Sérail: Découvrez ces secrets que l’ex-PM Sadou Hayatou a emporté avec lui

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La récente disparition de l’ancien premier ministre Sadou Hayatou à Genève nous donne l’occasion d’évoquer la Tripartite que ce dernier avait dirigé sous la supervision et la coordination du chef de l’Etat Paul Biya. Alors que certains Camerounais exigeaient l’organisation d’une conférence nationale souveraine comme sous d’autres deux. Nous allons donc vous relater le déroulement de cette tripartite dont toutes les résolutions n’ont toujours pas été mises en œuvres?

Dès le mois d’avril 1991, les opérations « villes mortes », les émeutes et les manifestations s’étendent à l’ensemble du pays. Pour tenter de résoudre la crise politique, le président Paul Biya rétablit le poste de Premier ministre, annonce des élections et une réforme constitutionnelle. Devant l’ampleur des mobilisations, un état d’urgence de fait est instauré avec la création en mai 1991, de « commandements militaires opérationnels » pour pacifier le pays.

Le président Biya ayant annoncé les élections législatives pour le 16 février 1992, le Premier ministre Sadou Hayatou ouvre le 30 octobre 1991, la conférence tripartite gouvernement-opposition-société civile destinée à définir le cadre électoral et l’accès aux médias publics. L’opposition se divise entre les partisans du préalable d’une conférence nationale et ceux qui sont favorables à une participation immédiate à la compétition électorale.

L’étape de la construction d’un dialogue social : réalités et limites

Il faut dire que les efforts consentis aussi bien par l’opposition que par le gouvernement durant toute l’année 1991 les avaient épuisés. C’est pourquoi lorsque le chef de l’Etat annonce lors d’une déclaration radiodiffusée la tenue d’une « coordination tripartite, mettant aux prises le gouvernement, les partis de l’opposition et la société civile », cela apparait aux yeux de l’opposition comme l’occasion de jouer franc-jeu avec le gouvernement. C’est d’ailleurs ce qu’exprimait Hamadou Moustapha, premier vice-président de l’UNDP en ces termes :

Après la médiation du cardinal Tumi, ces acteurs regagnèrent la tripartite. Ainsi, après deux semaines de débats, c’est à la satisfaction de toutes les parties y compris l’aile dure de l’opposition, qu’allait être signés par quarante partis politiques la déclaration de la tripartite.

L’opposition acceptait ainsi la levée du mot d’ordre de villes mortes et de désobéissance civile auxquels devait suivre la reprise normale des activités ; En contrepartie, le gouvernement accepte de démilitariser les zones sous contrôle de l’opposition, de réhabiliter certaines figures historiques du pays et de fixer un moratoire pour les commerçants victimes de villes mortes.

Au demeurant, c’est un régime beaucoup plus confiant qui sortit des assises de la tripartite. Elles marquaient malgré tout une étape importante dans le processus de transition démocratique au Cameroun car, c’est au cours de cette conférence que le gouvernement donna l’estocade à une opposition visiblement essoufflées par plus d’un semestre de villes mortes et qui ne savaient plus comment s’en sortir.

C’est aussi à l’occasion de cette rencontre que le RDPC posa les jalons de sa stratégie pour les élections législatives et pour l’élection présidentielle de 1992.La tripartite confirme aussi la prééminence du chef de l’Etat sur les travaux car c’est lui qui, bien que ne participant pas directement, organise tout par l’entremise de ce que Zébazé appelle « le premier ministre de façade ». Ainsi, les élections pluralistes qui suivirent la tripartite constituèrent l’enjeu réel de la transition démocratique au Cameroun.

Biya rejette la conférence nationale et accorde la tripartite

Après avoir déclaré la conférence nationale souveraine, réclamée par la Coalition de l’opposition, «sans objet» pour le Cameroun, le Président BIYA, resté maître du jeu, a organisé une conférence tripartite Pouvoir-Opposition-Société civile.

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