Crise socio-politique: voici pourquoi le Cameroun de Biya sombre dans la dépression

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Au cours de cette période de crise multiforme, la volonté manifeste des autorités, de communiquer de manière idoine sur les faits sociaux, est en question. Ce black-out fait le lit de l’effritement de la confiance entre le pouvoir et le peuple. Un vrai fertilisant de toutes les dérives.

Les propos du poète algérien, Salahbk, traduisent toute la puissance du silence comme arme des hommes politiques. « Quand l’amitié suffoque/ en silence dans les mots / D’un ténor politique, qui nous prend pour des sots / Il attend de nos mains, des hourrahs très frappants / Et des urnes qu’il maintient, des grands chiffres éloquents ».

Cette problématique traduit dans la réalité camerounaise, l’habitude pour les décideurs et hommes politiques de penser à tort que leurs sujets sont plongés dans un somnambulisme sans fin. Les temps et les époques ont changé, et les faits de plus en plus sont rebelles aux systèmes de pensées et de valeurs des générations précédentes.

Brigade anti-sardinards 

Paul Biya parlait de génération androïde. Laquelle est aux antipodes avec tous ceux qui sont nés au siècle dernier. Prendre ces jeunes-là pour des sots, à quelque niveau que ce soit, c’est se fourrer le visage dans la farine. Les parents d’aujourd’hui, les éducateurs, peuvent illustrer davantage cette absolue nécessité de leur expliquer pour gagner leur adhésion. Toute la Nation a l’obligeance d’anticiper au risque de perdre la main sur les événements.

Sous les fenêtres du numéro un camerounais, qui plus est, à Genève en Suisse, des hordes de ses concitoyens en furie, se ruent vers sa résidence à l’hôtel continental, déterminés à en découdre avec sa garde rapprochée. Et la suite ? Une panique sourde qui donne froid le long de t’échine. C’est la Brigade anti-sardinard qui se met en scène, dans le saint des saints, excitée de troubler la sérénité de la République.

Salve de reproches, de critiques et de condamnations assez mièvres de la classe politique au moment où Paul Biya regagne le pays. Par la suite, les hommes politiques s’agitent comme à l’accoutumée, laissant Paul Biya de marbre. Il n’a lâché le moindre mot sur ce qui, aux yeux de beaucoup de Camerounais n’était ni plus ni moins qu’un sacrilège républicain, un anathème jeté en mondovision sur l’honorabilité du « Nom N’Gui ». Il est rentré dans ses habitudes, comme si rien ne s’était passé, cornme si tout était normal, stoïque.

Mutineries 

Alors que les politiques et les analystes de tous poils et de tous bords étaient englués sur les plateaux de télévision dans un quiproquo dirimant à la compréhension des réalités de leur stressant quotidien, ça a pété du côté des établissements pénitenciers de Yaoundé et de Buea. Si aucun détenu n’a pris la tangente, s’il n’y a pas eu des morts officiellement déclarés, une rumeur persistante nocive à la véracité de la sortie du Porte-parole du gouvernement, fait furax dans les chaumières.

Si les causes des mutineries sont identifiables, il reste maintenant à lever l’équivoque sur l’identité de la main noire qui a fait sauter le verrou sur le Kosovo. C’était à quelles fins ? Les prisonniers dits de luxe, deux anciens collaborateurs de Paul Biya, ont été agressés et blessés. Personne ne dit rien, laissant les Camerounais au désert, abandonnés aux rumeurs et aux élucubrations de toutes sortes.

Le chien aboie, la caravane passe 

Il y a eu cette semaine, les mésaventures du roi des Bangoulap dans le Ndé, obligé de raser les murs dans les rues de Paris, de se dissimuler comme un vulgaire bandit pour semer la traque de la Bas. Sur la toile, cela a fait des vagues, d’abord au sein de sa propre communauté, outrée de voir un chef fuir devant ses propres sujets, déterminés de l’humilier et de le « chasser » dans son pays, où il lui est reproché par la Bas d’être un affidé au régime de Yaoundé. Cela se passe sous silence, de toute condamnation. Sommes-nous encore une communauté nationale ?

… le jour dit 

Il y a maintenant l’organisation de la Can 2019 de football dont le glissement de date a permis à l’Egypte d’en hériter l’organisation. Au sortir de cette messe du football africain, le président de la Caf a demandé à l’Algérie de se tenir prêt au cas où elle retirerait une seconde fois l’honneur d’accueillir l’Afrique du football en 2021 au pays de Roger Milia.

En effet, sur les différents chantiers qui devraient abriter les différentes compétitions, les travaux sont aux arrêts complets ou au point mort. Le président de la Fécafoot, Seydou Mbombo Njoya a recadré les propos du malgache en clamant que le Cameroun sera prêt pour l’évènement en 2021. En dehors des stades, la voirie, les hôtels et autres commodités sont aussi à l’arrêt. En quoi donc Ahmad Ahmad n’est-il pas fondé ? Silence !

Source: Le Messager n°5352

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