Voici Comment les filles d’Akonolinga envoûtent les hommes avec la tête du KANGA

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La belle histoire du Kanga : Extrait du texte original manuscrit de l’Histoire du Nyong et Mfoumou.

A Akonolinga, Il y a un carrefour KANGA
A Ayos, il existe chaque année un festival des arts et de la culture avec une élection » Miss KANGA »
Depuis 3 ans le groupe Nyong et Mfoumou online organise une élection MISS KANGA ONLINE
Les joueurs de la « Foudre sportive », l’équipe de football du Nyong et Mfoumou, se font appeler » Les KANGA boys »
Dans leur chanson la plus célèbre, »Essingang », les Têtes brûlées parlent des KANGA d’Akonolinga
Les filles d’Akonolinga ont une vieille réputation d’envoûter les hommes avec la tête du KANGA,; elles en font des philtres, dit-on
Les emblèmes de certaines de nos Communes ont pour principal symbole le KANGA
Il y a même un journal qui se fait appeler KANGA INFOS
Le KANGA, c’est la mascotte du Département du Nyong et Mfoumou
Qui dit Akonolinga dit KANGA
Jamais un poisson n’a été aussi célèbre et ne s’est aussi assimilé à toute une contrée…Mais savons- nous :
_ D’où vient le KANGA ?
_ Quand et par qui a-t-il été introduit dans le Nyong ?
_ De qui tient-il son nom ?

L’on ne trouvera dans aucun dictionnaire ichtyologique ( qui parle des poissons) ou encyclopédique ou ordinaire un terme français désignant un poisson appelé KANGA. Le seul paronyme (mot qui a à peu près la même prononciation) qu’on peut lui trouver est le mot » kangal », venu de la langue turque et désignant un chien puissant et de forte taille.

D’où est donc venu le KANGA, ce poisson à écailles brunes, à la chair blanche et aux graisses savoureuses qui jaunissent à la cuisson ? D’où est venu ce poisson, l’un des rares ayant un gésier, mais aussi l’un des plus gros et les plus longs du Nyong ? Ce poisson dont raffole tant de monde et qui est devenu l’emblème même du Nyong et Mfoumou ?

En 1960, au bénéfice d’un stage professionnel de 9 mois en France et au Pérou, après lequel il devint spécialiste des pêches maritimes, Martin Akono Akama (un Yebekolo d’Ayos, premier infirmier vétérinaire de la subdivision d’Akonolinga, qui affecté au Nord et ayant épousé des musulmanes prit le prénom d’Ibrahima) s’aperçut au Pérou que, dans les mêmes conditions d’eau douce et de climat, il y avait un poisson dont la chair exquise servait à la fabrication d’une farine utilisée pour les bouillies et les saupoudrages.

L’on en fabriquait aussi du beurre et ornaient des chaussures et des sacs avec les écailles. Il pensa à l’importer au Cameroun pour l’introduire dans le cours du Nyong d’Ayos. Mais à cette période au Cameroun, il n’y avait pas encore un ministère qui s’occupât des pêches et des industries animales. Il y avait un ministère de l’élevage, dès le gouvernement du 18 juin 1959, tenu par Pierre Ngayewang et un secrétaire d’État à l’élevage, dès le gouvernement du 14 juillet 1964, en la personne de Yadji Abdoulaye, qui tint ce poste jusqu’au gouvernement du 3 juillet 1972.

De retour au pays, Akono Akama en informa Maikano Abdoulaye qui était proche et très écouté du Président Ahmadou Ahidjo. Maikano lui répondit que le projet était très coûteux, mais qu’il pouvait le faire adopter par le Président de la République, à condition qu’il fît un rapport qui montrât que ce poisson pouvait aussi être introduit dans la Bénoué. Cela fut fait et le président Ahidjo accepta rapidement le projet, surtout que le Nord, sa région d’origine, allait en bénéficier. Un opuscule de 10 pages sur le poisson fut réalisé et déposé au ministère de l’élevage. Une expédition fut organisée pour la réalisation du projet en 1963. Les alevins arrivèrent au Cameroun dans des citernes spécialisées qui avaient au-dessus des dispositifs de ventilation et d’alimentation.

Ils mesuraient entre 7 et 20 cm. Les citernes, dotées de hublots transparents à travers lesquels on pouvait voir les alevins, furent acheminées par 3 camions à Ayos et furent déposées dans la cour de la grande maison d’Akono Akama Martin. Le lendemain, les camions retournèrent à Douala ( Youpé) et ramenèrent 4 pirogues à moteur. Les alevins furent transvidés dans des bocaux conditionnés. Ils furent progressivement jetés dans le Nyong depuis le cours d’Ayos jusqu’à Akonolinga, sur une distance de 7,5 km. C’était fin 1963. La même expédition fut effectuée pour aleviner la Bénoué et le logone.

