Voici comment Paul Biya a détruit ‘le rêve camerounais’ avec le FMI

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Le FMI est devenu en quelque sorte ‘la drogue’ du Cameroun avec ses innombrables programmes et ses ‘facilités de crédit’ en appui à l’économie du pays. Et pourtant à une époque, Biya était l’instigateur du rêve camerounais. « Le Cameroun peut se suffire, ‘Nous n’irons pas au FMI’ » prononcé en 1987 n’a pas fait long feu. Un an après ce discours, le pays se rallie à un programme structurel du FMI. Ce que les experts nomment la débâcle du Cameroun. Une histoire que L’hebdomadaire panafricain JeuneAfrique retrace avec subtilité dont voici l’extrait.

1987-1988
Le premier échec

Certains la vivent encore comme une trahison. Pourtant, quand Paul Biya prononce devant les députés, le 20 juin 1987, la phrase ‘Nous n’irons pas au FMI’, il est applaudi. Depuis l’indépendance, le Cameroun d’Ahidjo a appliqué un libéralisme dit planifier, dans lequel l’Etat conserve une forte emprise sur une économie menée à coups de plans quinquennaux. Celle-ci a permis au Cameroun de mieux passer la crise pétrolière der 1973 que ses voisins. Mais les temps difficiles commencent au milieu des années 1980. Cacao, café et coton ont subi une baisse de près de 65% de leur valeur, et le pétrole voit ses cours chuter.

¨Paul Biya a soif de rupture Il publie en 1987 pour le Libéralisme communautaire, livre dans lequel il expose ses ambitions. L’idée était de promouvoir davantage de justice sociale et de mettre de l’ordre dans la gestion des affaires publiques, se souvient un économiste camerounais. En d’autres termes, explique un ancien de la présidence : ‘Il voulait faire passer l’idée que l’Etat n’était plus une vache à lait.’ ‘Mais le président ne souhaitait pas que les mesures d’austérité paraissent imposées par l’étranger’, ajoute-t-il.
« Il fallait conserver cette fierté qu’avaient les camerounais d’avoir mieux traversé la crise que leurs voisins, ‘ explique un économiste. Paul Biya voyait d’un mauvais œil une soumission au FMI, confie un proche du palais d’Etoudi.
Mais malgré le lancement d’un programme d’assainissement, les résultats ne suivent pas et la promesse du président vole en éclats. En septembre 1988, le Cameroun entre dans un programme d’ajustement structurel du FMI. C’est peut-être le premier échec de Biya, constate un opposant. On a vu la fin du modèle camerounais et le réveil a été douloureux.

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