Salaires fictifs: un Officier de l’armée à la tête d’un réseau mafieux, voici les détails!

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Alors qu’il avait été chassé de l’armée depuis 2012, l’ex militaire continuait de toucher son salaire. Il répond de ce forfait mais aussi de son implication supposée dans la perception d’autres salaires fictifs en indexant un de ses patrons, que l’enquête a esquivé.

Le capitaine Samba Effoudou Gaspard est-il à la tête d’un gang spécialisé dans la fraude des salaires à la Fonction publique ? Ephrem Victor Poupoum Mangak, son ancien élément, s’est en tout cas donné la tâche de dévoiler au grand jour son supposé vrai visage devant le Tribunal criminel spécial (TCS). Ce subalterne aujourd’hui radié des rangs de l’armée l’accuse en effet d’être le cerveau d’un réseau qui lui permet, à l’aide fausses identités, de toucher des salaires indus à la Fonction publique. Le forfait a occasionné une saignée évaluée à 82 millions de francs imputé à l’ancien sergent. Selon le rapport de l’enquête judiciaire (ordonnance de renvoi) dressé le 14 juin dernier par le juge d’instruction Manfred Joseph Efa Mekomdane, l’accusé a été interpellé au commissariat du 12e arrondissement de Yaoundé alors qu’il s’y était rendu pour se faire délivrer une carte nationale d’identité (CNI). C’est Thérèse Nadine Ngono, fonctionnaire de police dans l’unité, qui conduit à la mise aux arrêts de l’ancien soldat.

En effet, Mme Ngono explique que son ami Nelson Koundou, en service à la Garde présidentielle, l’avait sollicité afin qu’elle aide M. Poupoum, son beau-frère, à se faire établir une nouvelle CNI. Reçu dans son unité, l’accusé lui révèlera qu’en réalité la CNI allait être établie sous «la fausse identité » de Alphonse Mekolo Eteme, identité avec laquelle il avait ouvert un compte bancaire dans les livres d’Ecobank. Dans ce compte bancaire, était viré depuis des années quelques années le salaire destiné à un certain Alphonse Mekolo Eteme. Au moment où l’accusé tente de renouveler la CNI, une somme de 5 millions de francs y est en souffrance.

Chéquier utilisé

M. Poupoum est interpellé par le chef de poste d’identification alors qu’il venait retirer le récépissé de la carte sollicitée le 8 mai 2018. La perquisition opérée chez l’accusé permettra de récupérer deux documents bancaires d’Ecobank portant le nom Alphonse Mekolo Eteme : une carte visa valable de février 2015 à février 2018 et un chéquier partiellement utilisé. Ces documents sont placés sous scellés. Sauf que l’interpellation du mis en cause va permettre de démasquer un réseau de trafic de salaires dans la Fonction publique. Bien que radié de l’armé, l’accusé continuait en fait de percevoir son salaire mais aussi deux autres sous les fausses identités de Jean Louis Bayok et Alphonse Mekolo Eteme. L’ex militaire est en jugement pour trois chefs d’accusation.

Il est reproché à M. Poupoum Mangak le détournement de 40 millions de francs constituant la perception indue du salaire viré à un certain Alphonse Mekolo Eteme. Pour sa défense sur ce volet, l’accusé a opté pour un déballage. Il raconte que le capitaine Gaspard Samba Effoudou, commandant de sa compagnie à l’époque des faits, s’était « servi de lui pour percevoir les salaires générés par ce matricule solde ». Son chef avait donné l’ordre d’exécuter la basse besogne en lui garantissant la protection au plan professionnel. Il indique que le matricule au centre de la fraude existait longtemps avant qu’il ne soit recruté dans l’armée. Pour réussir le coup, l’accusé explique que M. Samba a fait venir un policier dans son bureau pour faciliter l’établissement de la première CNI au nom Mekolo Eteme.

Ce qui permettait l’ouverture d’un compte courant à Ecobank où était viré le salaire litigieux. Le portail des camerounais de Belgique. Selon l’accusé, son chef a récupéré les documents et touchait lui-même le butin. Il déclare qu’une une fois il a pu toucher le salaire en cause à l’aide d’un chèque de guichet à l’insu du capitaine Samba.

Il l’avait payé très cher, dit-il. Le commandant l’avait fait interpeler et lui avait interdit de plus renouveler l’expérience. En 2015, il déclare s’être installé à Dubaï aux Emirats Arabes Unis où il travaille comme agent de sécurité. En congé au Cameroun en décembre 2017, il a voulu profiter de son séjour pour renouvelle la CNI sous le nom de Mekolo Eteme, les précédentes pièces ayant été retenues par le capitaine Samba, dit-il. Mal lui a en a pris.

Salaires réguliers

Le deuxième grief fort reproché à l’ex militaire est la perception indue d’un salaire de 175 mille francs viré à un certains Jean Louis Bayok à l’aide d’une fausse CNI établie avec l’identité présumé du bénéficiaire de ce salaire. Sur ce volet de l’affaire, l’accusé indique que le matricule solde au moyen duquel ce salaire était viré date de la même période que celui de Mekolo Eteme. Il lui a été attribué dans les mêmes circonstance que celui de Mekolo Eteme par son chef.

La dernière charge qui pèse sur la tête de l’ex militaire concerne le détournement présumé de la somme de 42 millions de francs. Pour sa défense, M. Poupoum Mangak raconte qu’il a été recruté dans l’armée en 2000. Mais le ministre de la Défense l’a radié de l’armée camerounaise le 17 octobre 2012. Selon lui, la décision le déshabillant ne lui jamais été notifiée. De ce fait, «il ne peut être considéré comme radié », clame-t-il. L’accusé en veut pour preuve le fait que son salaire continuait d’être viré. Si le montant cumulé des salaires perçus par le mis en cause s’élève à 42 millions de francs.

Le concerné conteste le mode de calcul opéré par l’accusation pour parvenir à ce résultat. Selon lui, ce montant englobe injustement les salaires qu’il a perçu avec le statut régulier de militaire de 2000 jusqu’à sa radiation. A ses yeux, ces salaires ne sauraient donc constituer un détournement de fonds publics. L’ex sergent indique que les salaires qu’il a continué à toucher après sa radiation s’élève à 14 millions de francs.

L’accusé que seul les 14 millions devraient être retenu comme perçu indûment. L’ancien sergent Poupoum Mangak est renvoyé en jugement pour s’expliquer sur le forfait déploré. Le juge d’instruction estime que le fait qu’on l’ait pris en possession des documents bancaires prétendument remis au capitaine Samba Effoudou démontre qu’il s’est fait établir de fausses CNI pour percevoir des salaires auxquels il n’avait pas droit. L’ex militaire qui n’a peut-être pas tout dit sur ce scandale comparaît au TCS le 19 novembre prochain.

Source: camer.be

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