Voici les Nouvelles révélations sur le scandale de la Société Camerounaise de Banque

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Ma vérité. Les faits se déroulent entre le 20/02/2019 et le 26/05/2019. Tout a commencé le mercredi 20/02/2019 aux environs de 11hr. Je revenais d’une séance d’entretiens d’embauche sein de la Banque. Sur mon téléphone personnel, je vois deux appels en absence dont l’un de ma grande sœur et l’autre de mon grand frère. Très surpris par la rareté d’une telle succession des appels par ces derniers, je décide de les rappeler. Pendant ces appels, chacun d’eux prend le soin de m’informer que la maman dit essayer de t’avoir depuis sur l’application WhatsApp sans succès en précisant qu’elle souhaiterait que je lui apporte de l’aide par le canal de mon compte.

Elle dit vouloir rapatrier 25.000.000 FCFA. Après ces différents échanges téléphoniques, je me connecte sur l’application WhatsApp où la maman essayait de me joindre. Une fois connecté, j’entre dans la conversation avec la maman et je fais le constat qu’elle a essayé de me joindre à deux reprises. De ce fait, je décide de la rappeler. Elle décroche et nous débutons la discussion.

“Maman: Bonjour Willy, j’ai urgemment besoin que tu m’aides avec ton numéro de compte parce que j’ai une transaction que je souhaiterais que tu réceptionne.

Moi: Bonjour, de quelle type de transaction il s’agit?
Maman: Je dois recevoir mes commissions de la vente des noix d’acajou depuis la côte d’Ivoire. Le montant est de 25.000.000 FCFA. Je veux que tu reçoives cela et tu me renvois ça par western Union ou MoneyGram.

Moi: Désolé, mais je ne peux pas t’aider car c’est risqué ce genre d’opération. Là-bas au Bénin, ne peux-tu pas directement demandé que ton argent te soit envoyé de ce côté là ?

Maman: Non, je n’ai pas de compte bancaire ici car je n’ai pas tous les papiers qu’il faut pour avoir un compte. Pour une fois que j’ai vraiment besoin de ton aide tu veux refuser d’aider ta maman. La dernière fois en octobre 2018, j’attendais un virement de 32.000.000 FCFA, je t’ai demandé ton aide et tu avais refusé. Malheureusement pour moi, j’avais transmis à mes contacts de la côte d’Ivoire, les coordonnées du compte d’un ami à moi ici au Benin. Dès qu’il a reçu cet argent, il a disparu dans la nature. Je ne veux pas me faire arnaquer une seconde fois. Tu es mon enfant, et j’ai besoin de ton aide.

Moi: Ok je comprend, mais je réitère ce genre d’opération est risquée. J’ai un compte salaire qui ne reçoit pas d’habitude des montants comme celui-là. Mais bon, avant de me prononcer sur cette aide, j’aurais besoin que tu m’envoies la totalité des documents qui ont servi à la réalisation de la vente des noix d’acajoux afin de m’assurer que l’origine des fonds n’est pas douteuse et je pourrais justifier cela ici à la Banque lorsqu’on me posera la question sur l’origine des fonds. C’est pour respecter la procédure.

Maman : Ok il n’ya pas de soucis. je ne peux pas te créer des problèmes dans ton travail. N’est-ce pas si tu es dans les problèmes c’est encore moi qui vais dépenser de l’argent pour te trouver des avocats ?

Moi: Bref, là n’est pas le problème. Tout ce dont j’ai besoin c’est que tu m’envois la documentation que je t’ai demandé. Dès que je raccroche je vais t’envoyer mon RIB pour ton opération.

Maman: Merci filston.”

Une fois la conversation téléphonique achevée, je me rapproche de mon gestionnaire Mme Suzane Mony pour lui demander de m’éditer mon RIB et je profite pour lui faire savoir que je vais communiquer cela à la maman car elle doit m’envoyer 25.000.000 FCFA dans les prochains jours. La gestionnaire édite le RIB et en me le remettant elle me fait savoir qu’il vaudrait mieux que je ne communique pas ce RIB à ma maman, car selon elle c’est un peu risqué. À mon niveau, je dis merci pour le service qu’elle vient de me rendre, mais lui fais également savoir qu’il s’agit de ma maman et qu’elle a besoin de mon aide et ça semble urgent. Au final, je communique mon RIB à ma maman via l’application WhatsApp aux environs de 12h19. Nous sommes toujours le mercredi 20 février 2019.

Après transmission de mon RIB à la maman, je vais au département de la Conformité et de la sécurité financière de la Banque où je rencontre M. Essoh Alexandre par ailleurs Assistant conformité. Au sein de la Banque, le département de la conformité est l’entité qui s’occupe du respect de toutes les réglementations bancaires et financières : dispositions législatives et réglementaires, normes professionnelles et déontologiques, procédures internes ainsi que de la lutte contre le blanchiment des capitaux. En quelque sorte, dans le processus de rapatriement, elle s’assure que l’argent qui vient de l’extérieur n’est pas issue d’une source frauduleuse tel le blanchiment ou encore que l’origine de cet argent respecte les normes réglementaires du système monétaire de la sous région. En me rendant à la conformité, mon objectif est d’avoir les informations concernant la nature des documents qui sont souvent sollicités par la Banque dans le cadre du respect de la procédure interne, notamment en ce qui concerne les éléments requis pour justifier l’origine des fonds issus d’un rapatriement. Pendant mon échange avec M. Essoh Alexandre, ce dernier me fait comprendre que pour s’assurer de la fiabilité d’une opération de rapatriement, je dois pouvoir mettre à la disposition de la conformité un document qui justifie de l’origine des fonds, car me fait-il savoir à cet instant qu’à chaque fois que de l’argent arrive dans l’un des comptes de la Banque, ils ont à leur niveau des mécanismes de contrôle pour s’assurer de la fiabilité des fonds reçus. Et que dans le cas échéant, si à leur niveau l’argent émane d’une source frauduleuse, je ne pourrais même pas voir cet argent dans mon compte. Car la conformité l’aurait renvoyé aussitôt à l’expéditeur. Du coup, le document que je dois fournir pour justifier l’origine des fonds n’est qu’à titre indicatif.

