Crise anglophone: voici la triste vérité que le régime Biya cache

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Le régime de Yaoundé a épuisé toutes ses stratégies de camouflage de ses activités meurtrières dans le NOSO et on assiste de plus en plus à des éclaircissements sur ce qui s’y passe exactement. Les langues se délient et une source locale évoque plus de 30.000 morts depuis près de 3 ans en opposition au 1850 morts de International Crisis Group. Ce chiffre explique la fébrilité du gouvernement à accepter toute forme de dialogue malgré les pressions diverses car il faudra bien expliquer aux Camerounais tous ces morts juste parce que des citoyens ont exprimé leur opinion sur la forme de l’état.

Depuis près de deux mois donc, les langues se sont déliées et tous les Camerounais parlent librement maintenant de guerre civile et de génocide dans la zone anglophone. En rappelant qu’un génocide est un crime contre l’humanité tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux ; sont aussi qualifiés de génocide les atteintes volontaires à la vie, à l’intégrité physique ou psychique, la soumission à des conditions d’existence mettant en péril la vie du groupe, les entraves aux naissances et les transferts forcés d’enfants qui visent à un tel but.
Et comme d’habitude, le régime en place, au lieu de prendre le problème au sérieux, s’est plutôt lancé dans une guerre des chiffres résultant de la perche que lui ont tendue ses « amis » de l’International Crisis Group. En effet, d’après cette organisation, le violent conflit qui oppose les autorités camerounaises aux séparatistes anglophones présente déjà un bilan très lourd : 1 850 morts, 530 000 déplacés internes et des dizaines de milliers de réfugiés, dont 35 000 au Nigeria.
Si ce rapport semble complet sur tous les aspects du bilan, déjà très lourd, il présente une faiblesse sur le nombre de morts que cette guerre a déjà provoqués depuis près de 3 ans. En effet le chiffre de 1850 morts est très loin de la réalité qui approcherait au bas mot plus de 30 000 morts, selon des sources locales de la zone anglophone. Avant d’analyser cet aspect de ce rapport, il faut tout de suite signaler que ce rapport a été comme un cadeau tombé du ciel pour 3 catégories de Camerounais :

– D’abord pour les membres du régime de Yaoundé, qui, bien que n’étant pas capable d’évaluer les dégâts qu’ils causent dans cette partie du pays, ont immédiatement réalisé que le nombre de morts de ce rapport était largement sous-estimé. Ils y voient en cela un encouragement de la communauté internationale à accélérer son activité macabre.

– Ensuite, pour les journalistes Camerounais, qui ont eu les yeux bandés par le régime sur la situation en zone Anglophones. Ces journalistes sont tellement tétanisés par le régime qu’ils n’ont même pas le courage d’aller interviewer nos multiples concitoyens, venant de cette région et qui croupissent dans nos rues. Près de 3 mois, après cette publication de International Crisis Group, alors qu’on récence plus d’une vingtaine de morts par jour, le journaliste camerounais récite toujours que la crise anglophone a déjà fait près de 1850 morts. Et c’est précis. C’est la seule référence. Et surtout pas d’ingérences s’il vous plait !

– Et enfin, pour les partis politiques, qui, ne pensant qu’aux élections, ont estimé qu’avec 1850 morts, on pouvait aller aux élections car après tout, le plus important c’est de gagner de l’argent. Le business des élections au Cameroun est très lucratif.

Pour revenir au nombre de morts qu’a déjà causés cette violente confrontation organisée par le régime de Paul Biya et qui permet aux Camerounais de s’entretuer activement, je pense que 1850 morts est absolument loin de la réalité. Ce qui peut se comprendre facilement en se rappelant que rien que les accidents de la route (qui sont des actes passifs ou involontaires) font plus 1200 morts/an au Cameroun, soit 3600 morts en 3 ans de guerre, enfin, si circuler était une guerre. L’on peut aussi le comparer au 23000 décès/an causés par le SIDA malgré les traitements disponibles.

Je pense donc avec objectivité que les chiffres avancés par les sources locales sont les plus plausibles, à savoir au moins 30 000 morts. J’en suis arrivé à cette conclusion en analysant plusieurs facteurs et chiffres associés à cette crise ou à ce genre de crise à travers le monde :

1- La durée de la guerre civile, 3 ans (1 an = 365 jours).
3 ans = 1095
Si on a en moyenne 10 morts/jours alors on aura en 3 ans 10950 morts dans le NOSO.
Si on considère 30 morts par jours (plus vraisemblables), alors on aura 32850 morts.
Faites vos simulations s’il vous plait ! Rien ne va plus.

2- L’intensité de la guerre
Quand on écoute les thuriféraires du régime et la légèreté de certains journalistes sur le NOSO, on comprend très vite soit qu’ils ne comprennent même pas ce qui se passe, soit qu’ils sont dans une logique meurtrière. Nous sommes dans une guerre civile très violente car Paul Biya a sorti tous les militaires des casernes au point d’abandonner le Nord à Boko Haram. Et en face, les séparatistes se sont organisés. On compte près de 10 groupes armés (5000 à 10000 combattants) sur le terrain. Un clash qui génère plus de 600 incidents par ans (attaques et enlèvements par des séparatistes, incendies et opérations des forces de sécurité). C’est bien naïf de penser qu’une telle intensité de guerre n’a fait que 1850 morts en 3 ans. Le chiffre de 30 000 morts est le résultat qui colle bien à cette intensité d’affrontement.

