Kamtogate: voici pourquoi le tribunal militaire tient à juger Kamto

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En justifiant son rejet de la requête de Maurice Kamto et coaccusés qui demandaient qu’elle déclare incompétent le Tribunal militaire dans l’affaire strictement politique et éminemment civil qui les oppose aux auteurs du présumé hold-up électoral d’octobre la Cour d’Appel du Centre à Yaoundé vient tout bêtement d’inventer une nouvelle jurisprudence: la jurisprudence du fait accompli qui fait loi.

Experts, simples observateurs ou citoyens lambda, les Camerounais sont encore sonnés 24 heures après la décision de la Cour d’appel du Centre jeudi d’autoriser la justice militaire, en violation des lois nationales et traités internationaux, à juger des civils tantôt enlevés dans la rue par des tontons macoutes en violation des lois camerounaises relatives aux libertés d’expression et de circulation, tantôt dans leur domicile, au milieu d’un dîner, ou encore dans un hôpital, sous soins, à une heure indue, et pour finir, sur la base d’un mandat de perquisition prétendument signé par un procureur d’une juridiction civile auquel ils n’ont jamais été présentés.

Ainsi donc, Maurice Kamto, ses amis politiques et alliés de la Coalition ont été déboutés au motif que les juges militaires avaient déjà été saisis. Point final. Même les vices de procédures les plus rocambolesques n’ont pas semblé émouvoir les augustes magistrats de la Cour d’Appel qui ont par leur décision signifié qu’il suffit de prendre une initiative pour qu’elle soit légale.

En langage plus prosaïque, un quidam viole sa fille et est trainé en justice pour viol et inceste, il est impossible que l’action puisse prospérer s’il peut expliquer que son cœur était déjà épris de la bambine. « On va faire comment ? », ont coutume de demander les Camerounais. « On va faire comme ça », doit-on leur répondre pour dire que ce qui est fait est fait et doit être fatalement accepté comme tel !

Commentaire de Me Emmanuel Simh, un des avocats de Maurice Kamto et autres cité par RFI : « Le juge devait connaître la question au fond et ne pas nous imposer simplement l’irrecevabilité, en prétextant que le tribunal est saisi pour juger les civils. Et on nous dit que, ce tribunal étant saisi, notre requête est irrecevable. C’est un vrai non-sens juridique, c’est un scandale en matière de droit. »

L’avocat trouve « tout à fait étonnant » ce raisonnement d’une Cour que so camarade Bibou Nissack, porte-parole de Maurice Kamto, estime « extrêmement politisée », et dont il évoque l’« instrumentalisation criarde par le régime ».
Il semble pourtant que les décisions de justice ne sont pas susceptibles de commentaire, sous peine de poursuite. Mais on peut se demander si les magistrats qui ont rendu la décision de jeudi croient vraiment qu’il s’agit vraiment d’une décision ayant quelque chose à voir avec la JUSTICE. Si oui, le ministre des prisons va avoir du pain sur la planche dans les jours à venir, car en attendant le procès de Kamto et compagnie pour hostilité à la patrie qui débute le 6 septembre, de nombreux Camerounais, pour ne parler que des justiciables directs de la justice par embuscade du Cameroun ne sont pas prêts de tarir de commentaire à la suite de cette décision in…édite !!!

Source: cameroonvoice.com

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