Grand dialogue national : Voici le putsch de la légion Rdpc

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Le Président Paul Biya dans une envolée verbale mémorable, contre des surexcités politiques avait posé la question : «qui sont-ils, ceux-là qui…»

A la veille de l’ouverture du Grand Dialogue National, une litanie de questions s’impose à moi, sans espoir de réponse. Qui sont-ils, ceux-là qui… constituent la délégation de Mon parti le Rdpc au GDN ? De quelle moralité, légalité, légitimité, crédibilité jouissent-ils auprès de l’opinion publique? Où sont leurs faits d’arme politiques ?

Ce sont ceux-là même, qui étaient à Foumban pour l’unification ? Ce sont les mêmes qui ont accompagné le Président Ahidjo en 1972 pour la réunification, à la suite d’un referendum qu’on a qualifié de «tromperie». Les mêmes qui étaient à la tripartite, où on accusa Biya d’avoir usé de la ruse.

Voici les mêmes qui repartent au Grand Dialogue National. Sans mandat de la base. Je me pose des questions sur la légitimité et la légalité de ces Généraux sans troupe. Sur ce courage de vendeurs de cercueil de ces compatriotes, qui ont accepté d’aller chanter l’hymne aux morts, pour un problème dont ils ont nié l’existence pendant trois années.

Je me pose des questions sur la moralité de ceux-là qui se découvrent des talents de «patriotes». Toutes ces personnalités me font craindre l’accomplissement du rêve de certains : que la palabre se déroule dans le tumulte et le désordre ; et se termine dans le chaos et la confusion.

Questions sur la légitimité des représentants

Des individus se sont réunis en petits comités dans les domiciles des plus influents de leurs fratries politiques, clanique ou ésotérique, et ont publié des listes des «délégations» au Grand Dialogue National. Comme ils en ont l’art pour la fabrication des «motions de soutiens», et des «appels du peuple». Au nom de qui iront-ils s’exprimer ?

Comment n’a-t-on pas pensé à expliquer à cette baronnie de caciques, que le Grand Dialogue n’est pas le congrès du Rdpc. Qu’il ne s’agit pas d’une réunion du Comité central du Rdpc. Encore moins d’un meeting de soutien à Paul Biya au palais de Congrès de Yaoundé. Le mode opératoire de la formation des délégations en ces occasions-là, aura été le même. Sans honte ni pudeur, on prend les mêmes, et on recommence. Ils ont tout simplement dupliqué le fichier, sans mises à jour du logiciel. Comme à l’Enam, on retrouve des morts invités au dialogue.

Le président voulait un dialogue franc, sincère, inclusif sans exclusion ; sans sujet tabou. Avec des hommes de cœur, sans rancœur, pour apaiser les cœurs blessés, meurtris. A la recherche de la recherche de la paix des cœurs. Et non un dialogue de fous, de sous, de saouls, et de sourds. Mais que peut le président contre la Légion Nkuété ? Cette garnison déterminée à conduire son coup d’Etat contre la base militante? Coup d’Etat perpétré par une caste de généraux sans troupes du parti et la Haute administration, qui lui ont tout arraché et confisqué. Et qui n’attendent plus que son requiem. Pour qui, par qui et au nom de qui s’agitent-ils, ces « militants » de la 25eme heure et pour quels intérêts?

Alors que ce sont eux qui ont trompé le chef de l’Etat, en niant l’existence d’une la crise anglophone. Maintenant que la crise est reconnue et fait objet d’une grande palabre, pour qui, et au nom de qui siègent-ils au Palais des Congrès ? Si ce n’est pour attiser la crise par les mêmes méthodes qu’ils avaient utilisé pour l’entretenir. Leur souhait secret : que cette crise ouvre, oui ouvre une porte de sortie du pouvoir au président de la République. Un rêve qu’ils caressent couchés sur l’argent volé au contribuable.

