Négociation en Suisse: voici ceux que Biya a rencontrés

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Ce pays d’Europe centrale a annoncé, le 27 juin, qu’il était à la manœuvre pour poser les bases des négociations avenirs.

Il y avait une épée de Damoclès qui planait depuis peu, au-dessus de la tête du chef de l’Etat, Paul Biya : celle de la « Brigade anti-sardinards » (Bas) ; laquelle promettait l’enfer si jamais il se rendait en Europe. Certes, il y a eu moins de tambours et de trompettes que d’habitude, mais le président a finalement voyagé. Ceci après plus de 200 jours sans sortir du pays. Un record. Son épouse et lui sont ainsi à Genève, en Suisse, depuis le 23 juin dernier. Officiellement, « pour un court séjour privé en Europe », comme l’indique le Cabinet civil de la présidence de la République.

Malgré tout le mystère qui règne toujours lors de ce type de déplacement, les informations récentes révèlent que contrairement à ses habitudes, Paul Biya n’est pas en territoire helvétique pour un séjour de plaisance aux berges du Lac Léman, étendue d’eau qu’il affectionne particulièrement. Le chef de l’Etat a en effet emporté avec lui, le dossier de la crise anglophone. Le portail des camerounais de Belgique.

C’est du moins ce qui ressort d’une note signée du Conseil fédéral suisse, datée du 27 juin 2019. L’on apprend que la Suisse joue un rôle de médiateur et de facilitateur dans le conflit en cours au Nord-Ouest et au Sud-Ouest du Cameroun, « en vue de préparer des négociations de paix entre le gouvernement et l’opposition ». Le Département fédéral des Affaires étrangères (Dfae), ajoute que « la Suisse a été mandatée par une majorité des parties pour faciliter un processus de négociation inclusif ». Pour ce faire, le Dfae bénéficiera de l’appui du Centre pour le dialogue humanitaire, une organisée basée à Genève et réputée pour ses faits de médiation. « Une deuxième rencontre avec divers groupes d’opposition camerounais, a eu lieu du 25 au 27 juin », apprend-on.

L’on note que rien ne filtre – ni sur le lieu, ni sur la date, encore moins sur l’identité des acteurs – à propos d’une première rencontre. Pas de détails non plus quant au contenu des échanges durant les concertations. La Suisse justifie cela en disant vouloir privilégier les « principes de stricte neutralité et de discrétion ». Soit. L’importance du dialogue tant attendu fait qu’avant la sortie du Dfae, certains militants pro-sécessionnistes, comme Mark Bareta, évoquaient déjà, dès le 24 juin dernier, l’arrivée à Genève de leaders « ambazoniens », à l’effet d’avoir des contacts avec le régime de Yaoundé. Des discussions mouvementées, puisque le séjour du chef de l’Etat est fortement perturbé par la Bas. Le 25 juin dernier, une rixe a éclaté entre la garde rapprochée de Paul Biya et une quarantaine de membres de cette organisation à l’Hôtel Intercontinental où séjourne le président de la République. Une nouvelle manifestation de la Bas est prévue demain samedi.

Long processus

Un brouillard inquiétant a régné après la mission commandée de Joseph Dion Ngute, dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest en mai dernier. Le Premier ministre a annoncé que le chef de l’Etat était prêt pour un dialogue inclusif qui aborderait tous les sujets, sauf la sécession. Puis, sont intervenus des ministres qui semblaient ramer à contre-courant des affirmations du chef du gouvernement.

Sur France 24 par exemple, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a plutôt indiqué que tous les sujets seront abordés sauf la forme de l’Etat. Son collègue des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, dira quant à lui plus tard que le dialogue n’est pas un évènement, mais plutôt un processus.

Les révélations du gouvernement suisse sont peut-être de nature à rassurer et à dissiper le scepticisme qui s’était emparé de l’opinion, du fait de ces déclarations contradictoires des officiels camerounais. Un regard dans le rétroviseur du temps permet de constater que l’offre de médiation de la Suisse est le résultat d’un long processus.

En avril dernier, Pietro Lazzeri, ambassadeur de Suisse au Cameroun, au cours d’une audience accordée par le chef de l’Etat camerounais, a exprimé la disponibilité de son pays à appuyer le Cameroun dans la résolution de la crise anglophone. Ceci faisait suite à la visite, l’année précédente en terre camerounaise, de Nicoletta Mariolini, déléguée fédérale suisse au plurilinguisme, pour un partage d’expérience en matière de gestion de la diversité.

Source: camer.be

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