En 1964, les pêcheurs attrapèrent les premiers poissons avec pour consigne de jeter les fretins dans le fleuve ou de les apporter au service des pêches, moyennant quelque rémunération. Quand ils avaient été nombreux, ces petits poissons étaient encore jetés dans le Nyong. Akono Akama amena le Gouvernement à offrir des filets aux pêcheurs par le biais des chefferies traditionnelles. Lui-même fit installer un filet de 30 m dans le Nyong (à Ebabodo); mais ce filet fut déchiré par 3 caïmans qu’il attrapa.

L’administration autorisa Pierre Akamba Salla et Luc Samba, qui avaient des fusils de chasse, de les abattre. La viande fut partagée aux chefs traditionnels et aux autorités administratives. L’on plaça un autre filet qui fut également endommagé par 2 caïmans. Akono Akama fit alors recruter par l’Etat des pêcheurs venus de Youpé (Douala) pour réparer les filets et apprendre à en tisser aux pêcheurs d’Ayos. l’État distribua aussi 15 filets de pêche à des chefs traditionnels des villages situés sur les berges du Nyong. Ces filets pouvaient être empruntés par les pêcheurs lors des pêches et étaient restitués après. Le poisson, très vorace et très prolifique, colonisa alors tout le cours du Nyong, d’Ayos à Akonolinga. Il dépeupla presque le « Ndôl » dont il est un grand prédateur.

Comme il n’avait pas de nom, la population l’appelait d’abord « kos mang » (poisson de mer). Son nom actuel vint de sa cherté. En effet, le nouveau poisson, qui était plus gros que tous les poissons existant alors dans le Nyong, coûtait entre 200 et 300 frs. C’était trop cher. Or le prix des filets des autres poissons ( Salla, Ndoumba, Ngol, Mvas,Mvong, Ebayok, Etetap, Elem…) qui abondaient dans le Nyong oscillait entre 50 et 100 frs. Ainsi, quand il était proposé aux gens, ceux-ci répondaient ironiquement qu’ils n’étaient pas KANGA Victor, qui était alors Ministre des Finances; une façon de dire qu’ils n’étaient pas assez riches pour s’en procurer. Progressivement, le fameux poisson prit le nom » KANGA ». Une visite du ministre des finances dans le Nyong et Mfoumou, en 1966, consacra le nom du poisson.

La couleur brune des écailles du Kanga est due à son adaptation au milieu. A son introduction dans le Nyong, ses écailles n’étaient pas très foncées. Pour la même condition d’adaptation au milieu, son cousin de la Bénoué possède des écailles blanchâtres ; celui du logone a en plus des points bruns sur les écailles.

Ibrahima (Martin) Akono Akama de qui nous devons le célèbre poisson mourut, inconnu et à la retraite, le 28 novembre 1978 à Ayos. Il fut inhumé près de sa maison, au lieu dit « Mbang » (quartier Ebabodo), à quelques mètres du Nyong.

Qui est KANGA VICTOR ?
Kanga Victor était un Bamiléké originaire de Bafang, dans le département du Haut Nkam.
Dans le gouvernement du 20 février 1958, le premier qu’il forme, Ahidjo nomme Fouda André (son ami) Ministre des Affaires Économiques, alors que Assalé Charles est nommé Ministre des Finances. Il le maintiedra Ministre de l’Economie Nationale dans les gouvernements du 18 juin 1959 et du 10 septembre 1959, pour le remplacer par Kanga Victor dans le gouvernement du 20 octobre 1961.

Kanga Victor est maintenu dans le gouvernement du 23 avril 1963. Dans le gouvernement du 1er juillet 1964, il est remplacé par Simon Pierre Tchoungui, pour être le tout premier Ministre des Finances, du Plan et de l’Equipement National, puis Ministre des Finances dans le gouvernement du 25 mai 1965, avec la création du Ministère des Affaires Économiques et du Plan, tenu par Daniel Masuké, lequel avait un ministre auxiliaire en la personne de Victor Ateba. Dans le gouvernement du 28 juillet 1966, Victor Kanga est nommé Ministre de l’Information et du Tourisme ; il est remplacé par Simon Nko’o Etoungou, qui lui-même sera remplacé dans le gouvernement du 15 janvier 1968 par Aloys Medjo me Zengue (un Yebekolo de Ndellé, le premier à être ministre dans le Nyong et Mfoumou). Il quitte définitivement le gouvernement dans ce gouvernement du 15 janvier 1968, remplacé par Fokam Kamga. Il finit par être un prisonnier politique, suite à ses démêlés avec Ahidjo. Il vécut longtemps en résidence surveillée après sa libération. Il mourut, fatigué, à Bafang et y fut inhumé.

Majesté Valentin ELANGA ENGOULOU, Musée d’Histoire de Sololo

Source: 237online.com

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