Voici le plus triste des héritages légué par le régime Biya au Cameroun

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Pour avoir mis en exergue la pratique de la discrimination ethno-tribale qui encadre depuis quelques mois le traitement des partisans de Maurice Kamto arrêtés lors des dernières manifestations de protestation, le journal Le Jour s’est fait recadrer par le Conseil National de la Communication à travers un communiqué fleuve.

Un communiqué dont la teneur vindicative a eu le don de sortir de ses gonds le journaliste et militant politique camerounais, Ndam Njoya Nzoméné, qui recadre à son tour le CNC, en déconstruisant cette hypocrisie qui consiste à s’acharner sur le thermomètre médiatique qui révèle la température d’un Cameroun malade de ses replis égocentriques, au lieu s’atteler à trouver les moyens de l’en guérir. A la fois observateur et acteur avisé de la scène politico-médiatique camerounaise depuis plus d’une trentaine d’années, l’ancien membre du Comité Directeur, puis Secrétaire National à la Communication de l’Union des Forces Démocratiques du Cameroun (UFDC) récemment passé au MRC pense qu’à travers son communiqué N° 000001/CNC/2019/PR/VP/SG/CCT/CEACCT du 14 juin 2019, le régulateur des médias oblige un journal de tordre le cou à la vérité. Ce qu’il trouve d’autant plus inadmissible, qu’on ne peut guérir une plaie par le simple fait de la cacher.

Le régulateur du secteur de la communication au Cameroun refait parler de lui. En prenant à partie un média coupable d’avoir mis à nu l’introduction par les sécurocrates du régime du délit d’appartenance tribale dans le cadre des arrestations massives des militants, sympathisants et assimilés de l’homme politique Maurice Kamto.

Dans un communiqué au vitriol contre le journal « Le Jour » qui a appelé par son véritable nom le complot ourdi par les forces de répression à la solde du régime, dans l’optique de retourner des partisans de Kamto, décourager bon nombre d’autres et débaucher certains, à savoir “la traque au faciès” des militants du MRC, le Vice-président du Conseil National de la Communication, agissant en lieu et place du président Peter Essoka, voue aux gémonies l’un des rares journaux à savoir où se trouve encore le chemin de la vérité (la corruption et/ou la répression -armes fatales dont sait si bien user le régime- ayant soit obstrué la vue des autres, soit eu raison de leur sens de l’étique), pour avoir mis en danger (ou avoir fait prendre un risque de détérioration à) un gadget pour petits naïfs, brandi à tous les coups pour enjoindre à certains Camerounais de se laisser tranquillement opprimer par ceux de leurs compatriotes qui croient disposer du droit exclusif de propriété sur le pays dont les autres ne seraient que des squatters : l’unité et la cohésion nationales, assorti du mirage de l’émergence à l’horizon 2035.

Il faut pourtant avoir un don incontestable pour la mystification, pour ne pas voir que même si les Camerounais voudraient que leurs différences les enrichissent et les rassemblent, à la réalité, la seule union dans laquelle ils se reconnaissent depuis que le régime de Biya a entrepris de les est celle de leurs divisions irrémédiables sur la questions de savoir qui est plus tribaliste que l’autre, et quelle ethnie est plus ignominieuse que l’autre.

On vous dira par exemple qu’« un Anglophone ne sera jamais président de la république au Cameroun » et que la souveraine France pèsera de tout son poids pour que John Fru Ndi ne soit jamais élu, et que si vous êtes si assoiffés d’alternance à la tête de l’Etat que cela, vous n’avez qu’à écarter Fru Ndi au profit d’un Ndam Njoya, d’un Ekindi, d’un Samuel Eboua, d’un… francophone bon teint. Même s’il s’agit d’un personnage qui ne fédère pas les aspirations des Camerounais. Pour dire les choses plus prosaïquement, on marque un Camerounais du stigmate de l’impossibilité congénitale d’assumer la plus haute et prestigieuse responsabilité étatique de son pays, pour la simple raison qu’il est né dans une région de son pays où depuis 100 ans -partage de l’ancien Kamerun allemand par la SDN oblige-, on parle plus l’anglais que le français. Mais on ne vous explique pas pourquoi un anglophone peut être brillant médecin, magistrat hors pair, très brave soldat, enseignant de haut vol, ingénieur génial et ingénieux, toutes responsabilités moins prestigieuses, mais plus difficiles et nécessitant plus d’esprit que ce qu’il faut pour exercer le métier de roi de la République de Sardinavie, ou de président de l’empire du Wandafulkistan, en tout cas, plus de sagesse qu’il n’en faut pour mâchouiller entre les dents des mots, dans une langue de Vaugelas qui, à l’allure ou va le désamour pour elle en Afrique est en train d’évoluer progressivement mais très sensiblement vers un statut de langue morte.

