Voici Des étapes clés pour les bonnes négociations de paix au Cameroun

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La Suisse a accepté de jouer le rôle de médiateur entre le gouvernement du Cameroun et les dirigeants séparatistes dans le but de faciliter la résolution pacifique d’un conflit de trois ans. C’est une bonne nouvelle, déclare Nkongho Felix Agbor Balla.

Le conflit au Cameroun a englouti les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays depuis la fin de 2016. Il s’agit de l’une des crises les plus négligées au monde, malgré l’ampleur de la violence infligée à la fois par des groupes militaires et des groupes séparatistes armés, ce qui a entraîné des conséquences inimaginables. Souffrance. L’armée a commis des crimes contre l’humanité contre des civils dans les régions anglophones, comme l’indiquent un rapport rédigé en collaboration par le Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique (CHRDA), basé au Cameroun, et le Centre pour les droits de l’homme Raoul Wallenberg (RWCHR). ) au Canada.

Les soldats torpillent régulièrement des villages entiers – ceci est devenu une tactique militaire établie et systématique. Ils tirent aveuglément sur des civils, laissant parfois des corps entassés dans les rues. Étonnamment, plus de 200 villages ont été incendiés et le nombre d’attaques ne cesse de croître. En conséquence, de nombreuses personnes sont brûlées vives chez elles, par exemple un homme de 70 ans qui n’a pas entendu les avertissements de ses voisins en raison d’une déficience auditive.

Des civils, y compris des journalistes couvrant la crise, ont été arrêtés, détenus arbitrairement et torturés, sans inculpation ni accès à un avocat. La violence sexuelle et sexiste est également devenue monnaie courante, ciblant souvent les filles de moins de 18 ans.

Le Cameroun compte désormais la sixième plus grande population de personnes déplacées de force au monde, avec environ un demi-million d’habitants – un dixième de la population de la région – vivant dans la brousse sans nourriture, sans eau et sans protection suffisantes contre l’exploitation. Plus de 1,3 million de Camerounais ont un besoin urgent d’aide humanitaire dans les seules régions anglophones.

Alors que la crise est enracinée dans une histoire coloniale complexe qui a donné naissance au pays bijuridique et bilingue actuel, il est important de réfléchir à la manière dont la crise a pris de l’ampleur et s’est transformée en catastrophe catastrophique.

Comment la crise a commencé

Fin 2016, des avocats et des éducateurs anglophones ont manifesté pacifiquement pour leurs droits civils et politiques fondamentaux après des années de marginalisation dans le pays majoritairement francophone. Des avocats et des éducateurs anglophones protestaient en particulier contre l’imposition de juges et d’enseignants francophones dans les tribunaux et les écoles anglophones. Ce qui a commencé comme une simple demande de reconnaissance de droits fondée sur des griefs légitimes s’est transformé en un conflit enveloppant presque toute la région anglophone. Les voix modérées ont rapidement été noyées par des forces radicalisées appelant à la création d’un pays séparé. Les discours de haine ont fait surface dans le discours des médias et du gouvernement dans une tendance inquiétante qui, comme l’histoire le dit, peut rapidement se traduire par une atrocité massive, voire un génocide.

Il est donc encourageant que la Suisse ait accepté de négocier un dialogue dans le but de rechercher la paix et la réconciliation. Cependant, les causes sous-jacentes du conflit ne seront traitées et corrigées que par un dialogue inclusif qui représente les différentes tendances du Cameroun anglophone. Les médiateurs suisses devraient veiller à inviter diverses voix anglophones, et pas seulement celles qui ont pris les armes.

La Suisse devrait également inviter d’autres organes à participer en tant que médiateurs, en particulier l’Union africaine, qui a récemment négocié un accord de partage du pouvoir entre dirigeants militaires et civils au Soudan. Le Canada est également un candidat idéal pour diriger le processus, compte tenu de son caractère bijuridique, bilingue et de ses relations bilatérales de longue date avec le Cameroun.

Rôle pour l’ONU et l’UA

Toutefois, la situation désastreuse sur le terrain exige une attention et une action internationales coordonnées, même si une solution politique au conflit sous-jacent n’est pas imminente.

Premièrement, le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait ajouter le Cameroun à son ordre du jour en tant que question distincte et régulière, comme le recommandent neuf organisations de défense des droits de l’homme différentes dans une lettre ouverte.

Deuxièmement, l’Union africaine devrait créer un groupe d’experts internationaux indépendants chargés d’enquêter sur les preuves de crimes contre l’humanité commis au Cameroun, à l’instar de l’Organisation des États américains concernant les atrocités commises au Venezuela.

Troisièmement, les États devraient augmenter les fonds alloués au plan d’intervention humanitaire du Cameroun, lancé par l’ONU. À l’heure actuelle, le plan d’intervention est gravement sous-financé. Les principales organisations humanitaires de première ligne seront obligées de se retirer si des fonds supplémentaires ne leur parviennent pas rapidement, selon le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d’urgence de l’ONU.

Enfin, les individus et les collectifs doivent continuer à braquer les projecteurs sur les victimes de la crise camerounaise, dont la douleur et le sort ne peuvent plus être ignorés, ignorés ou traités. Les enfants du Cameroun à la merci de cette violence qui fait rage, y compris les plus de 600 000 personnes actuellement empêchées d’aller à l’école, ne méritent rien de moins.

Source: Dw.com

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