Après mon échange avec la conformité, je me rend au niveau du département des opérations internationales. Là-bas je rencontre M. Ekwelle Morel en charge de la gestion des transferts à l’international et des rapatriements des fonds. En allant le rencontrer, mon objectif est de connaître le mécanisme à partir duquel l’argent s’intègre dans un compte de la Banque lorsqu’il s’agit d’une opération de rapatriement des fonds. À son tour, il me demande le nom du pays d’où viendra l’argent ; je lui fais savoir qu’il s’agit de la Côte d’Ivoire. Du coup il me fait savoir qu’il s’agit d’un rapatriement des fonds en XOF (monnaie de l’Afrique l’ouest). Je lui pose alors la question de savoir s’il existe un document justificatif qu’à mon niveau que je devrais lui apporter pour un rapatriement des fonds de 25.000.000 FCFA en provenance de ce pays là. Il me me répond NON. Par ailleurs, il prend la peine de me faire savoir que pour la devise de l’Afrique de l’ouest, le rapatriement des fonds prend au maximum 24hr et parfois moins de temps. Toutefois pour l’intégration de cette devise dans un compte de la Banque, il me dit que ce n’est pas du ressort du département des opérations internationales et que je devrais m’orienter vers la Direction de la Salle des marchés pour plus d’informations. Cependant, il se propose de m’y accompagner afin de rencontrer les collègues en charge de ces opérations là.

Une fois arrivés à la salle des marchés, nous rencontrons Messieurs Owono Boris et Petnga Jean Jaurès, respectivement Responsable du desk trésorerie et du desk commercial au sein de la salle des marchés. M. Ekwelle des opérations internationales qui m’accompagnait, profite pour poser la question de savoir qui intègre la devise XOF au sein de la Banque lorsqu’elle provient d’une opération de rapatriement aux deux collègues suscités. Très vaguement, ceux-ci nous font savoir qu’ils n’ont pas connaissance de l’exécution de ce type d’opération dans leurs cahiers de charges respectifs et qu’il vaudrait mieux se rapprocher à nouveau du département des opérations internationales. Heureusement, la présence de M. Ekwelle est opportune, car il informe à l’instant les collègues de la salle des marchés que cette opération ne relève non plus de la compétence des opérations internationales et nous édifie un temps soit peu sur le mode de traitement des autres devises telles que l’Euro et le Dollar pour qui les procédures sont bien définies. Mais pour le XOF, le point d’interrogation reste permanent. M. Ekwelle et moi sortons quelques minutes plutard de la salle des marchés et nous nous séparons sur l’un des couloirs de la Banque, chacun vaquant à ses occupations respectives.

La journée de travail du mercredi 20 février 2019 finit par s’achever comme toutes les autres.

Le lendemain matin, soit le jeudi 21 février 2019 aux environs de 08h53, je reçois un message WhatsApp de la maman qui m’informe de la disponibilité des 25.000.000 FCFA dans mon compte et me demande d’aller vérifier. Après vérification, je constate effectivement que l’argent est arrivé tel qu’annoncé dans mon compte salaire (00030-90000471614-61). Je confirme la réception des fonds dans mon compte en interrogeant dans un premier temps l’application mobile Ebank-net présente dans mon téléphone. Là-bas, le solde qui s’affiche est de 25.001.527 FCFA. Pour information, avant la réception de cet argent, mon compte avait un solde créditeur de 1.527 FCFA. La minute qui a suivi ma requête sur l’application Ebank-net, j’ai interrogé mon compte via l’application Delta Bank sur mon ordinateur et là-bas le solde indicatif affichait 25.001.527 FCFA et au niveau du profil ÉVÉNEMENT, je constatais effectivement l’opération des 25.000.000 FCFA sur une seule ligne, ce qui signifiait que l’argent était arrivé dans les normes.
Quelques temps après, je rappelle la maman via l’application WhatsApp et lui confirme effectivement la disponibilité des fonds. À cet occasion, je lui rappelle la nécessité pour elle de me faire parvenir les documents justificatifs de l’origine de l’argent. Elle me dit OK il n’ya pas de soucis et nous arrêtons la conversation téléphonique. Après cet échange, je me rapproche du collègue M. Ekwelle Morel du département des opérations internationales. Une fois là-bas, je lui présente le solde de mon compte via l’application Ebank-net affichant un solde créditeur de 25.001.527 FCFA. Et je lui demande à cet instant s’il est possible pour lui, à partir de sa machine, de m’éditer le Swift de cette opération. À son tour, il m’informe qu’il lui est impossible de satisfaire ma requête car, dit-il pour la devise XOF, une fois que l’argent est intégré dans le compte la machine ne peut lui permettre de retracer l’opération. Toutefois, il me fait quand même savoir que si c’était une devise telle que l’Euro ou le Dollar, le procédé aurait été facile car pour ces devises là, il existe une procédure bien détaillée qui facilite ce genre d’opération à l’inverse du XOF dont la parité avec le XAF est pareille. Je me rapproche également d’un autre collègue ami Engamba Junior, travaillant comme chargé d’affaires au sein du centre d’affaires de Bonanjo à qui je présente également le solde de mon compte et dans nos divers nous échangeons sur l’origine des fonds.