3- Le rapport de force
En Juillet 2018, Le ministre Camerounais de la Défense, Joseph Beti Assomo, a révélé que quelque 120 militaires avait été tués. En soulignant que les ministres du régime ne tiennent aucune comptabilité sur les morts du côté des civils et des séparatistes (qu’ils confondent « colonialement » parlant), nous pouvons facilement extrapoler à 200 le nombre de militaires tués jusqu’à ce mois de Juin 2019. Compte tenu de la formation des militaires, de leur logistiques, de leur armements qui sont 100 fois plus puissants que ceux des sécessionnistes improvisés en combattants, alors on peut clairement dire que pour un militaire tué, il y a 100 civils tués, ce qui donne une estimation de 20000 civils tues pour 200 militaires tués. Là aussi, on s’approche des 30 000 morts de la source locale.

4- Le taux de mortalité dans les populations déplacées.
Le taux de mortalité dans les populations en détresse ou dans les camps de réfugiés est en général très élevé, surtout lorsque le terrain n’est pas approprié ou quand les populations sont abandonnées à elle-même comme dans le cas des refugiés du NOSO. Les raisons évidentes sont nombreuses, en allant de la malnutrition au stress, en passant par les blessures, l’hygiène et les maladies. Dans un rapport annuel de 2013, suite à l’examen de 114 camps de réfugiés dans 27 pays, l’UNHCR a révélé une moyenne des taux de mortalité dans les camps de réfugiés comme suit :
– Taux de mortalité pour la population rurale en paix : < 0.5 / 10,000 / j
– Taux de mortalité pour la population rurale en urgence contrôlée : < 2 / 10,000 / j –
– Taux de mortalité pour la population rurale en urgence incontrôlée : > 2 / 10,000 / j

Dans le cas des refugies en zone forestière, ce taux de mortalité peut atteindre les 6 / 10,000 / j.

Si nous appliquons ces taux, à minima, aux chiffres de l’International Crisis Group, alors on aurait déjà enregistré en deux ans près de 38000 morts pour les 530 000 déplacés internes au Cameroun, en considérant qu’ils sont en urgence contrôlé (1 mort / 10,000 / j). Et en considérant un taux de 2 morts / 10,000 / j en foret ou au Nigeria, on aurait déjà près de 5000 morts en deux ans pour les 35 000 réfugiés au Nigeria. Ca va vraiment très vite, n’est-ce pas ? Et là aussi, nous sommes plutôt proches des 30 000 morts qu’avance la source locale.

Pour compléter la gravité de la situation en zone anglophone, et insister sur le bilan catastrophique de cette guerre, il faudra ajouter à ces nombres élevés de morts potentiels, le « GAP » de la natalité car pendant les 3 ans, ces deux régions/10 du Cameroun vont connaitre un taux de natalité très affecté qui va en fait impacter la courbe démographique dans cette zone et dans le Cameroun en général.

Finalement, si nous considérons toutes les 4 épreuves de vérification que nous avons énumérées ci-dessus, alors nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper que 30 000, au bas mot, est le chiffre le plus probable du nombre de morts dans la crise Anglophone à nos jours. Ce chiffre alarmant explique clairement pourquoi le gouvernement de Yaoundé ne donne aucun chiffre sur le nombre de morts des civils et préfère contester joyeusement le nombre de déplacés donné par International Crisis Group. Ces chiffres expliquent également pourquoi le régime ne peut plus initier volontairement un dialogue dans notre pays. Il aura, en effet, du mal à expliquer aux Camerounais tous ces morts, juste parce que les citoyens ont exprimé leur opinion sur la forme de l’état.

Notre affirmation, sur la vraisemblance des 30 000 morts, est renforcée par des indices qui sont de véritables marqueurs d’un accroissement exponentiel de personnes mortes et ensevelies dans l’anonymat absolu au Cameroun. En voici quelques marqueurs:

– Les hôpitaux du Cameroun se plaignent de la recrudescence des abandons massifs des corps dans les morgues. Un symbole tragique quand on connait le respect que nous autres Bantous, accordons à nos morts. En tout cas c´est par centaines de corps que les Hôpitaux sont obligés d´organiser des enterrements en masse dans des charniers publics.
– Plusieurs responsables politiques et des chefferies affirment qu’ils connaissent avec précision les lieux multiples où se trouvent des charniers qui jonchent les terres fertiles du NOSO. Ils ont pris rendez-vous avec leurs interlocuteurs pour une lumière totale sur ces activités macabres le moment venu.
– Le trafic d’ossement humains est devenu un nouveaux business florissant au Cameroun. Cette activité sera peut-être l’innovation phare du régime de Paul Biya car elle est l’une des plus créatrices d’emplois de ces deux dernières années au Cameroun. En tout cas, malgré les risques de ces intrusions, les opérateurs de ce nouveau métier sont unanimes : « la marchandise est abondante et facile d’accès ». vous comprenez bien que nous avons vraiment touché le fond.

Nous pensons, après cette analyse que les Camerounais (car le gouvernement n’est pas capable) vont vraiment prendre les choses en main pour mettre un terme à ce génocide qui se déroule sous nos yeux dans cette guerre civile ouverte que le régime a savamment planifiée.

Cette analyse est aussi un coup de gueule aux journalistes Camerounais qui, non seulement acceptent de ne pas couvrir le sujet, mais se permettent des déclarations qui tuent doublement nos compatriotes anglophones. Chers Journalistes, je vous en supplie, arrêter de dire : « dans cette guerre, le Président Paul Biya a été très magnanime et Atanga Nji d’un humanisme sans pareil puisqu’ils ont offert des matelas à des citoyens qu’ils ont chassés de leurs maisons brulées, de leurs quartiers détruits, de leurs chefferies saccagées, de leurs villes et de leurs régions ». C’est tout simplement diabolique. Ressaisissez-vous s’il vous plait !

Nous remercions grandement International Crisis Group car avant leur publication le régime avait réussi à museler tous les Camerounais, faisant de nos morts et de nos refugiés de simples fantômes.

Source: cameroonvoice.com

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