Emeutes dans les prisons: divorce entre Paul Biya et Laurent Esso, voici pourquoi!

0

Le président de la République a pris une série de mesures interpellatives à l’adresse du Ministre de la justice pour en finir avec la surpopulation carcérale et la violence dans les établissements pénitentiaires du pays.

Fuites de documents, intrigues de couloir, mises au point… après les mutineries dans les prisons de Kondengui à Yaoundé, le 22 juillet, et à la prison centrale de Buea, le 23 juillet, c’est la pagaille au sommet de l’Etat. Le ministre de la justice, Laurent Esso, qu’une bonne partie de la presse et de l’opinion présente comme le principal responsable de ces évènements tente comme il peut de se disculper. Alors que la recherche du bouc émissaire tenait en haleine les Camerounais, Paul Biya a choisi de siffler la fin de la récréation.

Le président Camerounais a choisi de le faire par la voix du porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, par ailleurs ministre de la communication. Dans la soirée du 02 août, ce dernier a convoqué la presse pour une communication. Mail il était surtout question de faire savoir les prescriptions du chef de l’Etat. Paul Biya enjoint donc le gouvernement de « prendre toutes les mesures appropriées en vue d’accélérer les procédures judiciaires en cours ».

Pour la société civile, cette prescription est indiquée et elle serait la seule solution capable de réduire la population carcérale dans les maisons de détention du Cameroun. Le ministre de la justice reconnaît d’ailleurs que les personnes en attente de jugement représentent plus de la moitié des personnes incarcérées dans les prisons camerounaises. Il n’y a donc plus qu’à espérer que cette prescription soit suivie d’effets immédiats.

Elle n’est d’ailleurs pas la seule prise par Paul Biya. Il demande aussi au ministre de la justice de veiller sur la discipline dans les pénitenciers. Car il est admis que les prisonniers qui se sont mutinés dans la prison de Kondengui et celle de Buea avaient pour intention d’organiser une grande évasion des prisonniers. C’est du moins la thèse que défend le gouvernement. Paul Biya est convaincu qu’il faut « renforcer les moyens de contrôle des prisonniers dans les prisons » pour éviter les mutineries dans l’avenir.

Le président s’inquiète aussi de la passivité des gardiens de prisons, à cause du nombre important d’objets interdits retrouvés dans les cellules des prisonniers à Kondengui. Le ministre René Sadi parle de téléphones portables, des clés USB, des ordinateurs portables, des poignards… Pour le président c’est assez pour interpeller le gouvernement. Le ministre de la justice est donc appelé à prendre des mesures fortes pour que les contrôles à la porte des prisons arrêtent d’être autant perméables.

Pour terminer, Paul Biya souhaite que le gouvernement engage très rapidement des extensions dans les locaux des prisons camerounaises pour augmenter la capacité d’accueil. Les chiffres parlent d’une surpopulation record, qui atteint par endroit 200%.

Source: Essigan N°233

Téléchargez notre application Android

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here