Entre temps, sans le constater, j’avais reçu de nouveaux messages de la part de la maman via l’application WhatsApp à l’intérieur desquelles elle me donnait des instructions quant à la manipulation de son argent. Ses premières instructions étaient de retirer de mon compte la somme de 5.000.000 FCFA et de lui envoyer cela via des agences de transfert d’argent à l’international en attendant qu’elle m’envoie le document justifiant l’origine des fonds. Sur la base de la confiance, j’ai exécuté cette opération car elle me mettait une énorme pression et m’avait fait savoir qu’elle devait remercier une de ses connaissances là-bas au Bénin pour l’avoir aidé dans son travail.

(A ce niveau je ne vais pas m’appesantir sur le détail de mes échanges WhatsApp avec la maman, parce que cela fait déjà l’objet d’une conversation à part entière déjà téléchargée).

En gros, sur un maximum de 4 jours, j’ai pu retirer la totalité des 25.000.000 FCFA de mon compte en un minimum d’au moins sept (07) opérations dont je me souviens. Il y’a des opérations dont je me rappelle pas exactement.

Le 21/02/2019: j’ai effectué 2 retraits. Le premier était de 5.500.000 FCFA par chèque de guichet et le second était de 100.000 FCFA au distributeur de billets, le tout à l’agence PP Bonanjo.

Le 22/02/2019: j’ai effectué 3 retraits dont le premier était de 11.000.000 FCFA par chèque de guichet, le second de 100.000 FCFA au distributeur de billets et le troisième de 30.000 FCFA toujours au distributeur de billets, le tout à l’agence PP Bonanjo.

Le 23/02/2019: j’ai effectué 1 retrait de 280.000 FCFA par chèque de guichet à l’agence Liberté.

Le 25/02/2019: j’ai effectué un dernier retrait de 7.900.000 FCFA par chèque de guichet à l’agence PP Bonanjo.

Entre temps, il tient lieu de préciser que je n’ai reçu le document justificatif de l’origine des fonds que le vendredi 22/02/2019 par la maman via l’application WhatsApp. Je précise que l’expédition de cet argent à la maman pour le Bénin se faisait par l’intermédiaire d’un agent d’entretien de la Banque qui, à ses heures de pause s’était proposé de me rendre ce service. Toute chose qui me permettait de rester concentrer sur le suivi de la Formation sur le management d’équipe que je supervisais du 26/02/2019 au 01/03/2019 à l’hôtel Akwa Palace.

