Epervier: toute la direction financière du Port de Douala dans le viseur du TCS, voici pourquoi!

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A la suite de l’interpellation de Pierre Yanga, caissier, en service à la caisse pilote du Port autonome de Douala (PAD), c’est pratiquement toute la direction financière de cette institution portuaire qui est aujourd”hui dans le viseur du Tribunal criminel spécial (Tcs). Il s’agit du caissier central, le chef de service trésorerie, le chef département finances, le directeur finances et comptabilité.

Cyrus Ngo’o, le directeur général du Port autonome de Douala est résolument décidé à nettoyer les écuries d’Augias au sein de l’institution portuaire dont il a la charge. Au point où aujourd’hui plusieurs responsables du Pad sont dans le viseur du Tes. A en croire nos sources, il s’agit bel et bien de Henri Tchoupe ancien chef de département de la comptabilité et fiscalité, la caissière centrale, Mme Ngofana, le chef service trésorerie et l’ancien caissier de la caisse pilote, Pierre Yanga. Tous sont soupçonnés d’être complices des actes de prévarication perpétrés par Pierre Yanga, ancien cassier de la caisse pilote du Pad.

A en croire certains observateurs proches de la gestion du Pad, les intéressés ont pêché pour avoir fermé les yeux, depuis des années, sur les nombreux manquements du cassier Pierre Yanga qui, selon la réglementation, devait faire l’objet des contrôles permanents et réguliers. Pour nos observateurs, si lesdits avaient réellement été effectués dans les règles de l’art, ils auraient très vite démonté le stratagème mis en place par le caissier de la caisse pilote pour siphonner les fonds du Pad.

Les manœuvres opaques de Pierre Yanga consistaient en effet à ce que, en mi-journée, il s’arrangeait à fermer brutalement les caisses pour que tout ce qu’il encaisse des usagers par la suite prenne une autre destination que celle des caisses du Pad. Et ce, pendant plusieurs années.

Pour une vision complète cette histoire de détournement de deniers publics au département des finances du Pad, tout part d’une plainte contre X pour détournement de deniers publics déposée le 6 septembre 2018 auprès du commandant de compagnie de gendarmerie du Pad par le Dg Cyrus Ngo’o.

Selon nos sources, un contrôle des opérations d’encaissement et de décaissement de la « caisse pilote » avait fait ressortir un gap non justifié de 73 267 331 Fcfa dans l’espace de temps compris entre le 1er janvier et le 12 juillet 2018. Il ne fallait pas être un devin pour se rendre à l’évidence que c’est le caissier Pierre Yanga qui était au centre de cette entourloupe.

A la suite d’une demande d’explication à lui servie par sa hiérarchie, il ne parviendra pas en à fournir le moindre indice justifiant le non reversement des 73 267 331 Fcfa dans les caisses du Pad. Un audit effectué par la suite par Balthazar Epée Dickobo, directeur des audits et de la qualité va révéler que le trou était plus important qu’on ne l’imaginait. Soit une rondelette somme de 79 730 455 Fcfa.

Auditions

Pris de panique à la suite de la découverte du pot aux roses, Pierre Yanga va tenter de se fondre dans la nature. Mal lui en prend puisque le 20 février 2019, il est rattrapé à Yaoundé et conduit à Douala ou il va être cuisiné par les éléments de la compagnie de gendarmerie du Pad avant d’être déféré au parquet du Tribunal de grande instance de Wouri à Douala. « Je ne reconnais pas avoir pris cette somme de 79 000 000 (….) dans la période du 1er janvier au 12 juillet 2018.

En effet, j’ai été nommé au poste de caissier à la caisse pilote au Port autonome de Douala courant de l’année 2015, précisément le 5 mars. J’ai été mis à la porte au Pad il y a de cela 2 ans sans notification jusqu’à ce jour. Il s’agit de M. Tchoupe à l’époque chef de département finances. Je suis scandalisé parce que mon licenciement n’a pas été fait comme le prévoit la loi, il m’a été juste demandé de prendre mes effets et partir sans raison valable », va-t-il tenter de se débiner.

Pour les fins limiers de la compagnie de gendarmerie du Pad, Pierre Yanga « méritait d’être gardé à vue (…) en raison des indices graves et concordants réunis à son encontre et faisant présumer qu’il a commis l’infraction de détournement des biens publics. » Alors question : comment Pierre Yanga procédait-il exactement pour perpétrer son coup ? Là encore, il ne va pas convaincre les enquêteurs quand il indique :

« avant je reversais l’argent encaissé à la caisse centrale, mais par la suite, il a été instauré que les versements soient faits à la Bicec du parc véhicule Bolloré. Ce qui est resté jusqu’à mon départ de la maison ». Sans véritablement l’imaginer, Pierre Yanga venait ainsi de mettre à nu la chaine de détournement des fonds publics à la direction des finances du Pad. Le dossier qui est aujourd’hui sur la table les fins limiers du Tes promet des rebondissements retentissants.

Source: La Nouvelle N°495

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