Sérail: voici le nouveau champ de guerre entre Kamto et René Sadi

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Après ses camarades du parti au pouvoir (Jean Kuete, Secrétaire Général du Comité Central du Rdpc et Jacques Fame Ndongo, Secrétaire national à la Communication du même parti) c’était au tour du ministre de la Communication (MINCOM), René Sadi, de réagir vendredi à la sortie du Pr. Maurice Kamto, mercredi, sur la radio française RFI.

La montée au créneau du MINCOM et porte-parole du gouvernement avait pour but de dénoncer ce qu’il considère comme l’ingratitude de l’ancien candidat à la présidentielle de 2018 à l’égard de son patron, Paul Biya, président de la République, qui a dernièrement pris une mesure d’abandon des poursuites contre certains militants et responsables du MRC, rendant ainsi possible la libération de son opposant et de ses millitants et alliés, incarcérés depuis janvier pour avoir dénoncé [sans autorisation] le hold-up électoral dont ils disaient avoir fait l’objet.

En effet, dans son entretien avec la journaliste Carine Frenck de RFI, Maurice Kalto a refusé formellement de mettre sur le compte d’un quelconque geste de magnanimité présidentielle sa libération et celle de ses amis politiques et alliés, même s’il remarque que Paul Biya aurait bien pu ne pas décider de l’abandon des poursuites. Autrement dit, il fait valoir le fait que leur liberté leur était due, dans la mesure où leur arrestation et incarcération se sont faites de manière respectivement arbitraire injuste.

Bien plus, le leader du MRC a retoqué les conclusions du Grand Dialogue National, qu’il estime avoir été initié tardivement et n’avoir par ailleurs résolu aucun problème de tous ceux à l’origine des multiples crises qui tenaillent le Cameroun. Et pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, l’homme qui avait annoncé sa victoire à la présidentielle de 2018, 24 heures seulement après le scrutin, a exigé une réforme du système électoral et annoncé la poursuite du Plan de “Résistance Nationale” qui avait conduit à son arrestation et à celle de plus de 600 personnes entre janvier et juin derniers.

Même si bon nombre de ses partisans jugent le ton de l’Agrégé de Droit plutôt modéré, voir timoré, par rapport à leurs attentes et leur volonté d’en découdre le plutôt possible avec le régime du président Biya, les propos du Pr. Kamto, pas visiblement éloignés des positions de la communauté internationale, ont choqué le ministre Sadi au plus haut degré, d’où la cinglante réaction vendredi, du membre du gouvernement sur les antennes de la radiotélévision gouvernementale, CRTV.

Le ministre de Biya met en garde le “président élu” contre « Cette sempiternelle posture de fier à bras qui frise au bout du compte l’impudence et la forfanterie »

Monsieur Sadi a ainsi dénoncé « Les réactions des autres bénéficiaires en l’occurrence celles de certains responsables du Mrc », qui « nous ont semblé quelque peu ambiguës comme on l’a d’abord remarqué à travers leurs déclarations, notamment celle toutes récente de Monsieur Maurice Kamto dans une interview à Radio France Internationale. ».

« Mais rassurez-vous, dit-il, nous n’avons guère été surpris par les propos de Monsieur Kamto lors de cette interview. Il s’inscrit manifestement dans une logique qui est la sienne et celle se des partisans, peut-être pas tous, depuis la proclamation de l’élection présidentielle, une logique de l’extrémisme, du jusqu’auboutisme, de la radicalisation prônée sur la revendication d’une prétendue victoire due. Une victoire qui nous le savons, et ils le savent aussi, ne pouvait pas être remportée, je l’ai dit mille et une fois, à moins d’un miracle, qui évidemment n’a pas eu lieu. Nous n’avons donc pas été surpris mais comme je viens de vous dire, par ces propos. Pourtant, on ne peut ne pas regretter cet entêtement. Cette sempiternelle posture de fier à bras qui frise au bout du compte l’impudence et la forfanterie au point d’agacer nombre de nos concitoyens. ».

Halte à l’”ingratitude”

Le porte-parole du gouvernement affirme d’ailleurs qu’« Il est vrai que on ne s’attendait pas outre mesures à des épanchements de reconnaissance par le Mrc à la suite des mesures de clémence du président de la République mais la moindre bienséance commandait qu’à défaut d’exulter qu’on exalte un tant soit peu un acte souverain et magnanime du chef de l’Etat qui participe d’une réelle volonté d’apaiser et de sa détermination à donner tous ses sens au retour d’une paix et d’un stabilité définitives au Cameroun. ».

Et René Sadi, moralisateur, de conclure que « Vu sous cet angle, il me semble que Kamto et certains va-t-en-guerre parmi ses partisans n’ont pas su prendre toute la mesure et saisir le sens profond de la clémence présidentielle que pourtant l’opinion nationale et l’opinion internationale a saluée à juste titre et l’important de notre point de vue c’est cette clameur de cette satisfaction que l’on a perçue à l’intérieur comme à l’extérieur avant et après le grand dialogue national ».

Source: cameroonvoice.com

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