Le 28/02/2019 au matin, j’arrive à la Banque aux environs de 09hr parce qu’ayant fait un détour à l’hôtel Akwa Palace où la formation se tenait. Une fois à l’intérieur de la Banque, je me dirige au niveau de l’un des distributeurs de billets de l’agence PP Bonanjo pour effectuer un retrait de 80.000 FCFA de mon compte car les salaires étaient passés deux jours plus tôt. Contre toute attente, le distributeur rejette ma carte de crédit, ce à deux reprises. D’un coup il me vient à l’idée d’interroger le solde de mon compte via l’application Ebank-net sur mon téléphone. Dessus, contrairement à la norme, le solde ne s’affiche pas, mais laisse plutôt à une écriture du genre [*XAF]. Très surpris, je décide de me rendre au bureau pour rencontrer la gestionnaire des comptes du personnel Mme Suzane Mony. Malgré son absence, j’ai quand même la chance de trouver sur les lieux sa plus proche collaboratrice Mlle Sophie Moukory qui comme par pure coïncidence, était sur le point de valider un virement permanent de 50.000 FCFA auquel j’avais souscrit par le passé, de mon compte salaire vers mon compte d’épargne. En essayant de valider l’opération, l’application Delta Bank lui renvoya le message [Compte fermé]. Très surprise, elle m’informa à l’instant de la situation. À mon tour, très surpris et devenu courroucé à l’instant, je lui demande comment cela peut être possible. Elle même n’en revient pas. Du coup sans trop s’alarmer, je lui demande qui s’occupe de la fermeture des comptes au sein de la Banque. Elle me répond qu’il faudrait que j’essaie de voir avec la Direction de la Comptabilité. Après mon échange avec ma collègue Sophie, je décide de me rendre au sein de la Direction de la Comptabilité. Là-bas je rencontre en premier M. Masoda Ma Souhe à qui je fais part de ma préoccupation. Pendant notre échange, arrive soudainement une autre collègue de la comptabilité Mme Cisse Darisca qui m’adresse ses salutations et se joint à M. Masoda et tous deux m’orientent vers M. Biboum Barnabé,
Responsable de la Comptabilité Générale. Une fois devant lui, je présente à nouveau mon problème. Très surpris, il s’interroge sur le fait qu’une telle erreur ait pu se produire car c’est à lui revient la charge au quotidien de clôturer des comptes. Néanmoins il me rassure de la prise en charge immédiate du problème. En essayant de corriger l’erreur, il se rappelle à l’instant qu’il n’a pas accès sur la manipulation des comptes du personnel et contacte aussitôt Mlle Sophie Moukory qui va lui donner quelques indications. Ces indications lui permettent quelques minutes plutard de résoudre mon problème. Alors, je repars au distributeur de billets et je retire les 80.000 FCFA comme souhaité. Dans l’après-midi, une de mes stagiaires du nom d’Awala Eunice, s’apprête à virer dans mon compte des frais de mission, car la même formation que je supervisais à l’hôtel Akwa Palace à Douala, je devais également aller la superviser à l’hôtel Djeuga Palace à Yaoundé. Contre toute attente, la stagiaire m’informe du fait que l’application Delta Bank affiche l’information selon laquelle mon compte est fermé, ce qui l’empêche d’y effectuer le virement. Surpris une fois de plus, j’appelle M. Biboum Barnabé qui a résolu le même problème en matinée pour lui faire état de la situation. Il me répondra alors au téléphone qu’il s’est fait sermonné par le Directeur Général, M. Mohammed Mejbar qui lui reprochait de réhabiliter les comptes qui étaient fermés sans son autorisation. Encore surpris, je demande à M. Biboum Barnabé vers qui je dois me tourner cette fois ci pour résoudre mon problème. Ce dernier me recommandera de me rapprocher de la Direction de l’informatique. Une fois arrivé là-bas, je suis reçu par le Directeur de l’informatique M. Ikanga Guillaume à qui je présente mon problème. Lui-même surpris, appelle par téléphone sa collaboratrice Mme Mbella Estelle par ailleurs Responsable du Centre de Support. Au téléphone, elle nous informera qu’il s’agit d’un problème général et qu’ils sont en train de remédier à la situation. Voilà qui va me rassurer pendant quelques minutes. Pendant sa conversation téléphonique avec le Centre support, il me sera demandé par Mme Mbella de faire tout de même un Mantis. Dans le cas d’espèce, lorsqu’on vous demande de faire un Mantis, c’est un langage interne à la Banque qui signifie simplement qu’il faut que vous fassiez une réclamation officielle par l’application Mantis afin d’avoir la certitude que votre requête sera prise en compte. Malheureusement pour moi, je ne dispose pas de profil Mantis, je le fais savoir au Directeur de l’informatique qui me demande de me rapprocher du Centre de Support directement. Arrivé dans les bureaux du Centre de Support, je rencontre Mme Mbella à qui je soumet mon incapacité à disposer d’un profil Mantis à l’instant. À son tour, elle m’oriente vers un de ses stagiaires afin que celui-ci puisse m’apporter son aide.
Malheureusement celui-ci ne pourra me venir en aide en raison du fait qu’un profil Mantis ne peut être dupliqué sur un même ordinateur. À l’instant je suis un peu triste, mais je ne perd pas espoir. Je me souviens alors qu’il y’a un an auparavant nous avons eu une brève formation sur l’utilisation de l’application Mantis qui avait été dispensée par Mlle Bengono Christelle, qui occupe la fonction de chargée d’études au sein de la Direction de l’informatique. Je décide alors de me rendre dans son bureau. Là-bas, je lui fais part de ma préoccupation. Juste le temps pour elle de vérifier mon problème, elle me confirme effectivement que mon compte est fermé et s’attèle aussitôt à me créer un profil Mantis à l’immédiat. Pendant que je rédige ma requête Mantis, un autre collègue M. Gbetnkom Nsangou Alexandre qui partage le même bureau que Mlle Bengono me pose la question de savoir si mon compte salaire aurait reçu beaucoup d’argent sur un rayon d’au moins un mois. Je répond par l’affirmative et je lui pose également la question de savoir pourquoi la question. C’est alors qu’il me répondra en disant que seuls les comptes qui ont reçu beaucoup d’argent entre temps dans la Banque subissent actuellement la même mesure et que c’est juste pour vérifier certaines incohérences. J’ai répondu en disant que j’ai compris, puis j’ai terminé la rédaction de ma requête Mantis et je suis sorti de ce bureau. Il était environ 17hr. Au sortir de là je me dirige à nouveau vers le bureau de Mme Mbella pour lui faire savoir que j’ai déjà envoyé ma requête Mantis. Nécessaire fait. Au sortir de son bureau, je rencontre un autre collègue M. Essoua Bertrand du département de l’organisation, mais qui partage le même bureau que le personnel du Centre de Support. Ayant brièvement suivi mon échange avec Mme Mbella, M. Essoua va me poser la question de savoir si j’ai reçu une importante somme d’argent entre temps et je répond par l’affirmative. Il me demande à nouveau si j’attendais cet argent, je lui répond à nouveau par l’affirmative. C’est donc à cet instant qu’il m’explique brièvement que la Banque aurait été victime d’une instruction qui a crédité les comptes de plusieurs personnes dont des clients parmi. Je lui fais savoir que j’ai pris note et je reste rassuré qu’il s’agit juste d’une alerte semblable à d’autres alertes dont la Banque a souvent l’objet, et que le problème sera résolu comme d’habitude. Après mon échange avec M. Essoua, je rentre dans mon bureau au sein de la Direction du Capital Humain aux environs de 17h30. Là-bas je range ma table et je me rend au stade de football du GMI de Bonanjo pour suivre les entraînements de l’équipe de football de la Banque. M’étant rendu là-bas et à peine une dizaine de minutes passées sur les lieux que je reçois un appel téléphonique de ma collègue Mme Suzane Mony par ailleurs la gestionnaire des comptes du Personnel qui m’informe qu’elle aurait oublié son sac à main à l’intérieur du bureau et qu’elle n’a pas ses clés sur elle. De ce fait, elle souhaiterait que je vienne lui ouvrir la porte. J’accepte de revenir au Bureau. J’ouvre la porte et je vais échanger quelques mots avec une autre collègue, l’assistante de la DRH, Mme Tokueua Marie Josiane dans son bureau. Ma collègue Mme Suzane Mony nous rejoind et nous poursuivons notre échange pendant quelques minutes. Nous avons également été rejoints par une autre collègue Mme Nkok Alice. Cette dernière m’informera dès son arrivée que le Responsable de l’Audit Général M. Amine Katane a demandé après moi et qu’elle ne sait pas exactement pour quelle raison. Quoiqu’il en soit, elle m’a recommandé d’aller quand même vérifier s’il était encore dans son bureau. À cet instant il était 19hr environ. J’y suis allé et j’ai rencontré M. Katane. Voici en quelques mots la totalité de notre échange :