Entre temps, on vous use le Fru Ndi, on vous l’apprivoise pour en faire un inaugurateur de chrysanthèmes, juste bon pour amuser la galerie ou aboyer pour mieux faire passer la caravane de l’homme du Renou-faux !.

Et quand vous finissez par prendre sur vous et convenir « que la volonté des saigneurs qui décident en lieu et place des Camerounais soit faite » en vous disant, « Bon, voilà un Camerounais d’origine ou d’ethnie (eh oui) francophone pour changer », on vous rétorque que vous avez le mauvais don de toujours faire le mauvais casting, car « votre Francophone est frappé de la tare “tontinarde” (congénitale ?) d’être Bamiléké en violation du droit canon régissant l’axe Nord-Sud qui peut ou doit régner au Cameroun ». On va vous ressusciter un vieillard plus proche de la délinquance sénile que du patriarcat de bon conseil, pour qu’il vous rappelle qu’il est écrit dans la sainte bible du Cameroun post-colonial : qu’« Un Bamiléké président de la République, ce n’est pas pour avant le retour imminemment lointain ou lointainement imminent du Christ-Messie ». Foi de vieillard lubique, c’est Ahmadou Ahidjo himself qui l’en avait assuré. On vous recrutera pour les besoins de la cause un avocat du diable un peu bamilécon sur les bords, au cerveau aussi emmêlé que les pattes, on lui bourrera et huilera suffisamment le crâne d’huile de sardine pour qu’y puissent glisser allègrement jusqu’aux lèvres charnues d’un dévoreur assermenté de pain-sardine, les insanités de l’évangile selon Jean Lamberton (puisse son âme être damnée par mille diables) sur le « caillou bamiléké dans la chaussure Cameroun ». Des fois que ça ferait plus crédible si c’est de la gueule d’un « nguelefiss » que des cochonneries pré-génocidaires du genre étaient débitées.

Mais dans un cas comme dans l’autre, ni les anglophones, ni les Bamilékés n’ont le droit de se plaindre en tant que tels.

1- Les anglophones ? Le seul fait de crier la marginalisation dont ils font l’objet est une déclaration de guerre à l’œuvre de construction de l’intégration nationale à laquelle s’attèle patiemment, laborieusement, et inlassablement le grand timonier local. Le fait même qu’ils se plaignent signe leur damnation éternelle pour divisionnisme. Conformément au Code d’iniquité non écrit mais plus rigoureusement appliqué au Cameroun que toutes les lois promulguées ou ratifiées à cors et à cris, on les accusera de sécessionnisme, on les emprisonnera et on les tuera.

Sur fond d’aveu opportuniste d’incurie on s’exclamera : « Mais ces anglofous sont plus marginalisés que qui ? Hein ? ils ne voient pas qu’ils ont plus de kilomètres de routes cimentées et de sols de maisons goudronnées que dans la région natale du chef de l’Etat ? Le chef de l’Etat ne nomme-t-il pas leurs frères à d’importants postes ? Ah mouf ! S’ils ne sont pas contents, qu’ils sautent ils calent en l’air ou bien ils quittent le Cameroun ils vont créer leur pays au ciel ou dans la mer. Sinon, hein, qu’ils tentent alors. Il y a les jeunes gars qui sont sortis de Djoum, il y a les nouveaux gars du BIR-là, les gars de la Garde Présidentielle… Ah ! Ah ! Ah ! Les gars-là ne blaguent pas. Surtout ceux du Sud et du Centre ! Tu sais les gars qui seulement le CEP et le BEPC-là… quand on leur fait savoir que les anglos et les Bamis veulent arracher le pouvoir entre leurs mains, ils ne réfléchissent plus, ils écrasent tout ce qui bouge. Que les anglophones qui ont les couilles tentent alors, on écrase les bêtises et on passe à autre chose.

