Sérail: voici ces raisons qui ont poussé Kamto à reprendre les manifestations

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Dans un communiqué publié en date du 5 octobre, le leader du MRC invite ses militants à se préparer pour d’autres luttes pacifiques.

La reconnaissance

La note s’ouvre par des remerciements. Maurice Kamto dit sa gratitude à l’endroit des avocats, des partis politiques et autres organisations internationales qui ont œuvré, chacun à sa manière, en faveur d’un règlement concerté et inclusif des crises multiformes qui secouent le Cameroun, ainsi que pour sa libération immédiate et sans condition. Comme on pouvait s’y attendre, il adresse un message de compassion à l’endroit de tous les militants du MRC qui ont subi des mois d’emprisonnement doublés des atteintes graves à leur dignité par le régime de BIYA pour avoir suivi les marches de protestation dans les rangs du MRC.

« Nous leur disons notre admiration et toute notre affection. Qu’ils sachent que leur sacrifice n’aura pas été vain et que grâce à leur combat et leur résistance, nos compatriotes ont désormais pris la mesure de ce qui est à l’œuvre dans notre pays. » Peut-on lire. Et de renchérir que « la lutte politique pacifique n’en est qu’à ses débuts, et que nous comptons sur eux pour préparer les victoires de demain. »

Le combat continue…

Maurice Kamto relève que l’arrêt des poursuites dont lui et une centaine d’adhérents de son parti ont bénéficié, ne semble pas avoir réglé la situation de tous ses camarades détenus. En réalité tous n’étaient pas poursuivis devant les tribunaux militaires ; il y en a qui avaient été traduits devant les tribunaux civils. D’aucuns y ont même déjà été condamnés à des peines d’emprisonnement ferme.

Ce qui n’a rien pour arranger le Président du MRC. A lui en croire « Tant que les charges retenues contre eux n’ont pas été abandonnées et que les condamnations prononcées contre les autres ne sont pas annulées, aucun d’entre nous ne sera libre et la lutte se poursuivra jusqu’à leur libération. » A l’évidence, Maurice est décidé à prendre la rue à nouveau. En précisant que « Notre combat vise l’émancipation de l’ensemble des populations camerounaises » il invite ces dernières à se joindre à lui dans cette cause.

Le piège

L’arrêt des poursuites prononcé à l’endroit de Maurice Kamto et ses alliés a été autant surprenant que suspect. Le leader politique explique qu’il a été fait en vertu des articles 13 et 14 du code de Justice Militaire, dont l’alinéa 3 du dernier article laisse la possibilité de reprendre les poursuites à tout moment contre lui et les siens. Mais il prévient si « le régime en place veut faire planer une épée de Damoclès sur nos têtes et faire taire les revendications qui ont conduit à notre arrestation arbitraire et notre détention illégale, ce serait une erreur. La crise politique née à la suite de l’élection présidentielle de 07 octobre 2018 reste. »

Il peut alors faire le répertoire des revendications pour lesquelles la force alternative majeure de l’environnement politique au Cameroun battra le pavé. Il s’agit de « L’urgence de solder le passif de cette élection, l’impératif d’une reforme consensuelle du système électoral, afin d’éviter de nouvelles crises post-électorales à l’venir. Cette réforme consensuelle doit intervenir avant toute nouvelle élection, comme le demande la quasi-totalité des acteurs politiques nationaux (y compris ELECAM), la communauté internationale, et comme le commande le bon sens. »

Ils militent également pour une garantie des libertés publiques et des droits humains fondamentaux. « Nous nous ne nous accommoderons jamais du fait qu’un seul Sous-préfet puisse décider tout seul par un acte réglementaire le plus bas dans la hiérarchie des normes juridiques au Cameroun, à faire échec à des droits et libertés garantis par la Constitution et les instruments juridiques internationaux auxquels le Cameroun est partie, notamment la liberté de réunion et de manifestations pacifiques » se remémore-t-il avec indignation.

La garantie de l’indépendance de la justice et de la renonciation à l’instrumentalisation de cette justice à des fins politiques figure dans le chapelet des revendications du MRC. Alors qu’il était en détention, il indique avoir suivi avec beaucoup d’intérêt les propositions faites par le Sultan MBOMBO NJOYA courant le Grand Dialogue National. « Elles nous paraissent de sagesse et de bon sens, parce qu’elles permettent de jeter les bases d’une République nouvelle aux fondations démocratiques mieux assurées. » explique-t-il.

Relaxés le 5 octobre dernier, les officiels du MRC se disent désormais disposés à créer les conditions pour des discussions sur le volet politique des crises multiformes qui affectent notre pays, pour autant que le pouvoir en place ne s’enferme pas dans son indifférence habituelle. Une attitude qui poussera sans doute le parti à user des méthodes fortes.

Source: cameroonvoice.com

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