Moi : Bonsoir M. Katane, j’ai appris que vous me cherchiez.

M. Katane : Bonsoir M. Andela, désolé il s’agit d’une erreur. Je voulais plutôt rencontrer Mme Nkok Alice. Mais vu que vous êtes là, je pense que vous pouvez me renseigner.

Moi: Bien reçu, je n’y vois aucun inconvénient.

M. Katane : M. Andela, lorsque vous ouvrez un compte à une nouvelle recrue, les cartes signature, vous les garder dans le dossier physique du personnel ou ailleurs ?

Moi: Nous les gardons dans le dossier physique.

M. Katane : Ok. Et vos dossiers à vous, personnel du capital humain, vos dossiers physiques sont-ils mélangés avec les autres?

Moi: Non, ils sont rangés dans le bureau de la DRH.

M. Katane : Merci M. Andela. Dites moi avant de partir, votre dossier à vous est également dans le bureau de la DRH?

Moi: Effectivement.

M. Katane : Bonne soirée à vous M. Andela.

Moi: Merci M. Katane, bonne soirée à vous pareillement.

Une fois sorti du bureau de M. Katane, j’ai commencé à avoir des frissons dans le ventre car sur sa note de fin, il a insisté pour savoir si mon dossier se trouvait dans le bureau de la DRH. Et vu que notre échange avait débuté sur les cartes signature qui sont toujours associés aux numéros de compte au sein de la Banque, j’ai directement fait le lien avec la situation actuelle de mon compte, ainsi qu’avec toutes les informations et tracasseries que j’avais reçu et vécu durant la journée avec mon compte.

Ce soir là, j’ai quitté la banque très anxieux autour de 20hr moins. Une fois arrivé à la maison, à l’intérieur du Bataillon Blindé de Reconnaissance (BBR), j’ai garé mon véhicule, et sans même changer de vêtements, j’ai plongé dans un sommeil profond duquel je me suis réveillé vers 22hr.

À mon réveil cette nuit là, je continue d’être anxieux. C’est alors que je décide d’appeler ma maman via l’application WhatsApp. Après plusieurs tentatives, elle ne décroche pas. Finalement je parviens à l’avoir via des échanges de messages sur l’application WhatsApp. Au cours de cet échange, je m’atteles à demander à la maman de me confirmer effectivement que l’argent qu’elle m’avait envoyé était clean. À son tour, très surprise par ma question, s’est empressée de me rassurer du mieux qu’elle pouvait. J’ai donc décidé de lui présenter un détail de ma journée avec toutes les situations que j’avais vécu et les mesures prises par la Banque sur mon compte bancaire. Et là, je lui ai demandé de me faire parvenir la totalité des documents qu’elle pourrait avoir à son niveau afin que je puisse associer cela au premier document qu’elle m’avait envoyé pour justifier l’origine des fonds qu’elle m’avait envoyé. Cette nuit-là, nous avions achevé notre conversation autour de 02hr du matin, et nous sommes tombés d’accord qu’elle devait m’envoyer ces documents là le lendemain 01/03/2019.

Le vendredi 01/03/2019 au matin, ma journée a débuté normalement comme tous les autres jours. J’ai quitté la maison à 07hr du matin, je suis arrivé à la Banque autour de 07h15 par là. Une fois arrivé au bureau, j’ai exécuté quelques préparatifs avant de me rendre à l’hôtel Akwa Palace vers 08hr afin de m’assurer que la journée de formation allait débuter sans inconvénients. Là-bas j’ai fait le nécessaire, j’ai même assisté au début de la séance de formation. À 09hr, je décide de repartir à la Banque pour continuer la journée de travail. Entre temps, mon compte n’affiche toujours pas le solde tel qu’il se doit sur mon application Ebank-net. Sur mon trajet de retour entre l’hôtel et la Banque, je reçois le coup de fil de ma DRH, Mme Biboum Emilienne Évangéline qui me pose des questions sur le déroulement de la formation, demande ma position exacte au moment de l’appel, et m’instruit de me rapprocher d’elle une fois que je serais arrivé au bureau. J’ai exécuté ses instructions à la lettre. Arrivé dans son bureau, voici l’essentiel de notre échange :

Moi: Bonjour Madame, comme convenu au téléphone, je suis déjà là.

