Voici Comment Paul Biya ‘porte malheur’ au Sultan des Bamoun

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Le sultan des Bamoun est au centre de tous les débats depuis qu’il a publié un document relatif à la mobilisation des militants du Rdpc en vue d’un meeting grand public pour se démarquer des comportements de la « Bas ».

C’est un ami personnel du chef de l’Etat, l’un des conseillers les plus officieux, ancien membre du gouvernement et autorité traditionnelle, il est chef de la délégation permanente régionale du Comité Central du Rdpc. En date du 15 juillet 2019, il a saisi les chefs de délégation permanente départementale du Comité Central de l’Ouest pour la tenue d’une rencontre politique qui doit se tenir ce week-end à Bafoussam, chef lieu de la région de l’Ouest.

Il s’agit d’un « rassemblement pour le respect des institutions, la cohésion nationale et la paix » ayant pour but de « dénoncer les atteintes aux institutions républicaines dont le Président de la République, tous les discours de haine tribale et promouvoir la cohésion nationale et la paix ». Un meeting où plus de 6 000 personnes sont attendues. Mbombo Njoya envoyait copie du document au Président du Sénat Marcel Niât Ndjifendi, Jean Kuete, Secrétaire général du Comité Central du Rdpc et au gouverneur de la région de l’Ouest.

A peine l’information s’est retrouvée sur la place publique que le sultan des Bamoun se fait bouffé dans toutes les sauces. L’opinion est divisée sur la question. D’abord Patrice Nganang qui invite l’organisateur de cette rencontre à revoir sa posture. Selon l’écrivain Mbombo devait tenir son meeting dans son Noun natal. Ce qui a suscité un tolet au sein de la communauté des grasfields. L’on croit alors que la notabilité Bamoun s’est fourvoyée en trempant dans la politique et pourtant il est connu depuis belle lurette les rapports qui existent entre l’élite du Noun et le pouvoir en place.

Une histoire d’amour qui n’est un secret pour personne au moment où il est souhaité une sorte de démarcation du pouvoir traditionnel avec le politique. Difficile d’assister au divorce entre les deux car que ce soit dans le Noun, ou dans le reste de l’ouest, les chefs traditionnels sont pieds et mains liés avec la chose politique. Ils peuvent donc être ministres, sénateurs, députés ce qui semble diluer leur pouvoir et leur aura auprès des populations.

Le côté sacré et mystique du trône étant galvaudé, certaines langues décident de cracher du venin sur le sultan des Bamoun qui, reçoit aussi en retour les soutiens des ressortissants du Noun. Lesquels ne manquent pas de rappeler que les deux peuples n’ont pas le droit de se livrer des batailles car« Yende 1er fondateur des Fèssep était le grand frère de Nchare Yen, fondateur de la dynastie Bamoun ».

Danse macabre

Au lendemain des évènements du 26 juin à Genève en Suisse, l’élite de l’Ouest confondue a condamné avec la dernière énergie ces manifestations. Question pour elle de prendre des distances avec cette Brigade anti-sardinards soupçonnée d’abriter en majorité des ressortissants de l’Ouest. Une sortie qui a donné l’impression que les signataires de ce brûlot brillaient par un clientélisme inexplicable.

Et pour couronner le tout un meeting doit se tenir ce samedi à Bafoussam, réunissant tout le gratin sociopolitique en vue de chanter l’ode à Paul Biya. Il demeure tout de même des risques de débordement de la part de certains acteurs qui voient d’un mauvais œil le rôle joué par les autorités administratives qui, systématiquement interdisent les manifestations d’autres formations politiques pendant que le parti au pouvoir roule sur du velours.

Le cas des militants du mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), des leaders d’opinions, des membres de la société civile qui croient qu’en l’état actuel il ne sert à rien d’organiser des messes au « souverain » qui n’en a pas besoin. Puisque le chantier sur lequel il est attendu reste des pistes de solutions pour la sortie de crise sociale que traverse le pays depuis bientôt 3 ans dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest ainsi que la tension née au lendemain de la proclamation des résultats de la présidentielle.

A cela s’ajoute des soupçons de double-jeu entretenu par certains barons dans le but de tirer la couverture de leur côté en oubliant les intérêts de leur communauté qui vivent dans une misère végétative. Demain à Bafoussam, l’on aura alors droit à toute sorte d’exhibitions, d’enfumage d’esbroufe et de tape-à-l’œil pour plaire au Nnom Nguii. Il est par ailleurs prévu une motion de déférence avec un fond d’escroquerie politique et de manipulation des consciences au nom d’un peuple qui assurément en a marre de ce cirque de mauvais goût.

Source: Le Messager N°5344

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