‘Mystérieux kidnapping’: les buts inavoués de Fru Ndi dévoilés, voici les détails!

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Figure fédératrice et presque tutrice –jusqu’à l’entrée en lice plus ou moins récente de Maurice Kamto- d’une scène politique camerounaise marquée par la volonté constante de la majorité des Camerounais de se débarrasser du régime de Paul Biya, John Fru Ndi se retrouve de nouveau au cœur de l’actualité politique, pour une histoire de kidnapping dont ce leader historique de l’opposition camerounaise et quelques-uns de ses camarades auraient fait l’objet, samedi de la part de supposés combattants sécessionnistes.

L'”illustre” enlèvement qui semble participer de la loi des séries (jamais deux sans trois) en mode triste, le frère de monsieur Fru Ndi ayant été (annoncé) enlevé en début de semaine dernière et une sénatrice SDF, ayant également été enlevée la veille du rapt du chairman, semble cependant ne pas échapper à la controverse qui alimente ces derniers temps certains enlèvements en régions anglophones.

En effet, l’enlèvement du leader du président national du Social Democratic Front a du mal à passer au sein de l’opinion publique camerounaise habituée aux “coups” de cet opposant qui s’est révélé au fil des temps le plus sournois et le plus efficace des alliés objectifs du régime du président Paul Biya, que ce soit pour requinquer celui-ci à chaque fois qu’il se retrouve au creux de la vague, ou pour dévoyer toutes les actions résolument entreprises par l’opposition dans le sens d’en venir à bout, et très souvent, pour jeter carrément le discrédit sur le camp auquel il est censé appartenir. 

Les déclarations et explications embrouillées qui fusent depuis l’enlèvement de samedi ne contribuent pas non plus à dissiper le doute quant à la réalité de l’enlèvement même.

A titre d’illustration, la facilité avec laquelle John Fru Ndi accuse les sécessionnistes d’être à l’origine de son “enlèvement” parait déconcertante : « Nous nous rendions aux funérailles de notre honorable député Dr Joseph Banadzem. Mais sur le chemin, notre convoi a été bloqué par des Ambazoniens. Ils ont dit que les autres pouvaient partir, mais qu’ils voulaient me parler. Ils m’ont enlevé. J’ai passé près de six à sept heures dans leur camp », a révélé l’homme politique à nos confrères de RFI, sans dire comment il a fait pour s’assurer de l’identité exacte de ses ravisseurs, dans un contexte aussi trouble où même des adolescents ayant été récemment l’objet d’enlèvements dans les régions anglophones ne sont pas aussi naïfs au point d’ignorer que dans le cadre d’une communication de guerre, un camp peut poser des actes ignobles et usurper l’identité de l’adversaire pour les revendiquer, dans le but de les lui imputer.

On peut déjà pressentir une chose, les exactions dans la région anglophone pourront s’accentuer et se justifier d’autant plus aisément que le pouvoir qui fait des pieds et des mains pour faire avaler à la communauté internationale le bien-fondé du génocide qu’il est en train de perpétrer dans le NO-SO, n’aura pas du mal à prétendre que les sécessionnistes ont poussé loin le bouchon de leurs atrocités en kidnappant un homme politique de l’opposition, qui plus est, un anglophone. 

L’intention de monsieur Fru Ndi de prêter main forte au régime dans son entreprise se perçoit d’autant plus clairement dans la suite de sa réponse à RFI, qu’alors qu’on attend qu’il briefe l’opinion sur des éléments marquants de sa captivité dans un camp “ambazonien”, “l’opposant” se lance plutôt dans un réquisitoire anti-anglophone qui laisse penser qu’il n’aurait pas été enlevé par des “Ambazoniens” comme il le prétend, mais probablement par une de ces milices à la solde d’un ministre anglophone du régime, que l’on dit parmi les plus capés de ces ignobles personnages que le président Biya a qualifiés fort justement d'”entrepreneurs de guerre”, tant ils ont intérêt à ce que la guerre en zone anglophone se perpétue pour en tirer le plus de marrons du feu : « Les anglophones ont un problème. C’est lié au fait, que leurs leaders ont des idéologies différentes, qui ne servent même pas l’intérêt général. Ils cherchent du soutien, mais dans le même temps, ils kidnappent les gens et veulent qu’on adhère à leur cause. Cela devrait se faire de manière volontaire ! ».

C’est clair donc ! Et dit par Fru Ndi, cela ne devrait plus faire l’objet d’un doute que les meneurs sécessionnistes sont de grands criminels que l’on ferait œuvre de salubrité publique d’exterminer. N’en déplaise aux Camerounais de « mauvaise foi » et à cette communauté internationale elle aussi « malveillante » qui ont toujours prétendu que le problème des anglophones était leur marginalisation et leur stigmatisation sur fond d’assimilation par les différents régimes qui se sont succédé à la tête du Cameroun.

L’histoire retiendra alors qu’au moment où de nombreuses organisations à travers le monde joignaient leurs voix à celles des Camerounais ployant sous la terreur d’un régime tortionnaire pour demander un dialogue sincère et inclusif avec les séparatistes anglophones, c’est de John Fru Ndi en personne qu’est venu le coup de main “patriotique” qui allait conforter le régime dans son discours selon lequel le seul problème anglophone c’est qu’il « n’y a pas de problème anglophone au Cameroun ». Ou plutôt si : le problème, le vrai, c’est que « … leurs leaders ont des idéologies différentes, qui ne servent même pas l’intérêt général. Ils cherchent du soutien, mais dans le même temps, ils kidnappent les gens et veulent qu’on adhère à leur cause… ».

En attendant que la police et la justice camerounaises se mêlent de tirer les vers du nez de l’illustre victime d’enlèvement sécessionniste afin qu’il les mette sur la piste de ces hors-la-loi, ou donne des indices permettant de savoir s’il n’a pas juste voulu attirer l’attention sur lui par ces temps où le SDF touche le fond et où l’ancien légendaire « Ni » John n’est plus que l’ombre de lui-même, on peut d’ores et déjà convenir qu’il est difficile de croire qu’il ait pu tenir de tels propos au sujet de gens qui non seulement l’ont gardé en otage sept heures durant, mais en plus, détiennent une de ses camarades, un de ses frères, lui ont pris ses vaches de force, incendié sa maison, enlevé ses deux frères. On ne pousse ce genre de récrimination que lorsqu’on a affaire à une armée régulièrement constituée et dont les éléments peuvent répondre de leurs débordements devant une cour martiale. Pas au sujet des bandits qui ont des idéologies différentes, qui ne servent pas l’intérêt général, et qui kidnappent les gens pour extorquer leur soutien.

Source: cameroonvoice.com

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