Scandale sexuel: Clinton Njie bourreau ou victime ?

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La toile s’est embrasée le weekend dernier à la découverte d’une vidéo explosive mettant en scène l’international Camerounais Njié Clinton en plein ébats sexuels (disons-le comme ça) avec une jeune fille. Dans le jargon postmoderne ceci s’appelle une Sextape. D’où vient-elle, comment s’est-elle retrouvée sur les réseaux sociaux, à qui profite le crime? Des questions fusent d’emblée, alors même que la vidéo ébranle les puristes du sexe qui répugnent les déviances type fellation. C’est pourtant cette technique venue d’ailleurs qui sur ces images semble conduire notre footballeur droit…au but. Bon, laissons un instant l’expertise libidinale (pas de panique nous y reviendrons) pour nous intéresser aux sources cybernétiques.

Alors d’où vient cette vidéo ?

D’où vient cette vidéo ? A première vue du propre compte Snaptchat du footballeur si on s’en tient à la source. Faux, rétorquent les proches du joueur qui crient au piratage, au sabotage, à la manipulation. Ces derniers ne nient pas l’authenticité de la vidéo mais démentent formellement le fait qu’elle ait été publiée par le joueur.

Tout comme ils crient au fake pour ce qui est des supposés excuses qui s’en sont suivies, évoquant une mauvaise manipulation de l’ancien attaquant de Tottenham après une nuit arrosée en célébration de son nouveau contrat au Dynamo Moscou. Pas besoin d’un dessein. L’info claire et nette. Quelqu’un a manifestement voulu régler son compte au pauvre Clinton Njié alors même que ce dernier tente de relancer sa carrière. Mais qui donc et pourquoi ? Il faut aller chercher dans les fréquentations peu catholiques du jeune homme de 25 ans qui mord dans la vie à pleines dents, organise des partouzes dès qu’il a un espace, achète des faux permis de conduire et excelle dans les sorties nocturnes même en pleine compétition. Njié Clinton paie une fois encore le prix de son insouciance et de sa désinvolture qui ont déjà passablement plombé une carrière que l’on annonçait prometteuse. Voilà pour le réquisitoire, mais faut-il s’arrêter là ?

Faut-il bannir Njié Clinton ?

Faut-il porter le footballeur au bucher, le bannir de la sélection nationale, comme le suggèrent certains, le clouer au pilori parce qu’il s’enivre de plaisir en live? Peut-être ceci soulagerait notre conscience mais une fois chez nous, face à un miroir, posons-nous la question qui fâche. Sommes-nous si avares de ces fellations qui promettent le 7e ciel sans escale? N’en avons-nous pas fait des pratiques banales au point de les démocratiser à l’extrême? Que vaut encore une fille inapte à la fellation chez nos jeunes ? Combien de mâles saints d’esprit cracheraient aujourd’hui sur les services d’une experte en la matière? Et si on laissait pour un instant notre hypocrisie dans les vestiaires !

« J’aime le faire mais ceci doit rester dans un cadre privé, ça ne doit pas sortir », s’offusquait une jeune fille dans une agence de transport dimanche dernier à Douala. Avant d’avouer qu’elle a déjà été tentée de se filmer avec son petit ami en train de faire l’amour. Avant de concéder que ce dernier doit bien détenir une petite Sextape de leurs rapports amoureux. Le portail des camerounais de Belgique. En 15mn elle a ainsi confessé qu’elle a exactement fait comme Njié Clinton qui a simplement le malheur d’être une star du football. Elle a reposé avec acuité la dérive éthique que pose une civilisation postmoderne submergée par la folie de la communication ininterrompue, par l’hérésie du totalitarisme cybernétique.

Bourreau ou victime ?

Aujourd’hui, on se filme quand on se lève du lit, quand on mange, quand on boit, quand on se lave, quand on est malade, quand on danse, quand on rit, quand on pleure, quand on se couche, quand on…couche. Notre vie est devenue un film que l’on projette sur les réseaux sociaux en se délectant des téléréalités qui submergent l’univers médiatique. La communication n’est plus une modalité, un moyen, elle est devenue un but, une fin en soi. Tout se passe comme si nous vivons pour communiquer et non l’inverse. Immergés dans l’arraisonnement cybernétique, on s’épie, on se connecte, on s’enregistre. L’intimité vole en éclats, c’est le triomphe du voyeurisme. Qu’on se le dise, les Sextapes deviendront bientôt une banalité. Un objet de chantage permanent. Les hackeurs et autres cybercriminels ont de beaux jours devant eux.

Alors immoler l’un d’entre nous pour une dérive que nous savons collective résoudra-t-il le problème ? Ne faut-il pas dans un effort de lucidité s’interroger sur le sens que nous donnons à notre monde ? Résister aux ravages de la société postmoderne et de ses gadgets aussi fascinants qu’aliénants ? Réexaminer notre façon d’être au monde en donnant la primauté à nos valeurs fondamentales ? Si on repousse ces problématiques essentielles, à quoi ça sert de s’acharner sur un Njié Clinton ? Reprenons notre miroir et convenons de ce que ce mec n’est pas si éloigné de nous. Il est dans la chambre d’à côté. Mais non, il est même là, tout près, dans la même chambre que nous.

Source: camer.be

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