Pour pousser des Camerounais soucieux de justice pour leurs peuple à se désolidariser de leurs compatriotes d’expression anglaise qui croient que par-delà leurs récriminations largement justifiées, le Cameroun voulu par Um Nyobe et John Ngu Foncha, Soppo Priso et Victor Mukete, Ahmadou Ahidjo et Tandeng Muna, Njoya Seidou et Ndeh Ntumazah, doit survivre aux méchancetés du régime Biya et à l’option un peu trop facile de la partition, on touchera à ce à quoi on vous imagine sensible, on vous caresse dans le sens du poil pour vous rendre compréhensif, complaisant, vis-à-vis de la dictature : « Toi-même-là, n’est-ce pas il y a encore dans ton Noun natal des arrondissements entiers qui n’ont pas encore vu un poteau électrique, des villages où vous vous disputez encore de l’eau à boire dans les sources et ruisseaux avec les excréments émanant des W.C situés en amont ? Pourquoi le Noun demeure-t-il “responsable” et “républicain” alors que ce “vaillant peuple de guerriers dont le roi a inventé une écriture concurrençant même la grande Egypte antique avec ses hiéroglyphes peut aussi semer le désordre”, hein ? A cette allure il y aura autant d’aspirations à la sécession qu’il y aura de groupes frustrés ! ».

Et quand on sera informé – par exemple au temps ou Jean de Dieu Momo réfléchissait encore avec son cerveau, autrement dit, se “trompait”- que le sécessionnisme n’est pas à proprement parler un crime, mais un acte politique assimilable à la lutte d’indépendance menée par l’UPC entre les années 1950 et 1970 (https://www.camerounweb.com/CameroonHomePage/NewsArchive/Ayuk-Tabe-a-le-droit-de-se-proclamer-pr-sident-Me-Jean-de-Dieu-Momo-432035), on leur accolera une nouvelle dénomination : “les terroristes”. On les tuera encore, on les emprisonnera quand même, on incendiera toujours leurs habitations, champs, hôpitaux, écoles… Avec bien sûr le concours d’agents infiltrés du “Pays organisateur” qui jouent à plus extrémistes que nature, se livrent à des actes cruels réprouvés par les vrais sécessionnistes, dans le but de délégitimer la cause sécessionniste, rendre odieux ses partisans et combattants, et justifier la répression sanglante et barbare dont le retour, très onéreux, est la décimation sur le terrain des affrontements, des éléments des forces de défense et de sécurité camerounaises.

Et quand on voudra observer une pause sous la pression des occidentaux plus horripilés que nous par la dégradation de la situation dans notre pays, on fera une offre de paix inimaginable qui consiste à enjoindre à nos chers « terroristes » qui ont pris les armes pour une raison donnée, et qui disent se sentir plus en sécurité dans cette situation que dans la situation d’avant, qu’ils doivent déposer les armes et revenir dans le droit chemin, avec pour seule garantie relative à leur sécurité, la vague promesse radiotélévisée, lors des rencontres publiques avec quelques poignées de partisans, qu’il ne leur arrivera rien, si oui, leur prise en charge par le Comité de Désarmement-démobilisation-Réinsertion, tout en sachant qu’aucun rebelle digne de ce nom ne se pliera raisonnablement à ce jeu, le Désarmement, la démobilisation et la Réinsertion devant logiquement conclure les négociations pour le retour à la paix et non le conclure. Surtout pas quand la partie qui fait une proposition délibérément insensée se coltine au passage des énergumènes lunatiques va-t-en guerre qui répètent comme des perroquets, qu’il est hors de question qu’il soit demandé à l’autre partie au conflit (les forces gouvernementales) de déposer eux aussi les armes simultanément dans une perspective de dialogue, sous prétexte que l’Etat jouit du droit légitime d’exercer la violence. Un peu comme si l’on disait à quelqu’un qui a les moyens de protéger sa vie ou de la vendre chère : « Va tranquillement sous la guillotine, les yeux bandés et les mains liées dans le dos ; le bourreau qui a le droit de t’ôter la vie te laissera la vie sauve. Mais s’il ne le fait pas, pas grave, car le droit lui en donne… le droit. ». Une suggestion bête qu’on ne ferait même pas un mouton un jour de fête de la Tabaski, mais dans laquelle se complaisent des irresponsables qui n’ont aucun intérêt à voir la paix revenir au Cameroun.