Mme Biboum : Oui bonjour M. Andela. Bonne arrivée. Dites moi, la formation s’achève ce jour à quelle heure ? Parce qu’il faudrait que nous y fassions un tour dans l’après-midi vous et moi.

Moi: La formation a bien débuté ce matin et elle prendra fin vers 16hr.

Mme Biboum : Ok. Bien reçu M. Andela excusez moi, je monte rapidement chez le DG et je vous rejoins dans quelques minutes. Comme cela nous allons faire le point sur la formation afin de nous accorder sur les actions à entreprendre pour la suite. N’allez pas loin, je ne met pas long chez le DG.

Moi: Bien reçu Madame.

Après cet échange, je quitte le bureau de la DRH pour me rendre à mon bureau. Une fois arrivé là-bas, j’informe à la stagiaire que je ne suis pas loin au cas où la DRH demanderait après moi. Je lui précise donc que je suis dans le bureau d’en face à l’informatique pour vérifier l’état d’avancement des travaux de maintenance qui étaient en cours depuis une semaine sur l’unité centrale de mon ordinateur de bureau.

À peine arrivé à l’informatique, je rencontre M. Mouandjo Eric qui était venu récupérer mon unité centrale au bureau. Juste le temps pour lui de démarrer cette unité centrale que son téléphone de bureau sonna. De ce que j’ai pu écouter de sa conversation vu que j’étais proche de lui à l’instant, il s’agissait d’un coup de fil de l’assistante de notre DRH qui lui demandait si j’étais avec lui. Répondant par l’affirmative, il me remis le téléphone. L’assistante de la DRH m’a dit au téléphone: “Wilfried, s’il te plaît tu peux arriver à mon niveau ? C’est urgent !” J’ai répondu : Ok, j’arrive.

À cet instant là, je me disais qu’il s’agissait de la DRH qui avait à nouveau besoin de moi et qu’elle était revenue de son entrevue avec le DG. Je me rapproche du bureau de l’assistante de la DRH qui, avec un air empressé, m’a juste informé sur le couloir qu’il y’avait des commissaires qui souhaitaient me rencontrer et qu’ils étaient dans notre salle de réunion. Je dois avouer que j’ai un peu été surpris par l’idée que des commissaires souhaitaient me rencontrer. Elle m’aurait dit des hommes en tenue que cela n’allait pas me surprendre car j’habite dans un camp militaire et je reçois très souvent des amis militaires au bureau. La précision”commissaire” a sonné bizarrement dans mon oreille, mais je suis quand-même allé à la salle de réunion.

J’entre dans la salle de réunion, je vois trois messieurs en civils, l’un d’eux avec un air très rassurant m’adresse poliment la parole, se présente à moi et présente ses deux collaborateurs qui l’accompagnaient. À mon tour, je me suis également présenté. Après cette séance de présentation, le plus courtois des trois hommes me présente une convocation et me fait savoir qu’il souhaiterait me poser quelques questions et qu’il compte sur ma disponibilité pour que je les suivre jusqu’à son bureau à l’intérieur des services de renseignements de la police à Bonanjo. Très curieux et à la fois interrogatif, je décide de suivre les trois messieurs. Nous sortons de la Banque, nous entrons dans un véhicule de police de marque RAV 4, version 2014. Une fois arrivé à l’emi-immigration à Bonanjo le conducteur gare le véhicule. Nous descendons tous les quatre du véhicule et prenons la direction de l’intérieur du bâtiment. Nous entrons dans un bureau climatisé, ce qui est très rares dans les bâtiments de l’administration. Le monsieur très courtois me fait asseoir très poliment, me propose une bouteille d’eau minérale tandis que ses deux collaborateurs prennent également place. Entre temps, je suis très curieux, et bizarrement je ne panique pas. Quelques minutes après, le policier courtois me fait savoir que je fais l’objet d’une plainte qui a été déposée par mon employeur dans ses services aux environs de 01hr du matin du 01/03/2019. Tout d’un coup, mon humeur change et tous mes sens s’éveillent. Le monsieur me présente la plainte et me demande de prendre tout mon temps pour la lire. Ma première remarque est que la plainte est rédigée sur le papier entête de mon employeur SCB Cameroun, et elle est signée du Directeur General M. Mohammed Mejbar.

Globalement, la plainte parle de cybercriminalité et d’abus de confiance. De ce que je peux lire sur la plainte, mon DG m’accuse d’avoir agis en bande organisée avec deux collègues de l’informatique pour créditer frauduleusement les comptes des clients de la Banque et que le montant total concerné est chiffré à 3 milliards de FCFA. Par ailleurs, il ajoute dans la plainte que des 3 milliards annoncés, les deux collègues informaticiens et moi avons déjà réussi à faire sortir plus de 2 milliards des comptes de la Banque par l’intermédiaire de certains de nos complices qui, selon lui seraient des clients de la Banque dont les comptes ont connus des mouvements à la hausse entre le 19/02/2019 et le 28/02/2019.

