Voici Comment et où la Fécafoot a obtenu le scalp de Thomas Libiih

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Après la déconfiture de la sélection nationale Cadets à la Coupe du monde de la catégorie qui se dispute au Brésil, l’entraîneur et tout l’ensemble du staff ont été remercié par décision du président de la Fédération camerounaise de football, hier mercredi 6 novembre. Décryptage.

On le savait sur un siège éjectable avant même le début du stage d’acclimatation de la sélection nationale des moins de 17 ans en terre brésilienne. Thomas Libiih n’était plus en odeur de sainteté avec ses employeurs, aux premiers rangs desquels la Fécafoot dont l’exécutif n’appréciait guère ses prises de position, sa liberté dans le management du groupe dont il a la charge depuis deux ans et son franc-parler qui tranchait avec l’attitude de certains de ses collègues entraîneurs, habitués à faire des salamalecs pour préserver leur poste. Froid comme un glaçon et homme de principes, le désormais ex sélectionneur des bébés Lions, savait pertinemment que quel qu’en soit l’issue de la participation du Cameroun à ce Mondial, il fallait un miracle pour qu’il conserve son trône. Il l’a d’ailleurs révélé mardi dernier dans une interview qu’il accordé à nos confrères du magazine Lion indomptables. Interrogé sur ses craintes quant à son avenir au sein de cette sélection, Libiih a tranché dans le vif.

« C’est le dernier de mes soucis. Je travaille dans les sous-quartiers de la République avec des gamins sans contrepartie. Je ne suis pas payé. J’ai 430 jeunes, 5 équipes en Ligue. Je me bats pour le football car le football m’a tout donné », a-t-il lâché.

Et ce qui devait arriver, arriva ! Dans un communiqué signé de Seidou Mbombo Njoya, après consultation du bureau du Comité exécutif, l’instance faîtière du football camerounais a décidé de se séparer du technicien et de tout l’ensemble de son staff. Donc, outre Thomas Libiih, l’entraineur des gardiens de but Thaddee Owono Foe et Olivier Nankam Fammegne en charge de la préparation physique sont concernés. La mesure touche aussi Bernard Didias, Andre Florentin Ekani Ekani et Lucien Mettomo. Ils sont respectivement médecin, kinésithérapeute et team manager de l’équipe.
Le cauchemar de l’après Can 2019 Pour motiver cette décision prévisible, le président de la Fécafoot brandit d’une part la sortie prématurée de la sélection nationale masculine U-17 du Cameroun à la Coupe du monde Brésil 2019 et d’autre part, « le refus de l’acte d’adhésion à la Charte des sélections nationales de football . Des raisons brodées de fil blanc pour maquiller le plan ourdi pour débarquer l’infortuné qui n’a jamais voulu faire allégeance à la nouvelle équipe dirigeante à Tsinga en jouant les béni-oui oui. C’est à croire que Mbombo Njoya et ses comparses du Comité exécutif n’ont jamais voulu que le Cameroun réalise un parcours honorable à cette compétition. Eux qui n’attendaient que la moindre incartade pour se débarrasser de l’entraîneur qui a longtemps soufflé le chaud et le froid avec cette équipe. Le pathétique épisode de l’après Coupe d’Afrique des nations (Can) 2019, en est une parfaite illustration. De retour au pays avec le trophée de la compétition, Steve Mvoue et ses camarades avaient vécu le martyr. Après avoir été portés en triomphe, présentés au défilé et partagés une poignée de main avec le Chef de l’Etat au palais de l’Unité le 20 mai, les héros de Dar es Salam ont été expulsés de leur hôtel de Yaoundé comme des malpropres. Que dire de leurs encadreurs, obligés d’esquiver le regard des journalistes qui avaient investi la cour de cet établissement hôtelier situé au lieu-dit – Nouvelle route Omnisport » dans le 5e arrondissement de Yaoundé ?

La malédiction des primes

Après avoir porté haut les couleurs du Cameroun lors de la grand’messe continentale en terre tanzanienne, les pauvres bon. hommes étaient victimes du mépris des dirigeants camerounais. Au banc des accusés, la Fécafoot et le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) qui n’ont trouvé mieux que de parader avec le trophée plutôt que de récompenser comme il se doit, les artisans de ce sacre avec lequel le gotha politique ne cesse de célébrer son champion Paul Biya. Sevrés de repas, de primes et de liberté, le groupe qui a valeureusement représenté le Cameroun à ce tournoi, ressemblait à une bande de gamins abandonnés à la belle étoile. Pour tenter de laver son honneur la Fécafoot et le Minsep avaient décidé de jouer les pères consolateurs en octroyant une modique somme en guise de primes de podium, au mépris de la réglementation en la matière. Les cris d’orfraies de l’équipe, les pétitions doublées de la campagne de dénonciation des médias, n’avaient pu rien changer. Et comme un cauchemar qui se répète, l’affaire des primes a refait surface au Brésil. Si les joueurs n’ont pas eu le cran de dénoncer ce management à la petite semaine de peur des représailles, Libilh, lui, n’a pas gardé sa langue dans la poche.

Tout le monde est au courant de ce qu’il se passe mais personne ne veut se prononcer. Je suis toujours le bouc-émissaire car j’arrive à dire un certain nombre de choses. Dans quelques temps, je déciderai si je m’arrête ou si je continue car c’est délicat de gérer des gamins et d’être confronté à de multiples difficultés sur tout dans ce domaine. Toutefois, le regret est ailleurs. Il n’y aucune politique, aucune organisation. C’est très embêtant, regrette le technicien qui nourrit quelques regrets. Notamment au niveau de la préparation ou l’équipe n’a pas eu l’occasion de se frotter à des adversaires de grands calibres qu’il fallait pour pouvoir atteindre le haut niveau.
Source:https://actucameroun.com/2019/11/10/comment-la-fecafoot-a-obtenu-le-scalp-de-thomas-libiih/
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