2- Les Bamilékés ? Oh non !!!! « Jésus-Marie-Joseph ! », « Hiroshima et Nagazaki ! », « Quel scandale ! », « Ils osent se révolter ? », « Quelle ingratitude à l’endroit du président, Hein ?» Grâce à lui, ils ont tout : le pouvoir économique et le pouvoir démographique. Ils veulent encore quoi ? arracher le pouvoir politique aux ethnies “minoritaires” ? »

N’allez pas rappeler à ces mécontents de l’ingratitude bamiléké qu’avant le « président » (Biya s’entend), il y avait un certain Ahidjo qui, pour désintéresser ses compatriotes de l’Ouest de la chose politique (afin de ne pas être obligés de les massacrer complètement, comme l’y enjoignait la France tutrice à l’instigation intellectuelle de Jean Lamberton, maître à penser l’antibamilékisme de Maître Jean de Dieu Momo) collait la paix à ceux d’entre eux qui acceptaient de saisir sa proposition humiliante mais pratique du « je vous facilite la tâche dans les affaires, et vous vous y investissez à fond pour vous faire oublier de la France pour un temps, et moi je gagne d’arrêter de verser le sang de mes compatriotes ». C’était à l’époque où un postier télégraphe féru de politique savait faire des offres réalistes de paix à ses adversaires. A moins que ce soit ses mentors français qui le lui eussent soufflé à l’époque comme des indiscrétions nous le laissèrent entendre.

Ne leur dites surtout pas que passée l’euphorie des années 1990 et à la suite de la désillusion que les nombreux tripatouillages électoraux pour permettre à Paul Biya et à son parti de remporter toutes les élections pluralistes du pays ont fait subir aux partisans du changement de régime, ainsi que les menaces sibyllines d’entraver la bonne marche des affaires des opérateurs économiques n’ayant pas montré patte blanche en adhérant ouvertement au parti-Etat au pouvoir, les Bamilékés résidant au Cameroun, au moins pour moitié, sont rentrés dans les rangs, avec armes et bagages, pour éviter les rétorsions (notamment les redressements fiscaux injustifiés dont les contestations ne sont recevables qu’après leur acquittement, et leurs examens effectifs après que la victime a compris dans les rangs de quel parti… au pouvoir il doit s’afficher). Le reste des Bamilékés on en trouve aussi bien au SDF qu’à l’UNDP, à l’UPC au MDR, et depuis peu au MRC et dans les partis ayant soutenu aussi bien Akere Muna à l’élection présidentielle, que celui ayant investi Cabral Libii à la même échéance politique. Les Bamilékés vont dans chacune de ces chapelles par conviction, par intérêt, ou faute d’avoir trouvé de la place ailleurs. Exactement comme tous les Camerounais qui militent dans n’importe quel parti. En tout cas, c’est très rarement parce que le leader de l’heure ou le fondateur le plus en vue du parti est ressortissant de l’Ouest.

Il n’est cependant pas exclu que par mimétisme avec certains de leurs compatriotes d’un certain groupe ethnique auxquels une élite machiavélique a fait gober depuis 1982 la grosse menterie que leur communauté d’appartenance sociologique avec le tenant du pouvoir fait d’eux les copropriétaires d’un pouvoir d’Etat qu’ils doivent( !) défendre contre les revanchistes et nostalgiques “nordistes” d’un passé révolu, et préserver des appétits gargantuesques d’insatiables ressortissants d’une région honnie, des Bamilékés peu avisés voient en un homme politique natif de l’Ouest, leur messie.

