Succession de Biya: ‘les descendants’ d’Ahidjo se réveillent enfin

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Les guerres de positionnement pour la succession du chef de l’Etat sont apparemment ouvertes et virulentes entre des groupes d’intérêts. Ces belligérances se sont amplifiées depuis la présidentielle d’octobre 2018, remportée haut la main par Paul Biya. L’on assiste, visiblement à l’avènement de deux camps qui semblent s’opposer farouchement sur l’espace.

D’un côté, les sardinards, réputés être les supporters de Paul Biya et de l’autre, les tontinards qui s’affirment comme des partisans des adversaires politiques du Chef de l’Etat. Mais, aussi engagés qu’ils soient, les deux camps semblent oublier que d’autres composantes moins bruyantes et plus organisés, s’intéressent eux aussi et davantage au pouvoir.

C’est d’ailleurs ce que vient de leur rappeler un patron de presse réputé au Cameroun. De sources crédibles, Guibaï Gatama, directeur de publication du trihebdomadaire L’œil du Sahel, se serait moqué de la bataille rangée entre les groupes susmentionnés. La lutte acharnée que se livrent tontinards et sardinards pour la conquête du pouvoir me fait penser à des passagers d’un avion se disputant les sièges sans se soucier du commandant de bord.

Et le DP de continuer pour préciser que le commandant de bord, entendu sur le plan, politique est le Grand Nord. Et de conclure que sans Commandant de bord, quel avion peut décoller en toute assurance ? Faut-il être un divin pour comprendre que le très introduit Guibaï Gatama voudrait soutenir que pour prétendre accéder au pouvoir du Cameroun, il faut absolument composer avec le septentrion qui est un poids électoral des plus importants (avec près de la moitié de l’électorat du pays,) ou alors qu’un fils de cette partie du pays pourquoi pas, voudrait lui aussi et encore diriger le Cameroun, après Ahmadou Ahidjo ?

Cette déclaration du DP est loin d’être anodine. Elle montre clairement que les populations des régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême nord sont conscientes des enjeux de l’heure, mêmes si elles ne se manifestent pas ouvertement pour le moment.

L’auteur de ces propos est d’ailleurs bien placé pour faire passer le message de manière insidieuse. Originaire du Septentrion, Gatama est au fait des ambitions de la classe politique de cette partie du pays. Celui que l’on surnomme ‘la voix du grand nord » est suffisamment introduit pour savoir que l’élite du septentrion entend peser de tout son poids dans la succession de Paul Biya.

Ce que pense Gatama reflète, sans détour, la position actuelle de cette partie du pays. Le grand nord est en embuscade. Il entend jouer le commandant de bord dans ce jeu politique. ET il en a d’ailleurs les capacités, puisque sur le plan électoral, il a des arguments solides. Depuis des décennies, son choix politique est porté sur le président Paul Biya. Le président de la République y a d’ailleurs raflé la grande majorité des votes en octobre dernier, nonobstant le théâtre de certains candidats fabriqués par le pourvoir, comme Garga Haman Adji, lui aussi originaire de la région.

La voix du Grand Nord montre également que le rôle que les ressortissants de ces localités entendent jouer se fera sans tam-tam, ni tambour. Ils observent de manière sereine, et un brin amusé, les agitations du Grand Sud sachant que leur stratégie comptera dans le jeu. En somme, et même si cela n’est pas encore perceptible grâce à leur réserve légendaire, les ressortissants du Grand nord se positionnent déjà comme des acteurs incontournables de la succession de Paul Biya. Tontinards et sardinards sont prévenus.

Source: Infos Matin N°365

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