Bien plus, il est dit dans la plainte que j’ai reçu frauduleusement dans mon compte 24.680.000 FCFA qui sont arrivés en quatre (04) opérations, et que j’ai également décaissé frauduleusement cet argent en quatre (04) opérations. Et à en croire la plainte, cet somme représentait ma part de gain dans l’ensemble des 2 milliards de FCFA.
Il faut reconnaître un fait. La lecture de cette plainte a eu le privilège de faire de moi quelqu’un de très serein à l’instant T, le temps pour moi de prendre une bonne bouffée d’air et de comprendre ce dans quoi je me trouvais en ce moment là. Maintenant place au débat.

Le policier courtois a continué de l’être, tandis que l’un de ses collaborateurs, est soudainement devenu tout excité comme un pirate venant de tomber sur un énorme butin de guerre. L’autre collaborateur quant à lui présentait la mine d’un monsieur qui avait été contraint de se retrouver dans la pièce avec nous autres.

L’interrogatoire a débuté aux environs de 10h30 par là.
Le policier : M. Andela reconnaissez-vous les faits?
Moi: Mon commissaire je pense qu’il s’agit d’une erreur sur la personne. Bien-sûr que je me nomme Andela, mais l’histoire sur la plainte n’est pas l’histoire de Andela.

Le policier : M. Andela vous savez, il s’agit d’un grand groupe marocain qui porte plainte contre vous, et de surcroît votre employeur. Dans le cas d’espèce, même si vous êtes le fils de Ngo Ngo Ferdinand (actuel Secrétaire Général à la Présidence du Cameroun), vous aurez du mal à vous en sortir.
Moi: Mon commissaire, je réitère, je suis très surpris par tout ce que je viens découvrir ici dans votre bureau. Déjà la plainte signée par mon employeur, en plus de ça les fait présentés à l’intérieur et pour finir mon interrogation sur le fait qu’il n’y ait pas eu d’enquêtes préalables au sein de la Banque comme le prévoit les procédures internes. Je suis très embarrassé parce qu’en vous regardant vous m’avez l’air d’avoir déjà le coupable devant vous, et que tout ce que je vous dirai ici vous ne me croirez pas. Quoiqu’il en soit, je ne connais rien de tout ce qui est écrit sur cette plainte.

Le policier : M. Andela donc vous voulez dire que le DG ment?
Moi: Mon commissaire, je ne suis pas ici pour accuser qui que ce soit, encore moins mon employeur. La seule information que je peux vous communiquer est que, la plainte décrit les faits sur la période comprise entre le 19/02/2019 et le 28/02/2019. Courant cette période j’ai reçu un virement de fonds de 25.000.000 FCFA de ma maman en provenance de la côte d’Ivoire. Cet argent est arrivé dans mon compte en une seule opération, et je l’ai décaissé en un minimum de sept (07) opérations dont j’ai souvenir ; je ne me souviens pas de la totalité de ces opérations, mais mon historique de compte peut prouver ce que je vous dit. J’ai à ma disposition le document justificatif de l’origine des fonds que je reconnais avoir reçu tel que le prévoit les procédures internes de la Banque, et non des mouvements de fonds que la Banque veut me coller au corps au travers de cette plainte. J’ai également à ma disposition la totalité des pièces justificatives qui témoignent de l’usage fait de cet argent suivant les instructions de ma maman, vu qu’il s’agissait de son argent.

Par ailleurs, je tiens à préciser que durant tout l’interrogatoire, je me faisais du souci quand au rendez-vous que m’avait donné la DRH en matinée. Du coup, j’ai demandé au policier courtois si je pouvais informer ma hiérarchie sur ma position en ce moment là. Il m’a répondu que cela n’était pas nécessaire car elle connaissait où je me trouvais en ce moment. Ce qui m’a vraiment surpris. Pour confirmer ses dires, il a pris son téléphone, et m’a montré le numéro de la DRH à travers le sien en me précisant qu’elle et lui sont de bons amis. De plus, pour me rassurer il m’a finalement autorisé à la contacter. J’ai essayé de joindre la DRH à deux reprises, mais le téléphone sonnait dans le vide. Le policier remarquant cela, m’a demandé de lui laisser un SMS et qu’elle allait réagir plutard.

Après avoir fait ma déposition, les éléments de la police m’avaient demandé si je pouvais prouver tout ce que je disais. Je leur avais répondu par l’affirmative et nous étions repartis au bureau pour récupérer les pièces justificatives. La caméra présente dans mon bureau peut attester de mon passage dans cette pièce aux environs de 12hr moins avec les éléments de la police. Au sortir de là, ils m’avaient fait savoir qu’il s’agissait effectivement d’une erreur de la part de la Banque, ou d’une simple coïncidence en précisant que la Banque avait sûrement fait erreur sur la personne. Du coup, ces policiers ont rédigé un procès verbal de ma mise à disposition à la police judiciaire de Bonanjo. Toujours très courtois, le policier m’a fait lire ledit procès verbal. À l’intérieur, j’avais remarqué que les policiers avaient effectivement mentionné qu’il s’agissait soit d’une confusion de personne, soit d’une simple coïncidence ou encore d’une instrumentalisation ndont j’aurais pu être là victime. À mon niveau, le PV était honnête et reflétait la réalité. Cependant, ils m’ont quand même fait savoir que la suite de la procédure devait avoir lieu au niveau de la Police judiciaire à Bonanjo. Sur le trajet partant de l’emi-immigration pour la police judiciaire, en regardant sur mon téléphone, j’ai remarqué que la DRH avait finalement répondu à mon message qui l’informait sur ma position par un simple “OK”. Le fait est passé. Arrivés devant le portail de la police judiciaire, le policier courtois m’a demandé si j’avais un membre de la famille que je pouvais contacter et à qui je pourrais communiquer ma position et ma situation. J’ai répondu par l’affirmative et il m’a demandé de contacter cette personne et je l’ai fait.