Ils font fausse route si c’est à Kamto qu’ils pensent pour l’occurrence. Ceux qui ont approché cet homme politique qui a refusé en fin d’année dernière, de se prêter au jeu d’un putsch pouvant déboucher sur l’assassinat d’un adversaire politique dont il conteste pourtant la reconduction à la tête de l’Etat par hold-up électoral à son détriment, savent que le vainqueur de l’élection présidentielle d’octobre 2018 est tellement pénétré des principes moraux et respectueux de la loi qu’il déroute même ses propres partisans, ceux-ci voyant en lui le principal obstacle –s’il accède au pouvoir- à la réalisation de leur désir de se venger des tortionnaires du régime qui leur ont rendu la vie infernale.

Reste que pour l’essentiel le MRC qui n’est pas la propriété de son président national, encore moins de ses dirigeants (de la même manière qu’un enfant n’est pas le bien de ses parents mais un legs de la nature à l’humanité qui ne se sert de ces derniers que comme d’une courroie de transmission), est, ou à la prétention d’être, le réceptacle des espérances des Camerounais. Lesquelles espérances ne sauraient se laisser réduire à des considérations bassement grégaires comme les origines de ceux qui les nourrissent, autrement, ne sauraient, s’identifier à une ou des ethnies.

Il y a quelques mois, compte tenu de l’écart entre le nombre important (plus de 700 à en croire certaines sources) de personnes arrêtées les 26 et 28 janvier 2019 dans différentes villes du Cameroun pendant et après les « marches blanches » et celui dérisoire (un peu plus de 200) des personnes gardées à vue, des voix dont nous nous étions fait l’écho s’étaient élevées pour exprimer la crainte que certaines victimes des arrestations injustifiées aient pu disparaitre ou être liquidées sommairement par leurs geôliers. Nos enquêtes avaient pourtant révélé qu’il n’en était rien, mais que la diminution à l’arrivée des candidats au procès devant le Tribunal militaire pour « hostilité à la patrie » était due à une initiative discrète de certains officiers de police Bétis qui, après avoir morigéné copieusement des personnes arrêtées qui ont « la chance d’être de l’ethnie du président (“élue” ?, ndlr) » (sic), « mais refusaient de saisir cette chance, trahissant ce sauveur que Dieu a donné au peuple béti, et courant bêtement comme des moutons derrière un Bamiléké » (re-sic), avaient fait libérer certains de ceux qui s’étaient montrés réceptifs à ce discours opportuniste ou avaient fait la promesse d’être plus raisonnables à l’avenir. Ce témoignage nous l’avons recueilli, dans des termes quasi identiques, auprès de plusieurs personnes ayant bénéficié des “libérations au faciès” ou “ciblées”, mais résolues à révéler la pourriture tribaliste qui infeste les services des auxiliaires de justice au Cameroun, pour la simple raison qu’elles ne se reconnaissent pas elles-mêmes dans cette pratique antirépublicaine qui répugne au MRC et que l’on appelle le tribalisme.

Nous nous sommes abstenus de le porter à l’attention du public à l’époque des faits, pour deux raisons :

1- La qualité de journaliste en laquelle nous agissions alors nous assigne aussi la responsabilité de garder pour nous plus que nous ne révélons. Sinon, le journaliste deviendrait la terreur de la société, soulevant de manière fracassante les couvercles sur tous les pots bouillants au risque d’ébouillanter la société.

2- Dans le cas d’espèce, ce que nous redoutions le plus, ce n’était pas de mettre à nu une pratique camerounaise bien connue dont n’avaient pas seulement bénéficié les résistants pro MRC originaires des régions dites béti, mais également des compatriotes natifs des autres régions ayant des connaissances dans les milieux des forces de sécurité, qui, pour être libérés en catimini, ont dû souffrir le décervelage discursif sur l’antinomie catégorique qu’il y avait à être de « vaillants fils » de tel groupe ou tel autre groupe sociologique « réputé regorger de distinguées gens, figures de l’élite intellectuelle, politique, administrative, politique, et à suivre le Bamiléké Kamto comme un mouton au point de risquer la vie pour lui ». La crainte était d’exposer dans le futur, à la rudesse de leurs bienfaiteurs d’avant, des gens qui allaient immanquablement, pour la plupart, se retrouver dans la rue, dans la perspective des manifestations pacifiques auxquelles le MRC n’entend pas mettre fin avant le solde de tout compte du contentieux électoral, et par conséquent, entre les mains de ceux qui hier, leur avaient “fait la faveur” de leur rendre leur liberté.

