Négociation de Genève: voici le mystérieux secret des autorités Suisses

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Jamais les regards des Camerounais n’ont été autant tournés vers la Suisse. Il y a eu les manifestations à l’hôtel Continental de Genève, organisées par les membres de la « Brigade anti-sardinards » (Bas). Elles ont été largement relayées par les réseaux sociaux à la suite des affrontements violents de mardi et de samedi.

Mais la Suisse est également impliquée dans un processus de médiation entre le pouvoir camerounais et les leaders du mouvement séparatiste qui a plongé le Cameroun dans une grosse crise depuis près de trois ans. De bien curieuses négociations sur lesquelles le pouvoir de Yaoundé na pas beaucoup communiqué, mais que divers médias suisses ont relayées.

Ainsi donc, c’est en Suisse que le gouvernement camerounais a déporté le fameux dialogue souvent évoqué au cours des dernières semaines, ?ailleurs, d’après certaines sources, ces négociations datent même de plusieurs mois. Le quotidien suisse Le Temps, dans son édition du vendredi 29 juin indique que «des discussions préparatoires avec les leaders séparatistes camerounais ont eu lieu dans les Alpes valaisannes. Le président Paul Biya a donné un mandat officiel de médiation à Berne ».

Le journal suisse affirme qu’alors que Paul Biya arrivait à Genève le 23 juin dernier, des nais sont également arrivée dans une station des Alpes valaisannes en Suisse, où ils ont été accueillis en toute discrétion par des éléments du Département fédéral des Affaires étrangères (Dfae).

Ambassade de Yaoundé

Comment en est-on arrivé là? Selon l’article du Temps. Le processus a été enclenché fin 2018 par les séparatistes. Ils auraient approché l’Ambassade de Suisse à Yaoundé pour solliciter une médiation. A la suite de cette première approche, le gouvernement suisse s’est montré disposé à jouer ce rôle. «En avril 2019, Paul Biya en personne confirme que ce rôle de facilitateur est le bienvenu. Berne accepte cette responsabilité et commence à travailler », lit-on dans Le Temps.

Les autorités suisses, le Dfae notamment, vont s’appuyer sur le Centre pour le dialogue humanitaire (HD) pour prendre attache avec les leaders séparatistes camerounais. Le fait que la Suisse na jamais été une puissance coloniale a plaidé en sa faveur dans le choix des séparatistes, indique l’un des leaders dans les colonnes du journal suisse.

«Nous sommes dans cette situation de conflit en partie à cause du rôle qu’ont joué la France et la Grande Bretagne lors de la décolonisation. Pour cette raison, nous ne voulions pas de médiation conduite par un pays membre de l’UE, nous craignons qu’il ne soit pas impartial. Nous avons été approchés par divers gouvernements et institutions, mais seule la Suisse a ma confiance », a déclaré Ebenezer Akwanga.

Une réunion s’est donc tenue en Suisse du 25 au 27 juin à Saint-Luc, dans le Val d’Annivels. Ces discussions secrètes ont eu lieu entre les leaders séparatistes camerounais, la Dfae et HD. Il s’agissait de discussions préparatoires aux éventuelles négociations qui pourront avoir lieu entre les séparatistes et le gouvernement camerounais. Avant la réunion de la semaine dernière, une autre avait eu lieu à Genève du 16 au 19 mai dernier.

Cependant, tous les leaders séparatistes ne sont pas d’accord soi ce processus de médiation engagé par la Suisse. Dabney Yerima, vice-président de la République autoproclamée d’Ambazonie, a émis quelques réserves et na pas participé à la réunion de Saint-Luc, alors qu’il s’était déplacé pour la Suisse.

Le Matin, un autre journal suisse, a également traité de la réunion de la semaine dernière. D’après ce journal, «pour ne pas compromettre le processus, les autorités suisses ne se prononcent pas sur le contenu des efforts de facilitation en cours ». Le Matin indique toutefois que «selon des indications convergentes relayées par les activistes politiques séparatistes de l’ouest du Cameroun, la rencontre aurait rassemblé des représentants des dirigeants Sisuku Ayuk Tabe et Samuel Sako. Mais aussi ceux des mouvements du Sclc, du Scoop et de la Scapo ».

Onu

Jeudi dernier, le porte-parole du Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, a fait une déclaration sur le processus de facilitation mené par la Suisse.

«Le Secrétaire général se félicite de l’annonce faite le 27 juin par le Département fédéral des affaires étrangères de la Suisse sur ses efforts visant à faciliter une sortie de crise dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun à travers un processus de dialogue. Il exprime le plein soutien de l’ONU à cette initiative et réaffirme qu’il est prêt à la soutenir, le cas échéant. Il encourage toutes les parties à participer à ce processus et félicite les autorités camerounaises et les autres parties prenantes pour ce pas positif. Le Secrétaire général réitère l’importance de l’engagement de toutes les parties prenantes camerounaises dans un dialogue politique inclusif et constructif afin de relever les défis auxquels le pays est confronté», a-t-il déclaré.

Source: Le Jour N°2962

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