Tribunal militaire: voici pourquoi Maurice Kamto annonce un boycott de son procès

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Le 29 août dernier, la cour d’appel a confirmé l’ordonnance rendue par le tribunal de première instance. Le Mrc s’était pourvu en appel pour attaquer la compétence du tribunal militaire à juger Maurice Kamto et ses coaccusés. Après ce verdict rendu par le magistrat Shilik, Bibou Nissack, porte-parole du Mrc, annonce une bataille judiciaire devant la cour de cassation.

En attendant, le procès de Maurice Kamto devrait s’ouvrir vendredi 7 septembre prochain au tribunal militaire de Yaoundé. Cette actualité qui fera à coup sûr les choux gras de la presse, a quelque peu occulté la condamnation à trois (03) ans de prison ferme des militants du Mrc impliqués dans la mutinerie du 22 juillet dernier à la prison centrale de Yaoundé. Arrêté il y a 7 mois avec certains de ses lieutenants alors qu’il tenait une réunion privée à Douala, le leader du Mrc a été déporté à Yaoundé.

Maurice Kamto qui protestait contre un prétendu hold-up électoral, risque de connaitre les foudres d’un système qu’il a contribué à asseoir. C’est lui l’inspirateur du nouveau code de procédure pénale. En démissionnant du gouvernement en 2011, Maurice Kamto s’est lancé dans une carrière politique diversement appréciée. L’entrée en vigueur en 2014 d’une loi anti-terroriste pourrait faire peser sur lui les chefs d’accusation d’insurrection et d’hostilité envers la patrie, passibles de la peine maximale. Le conseil de Maurice Kamto annonce un boycott de l’audience devant le tribunal militaire.

Inférant qu’un civil ne saurait être jugé par ce tribunal d’exception à la lumière des conventions internationales ratifiées par le Cameroun. Pour certains exégètes du droit, ce n’est pas la qualité du civil qui disqualifie le tribunal militaire. Un civil qui commettrait par exemple un braquage avec usage d’une logistique militaire, tombe du coup sous de la compétence du tribunal militaire.

Bien plus, la loi anti-terroriste est suffisamment dissuasive et confère des pouvoirs extensibles au juge militaire dans l’interprétation des infractions. Entre droit de grève et droit de glaive, un juriste chevronné est aujourd’hui à la merci d’une loi lourde de conséquences sur son avenir politique. La stratégie de boycott des audiences pourrait être contre productive.

Maurice Kamto et son conseil devraient comparaître et exposer à la face du monde, tous les arguments de poids qui le dédouaneraient en confortant la thèse d’un acharnement judiciaire. Le 7 septembre prochain, au cas où la cour suprême ne viendrait pas à se prononcer, Maurice Kamto et ses coaccusés devraient faire face à la maxime :‘‘La loi est dure, mais c’est la loi’’.

Source: L’Independant No 459

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