Non, nous le peuple, n’avons envoyé personne au GDN ! Encore le coup classique des délégations dans le Rdpc ! Sans honte ni pudeur, ils ont exclu des groupements assocja-tifs qui subissent les effets collatéraux de ce que les dignitaires du régime ont orchestré et alimenté. Un empressent suspect pour aller s’occuper des problèmes dont ils ne connaissent ni l’ampleur, ni la peur des compatriotes déplacés qui dorment à 21 dans des chambres pour 3. D’autres à la belle étoile, avec pour compagnons la famine, l’insécurité et l’incertitude. Loin, bien loin de ces « membres de délégations » qui jouent pompeusement les intelligents au palais des Congrès.

Questions sur la légalité des représentants

Qui sont-ils, ceux-là ? Avec deux passeports de deux nationalités différentes, sont-ils qualifiés pour parler des affaires du Cameroun à ce niveau de gravité ? Non ! Il aurait encore été plus sincère d’admettre dans la salle, les représentants de la Communauté internationale, les sécessionnistes, les Ambazoniens et autres… Autrement, c’est de la comédie nationale. Les méthodes qui ont soutenu la gestion de cette crise jusqu’ici, jettent du doute dans la notion de loi au cours de ces assises. Va-t-on tordre le cou à la loi quand on accueillera le «terroriste» militant Mark Baretta, officiellement invité par le premier ministre au Palais des congrès ?

L’amnistie des combattants de la cause de l’Ambazonie de la diaspora, officiellement attendus au GDN commence à quel moments ? Avant, pour qu’ils puissent venir sans risques d’être inquiétés par la justice et les forces de désordre, pardon que dis-je de l’ordre ? Pendant la palabre, pour qu’ils puissent s’exprimer librement et en toute franchisé constructive, en dehors du maquis ? Ou alors après les assises, selon la pertinence de leurs propositions pendant la palabre ?

Selon certaines informations qui planent au dessus de la crise anglophone, des financiers et artificiers des groupes de faux « amba boys », qui commettent des exactions dans les deux régions, sont membres et mêmes organisateurs techniques du GDN. Qu’elle est la légalité de ceux-là qui arment, alimentent des tueurs dans la nuit ? A ces sapeurs-pompiers auprès du chef de l’Etat, dans la journée ; et pyromanes, la nuit, auprès des sécessionnistes.

Question de personnalité Comment peut-on se sentir digne, noble et fier, au Palais des Congrès, sans se souvenir, pendant l’exécution de l’hymne national, de sa responsabilité personnelle dans l’enlisement de la crise anglophone ? Quelle personnalité peut-on avoir, quand on oublie que l’on a trompé le chef de l’Etat, pendant des long mois, sur le risque d’une crise, son déclenchement effectif et toutes les vérités de cette crise ? Quelle personnalité peut-on avoir, dans ce pays, quand on oublie que l’on a écumé les plateaux de radio et de télévision pour faire du négativisme sur le problème anglophone ?

Ces questions n’auront jamais de réponses, je sais. D’ailleurs, qui aura le temps d’y répondre ? L’agitation avant, pendant les assises et pendant les quelques semaines qui vont succéder à la palabre, sera sûrement pris en compte dans l’attribution des postes ministériels dans le remaniément gouvernemental de début décembre. Les autres n’ont les cœurs qu’aux jetons de présence. Qui se souviendra j’ai été le premier (contre tous) à évoquer l’idée d’un dialogue?

Au Palais des Congrès, il y beaucoup d’argent à prendre, et à détourner. Comme d’habitude. Je comprends l’agitation suspecte des «hautes» personnalités de la République autour du Grand Dialogue National. Une affaire de sous, de saouls, de fous*et de sourds. Pourtant une affaire de tous. Pour tous !

Saint-Eloi Bidoung Militant Rdpc

Source:https://actucameroun.com/2019/10/02/grand-dialogue-national-le-putsch-de-la-legion-rdpc/

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