C’est le lieu de le reconnaitre, c’est aussi grâce à cette pratique condamnable de la libération sur la base des origines ethniques que l’on doit d’avoir quelques centaines de personnes libres. On peut même s’en féliciter si l’on considère que cinq mois après les arrestations, plus de 150 personnes qui pour certains avaient refusé de se prêter à ce jeu, croyant que le Cameroun est un Etat de droit, où il suffirait de faire valoir des arguments de droit devant un magistrat pour être élargis sont encore emprisonnés.

Révélation de taille d’un sous officier de gendarmerie à l’époque « Certains gars bamis auraient pu être libérés aussi si vos officiers Bamis avaient accepté de les gronder un peu et de supplier le chef (identité et qualité du “chef” non révélées par notre interlocuteur) à leur place en disant qu’ils ne vont plus faire. Mais tu sais comment vous les Bamis vous êtes lâches. Le capitaine (nom du capitaine non révélé) a dit que ce n’est pas son problème, qu’il est au service de l’Etat et du président. Nous on fait ce qu’on peut… Beaucoup n’ont même pas l’argent. Leurs familles donnent seulement un peu, mais on est obligé de les libérer. Si les autres veulent, ils laissent on envoie leurs frères en prison. Après ils vont accuser le président Biya ; est-ce que le président travaille ici au SED ?… »

Voilà révélée ingénument par un jeune gendarme la façon dont on se démène à qui mieux mieux ou comme on peut, pour survivre dans l’enfer camerounais, où même l’once d’humanité qui subsiste encore dans nos consciences ou erre çà et là dans nos âmes est à vendre et ne peut être prodiguée que de façon discriminatoire.
Un plus fin observateur verra dans cette façon de faire une manière aussi de débauchage des militants du MRC qui doivent comprendre sans qu’il soit besoin qu’on leur fasse un dessin, qu’ils ont misé sur le mauvais cheval, que cela ne leur apportera que des désagréments dont ils ne peuvent être sauvés que par… Une démarche qui ne peut prospérer aisément, tant un parti politique n’a jamais semblé aussi immunisé par les manœuvres divisionnistes que le MRC dont on ne fera à personne l’injure de révéler que c’est sous le magistère d’une grande dame, ressortissante de la région du Centre, principal vivier des Camerounais de l’ethnie béti, s’il en est, que le parti dont le président et le 1er vice président sont en prison a flanqué l’humiliation de sa vie au régime, en le poussant à révéler sa véritable nature de régime concentrationnaire qui embastille les sujets du despote sur la base de la simple intuition. Un régime policier qui instaure petit à petit les arrestations préventives et la notion du présumé coupable. Cette jeune dame qui a époustouflé son monde d’une dribble spectaculaire et de lobs de ponts inédits entre les jambes des vieillards séniles du régime, on l’appelle Tiriane Nadège Biloa Noah ! Juste pour ne pas la nommer.
Ne pas le dire c’est plus montrer de la complaisance vis-à-vis d’une situation qui n’est arrangeante que par défaut, que faire preuve de responsabilité. Et quand un journaliste révèle la situation le plus naturellement du monde comme l’a fait le journaliste Jules Romuald Nkonlak du quotidien Le Jour, c’est assumer sa part de responsabilité sociétale : Le principe journalistique de ne rien dire pour nuire est sans préjudice du devoir de ne rien taire pour plaire.

Le «journaliste principal hors échelle» à la retraite, Joseph René Janvier Mvoto Obounou, Vice-président du CNC, , membre de l’élite alimentaire du Sud signataire le 8 janvier 2016 de la Motion de déférente gratitude des forces vives de la région du Sud devrait méditer cette autre vérité avant de s’évertuer à caporaliser la vérité et à castrer la parole au nom de la vérité d’Etat.

Source: cameroonvoice.com

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