport très compétitive dans les années à venir et constituée principalement de jeunes joueurs issus du centre de formation du club ; La deuxième mission était de qualifier le club à la phase de poules de la ligue africaine des champions pour faire rentrer de l’argent dans les caisses du club qui connaissait des difficultés financières en ce moment ; La troisième mission était de gagner un titre au niveau national (champion ou vainqueur de la coupe du Cameroun) ou à défaut, une place qualificative pour la compétition africaine (Vice-champion) ; Pour cette saison 2018, la mission était de faire le doublé.

Entre autre chose, même si cela n’a pas été évoqué dans le document de séparation, le fort taux de joueurs libéré en début de saison, parait-il est votre initiative. C’est ça ?

Je ne suis pas de nature à me désolidariser d’un groupe lorsque les choses tournent mal. De même, je ne vais pas porter un chapeau qui n’est pas à la mesure de ma tête. Ne comptez pas sur moi pour exposer au grand jour la maison Coton sport F.C. J’ai fait partie de ce club et j’y ai vécu une expérience que je garderai secret. Parlant de l’effectif de joueurs, nous avons terminé la saison avec 30 joueurs parmi lesquels 12 jeunes qui ont été surclassés pour pallier les multiples défections que nous avons connues au cours de la saison.

De cet effectif, j’ai souhaité garder à l’équipe première : 12 joueurs séniors et 8 jeunes surclassés. Malheureusement, certains de ces joueurs séniors n’ont pas voulu renouveler leurs contrats ; D’autres n’avaient pas la faveur des nouveaux dirigeants qui ont clairement fait savoir qu’ils ne voulaient pas d’eux. Pour ceux qui ne se retrouvaient pas dans cette liste de 20 joueurs, c’était : Soit parce qu’ils ont quitté le club avant la fin de la saison ; Soit pour un problème de discipline ; Ou soit pour insuffisance de rendement.

En un mot, que retenir de votre passage à Garoua ?

Une grosse expérience à capitaliser et un sentiment mitigé : Sentiment de satisfaction d’avoir accompli avec dévouement mon travail. Également, un sentiment de déception de n’avoir pas eu la confiance et le temps matériel pour amener à bout un projet que j’ai commencé la saison dernière.

Vos cinq dernières années en club se résument à Dragon, Aigle et Coton. De votre posture d’entraîneur, quel est le vrai problème de la gestion des clubs de football au Cameroun ?

Pour moi, le vrai problème de la gestion des clubs se résume au manque de véritable projet sportif qui s’inscrit dans la durée. Quand bien il en existe un semblant, il manque de visibilité et de réalisme. Tous les clubs au Cameroun veulent gagner à l’immédiat avec ou sans moyens. Pourtant, les résultats se construisent

Terminons par là, vous êtes le premier entraîneur Camerounais à qualifier une sélection inférieure féminine pour une phase finale de coupe du monde, mais après, vous êtes virés. C’est paradoxal pour vous ?

Je suis également le premier entraineur africain à qualifier Coton Sport F.C pour la phase des poules la ligue africaine des champions. (C’était juste une parenthèse allant dans le sens de votre raisonnement). Je vous répondrai tout simplement que j’avais une mission avec la sélection nationale que j’ai accomplie. Franchement, je suis souvent amusé d’entendre les gens se lamenter par rapport à certains évènements qui m’arrivent dans mon parcours professionnel. Ne dit-on pas que les postes n’appartiennent pas aux individus ?

Si nous trouvons normal que j’ai eu le privilège d’être choisi parmi de nombreux Camerounais qui avaient l’étoffe pour occuper ce poste, admettons aussi que c’est normal que je sois déchargé après trois ans à la tête de la sélection nationale U17 dames. Je ne m’attache pas aux postes ou certains privilèges que la vie nous offre à certains moments.

C’est pour un temps qui peut être soit très court, soit long pour nous. Ce qui compte pour moi, C’est de bien faire mon travail, quelque que soit la durée. Et que mes œuvres parlent pour moi. A vrai dire, je me remets à mon Dieu qui me conduit sur le chemin qu’il a tracé pour moi. C’est sa volonté à travers des hommes qui compte et non la mienne. Moi, je ne fais que suivre mon chemin jusqu’à la destination finale que je ne connais pas.

Source: pdefoot.com

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