Une fois arrivés à la police judiciaire, me l’enquêteur qui m’avait reçu s’était empressé de récupérer mon téléphone en premier avant de m’orienter dans un bureau assez lugubre. Il m’a demandé de l’attendre sur place. Il était 17hr par là. Dans ce bureau, j’ai patienté l’enquêteur pendant près de 02 heures. Aux environs de 19hr, un anti-gang s’est présenté devant moi comme ayant été envoyé par sa hiérarchie pour m’auditionner à nouveau. Pendant mon audition à la PJ, l’anti-gang m’a fait savoir que mon adresse IP avait été identifiée dans le serveur de la Banque à Casablanca entrain de manipuler les comptes. Je lui ai répondu que c’était impossible car je ne suis pas informaticien, mais plutôt un employé de ma Direction du Capital Humain et qu’en plus de ça, je ne m’y connais pas en informatique, notamment sur les bases de données et autres., ce qui est impossible. En plus de cette information, je lui avais fait que durant toute la semaine où la Banque disait avoir été victime, mon ordinateur à moi était dans les services de l’informatique car mon unité centrale ne fonctionnait pas.

Ce soir là, malheureusement pour moi, en dépit des preuves que j’avais apporté qui me disculpaient, la police judiciaire m’avait quand même mis en garde à vue. Ainsi débutait mon séjour dans l’univers carcéral.

Le lendemain, soit le samedi 02/03/2019, après avoir passé ma première nuit en cellule dans un contexte très désagréable, un premier fait très curieux et très surprenant s’est produit. Le matin, la DRH s’est rendue à la Police Judiciaire avec une cohorte de marocains débarqués tout droit de Casablanca, accompagné du Directeur Général de la Banque, du Responsable de l’Audit Général et du Responsable du Conseil Juridique. Pendant que les autres se trouvaient à l’intérieur du bureau du Regional de la police judiciaire, la DRH, m’ayant aperçu à l’extérieur sur la cour de la police judiciaire en compagnie d’un ami à moi qui était venu avec un autre autre ami à lui, l’un des substituts du procureur de la République, est sortie du bureau et s’est rapprochée de moi. Avec un air très surpris, elle interrompa ma conversation avec mon ami et le substitut du procureur, et me posa la question de savoir: “Wilfried! Dis moi que ce n’est pas vrai ! Qu’est-ce que j’entend la? Très embarrassé, lorsque j’ai voulu lui répondre, mon ami à côté de moi avait vite fait de lui rappeler qu’elle avait trouver des gens devant elle, et qu’elle ne devrait pas chercher à s’imposer de la sorte dans une conversation. Très vexée par les propos de mon ami, la DRH est repartie dans le bureau du Regional de la Police Judiciaire sans dire mots. Telle fut la dernière fois que j’ai échangé avec la DRH jusqu’à ce jour.

Dans l’après-midi, le même policier courtois des services du renseignement qui était venu me chercher au à la Banque la veille était revenu à la Police judiciaire et m’avait dit ceci: M. ANDELA, pourquoi voulez-vous vous moquez de nous alors qu’au regard des informations que vous nous avez fourni hier, vous êtes totalement innocent?

Une fois de plus, très surpris, je lui avais posé la question de savoir ce qu’il se passait? C’est alors qu’il me fit savoir qu’après m’avoir auditionné la veille, il avait rendu compte de ma version des faits à la Banque en leur précisant que j’avais en ma possession toutes les preuves de ce que j’affirmais.

La Banque de son côté était revenue vers lui le lendemain matin avec une nouvelle version des faits. D’après ses dires, contrairement à ce qui était mentionné sur la plainte la veille, il me tint ce langage : “La Banque dit reconnaître que tu as effectivement reçu un virement de 10.000.000 FCFA de ta maman, et que tu avais 15.000.000 FCFA ici au pays. Du coup tu as fait le versement de cet argent dans ton compte afin que le montant total soit de 25.000.000 FCFA”.

Une fois de plus, très surpris, j’avais répondu au policier courtois que je ne savais pas de quoi il était question, et que le fait que la Banque change de version à tout moment témoignait de mon innocence. Surtout que je n’arrivais toujours pas à comprendre l’univers dans lequel je me trouvais, pourquoi j’y étais et encore que je n’avais plus accès à mon compte ou quoi que ce soit d’autre pour pouvoir me défendre. Car j’étais déjà en garde à vue, démuni de toute arme pour me défendre.

Sur cette note de fin, le policier courtois fut très embarrassé et m’a rassuré qu’il allait essayer de comprendre ce qui n’allait pas. Sauf que, malheureusement pour moi, j’étais déjà à la disposition de la police judiciaire qui, différemment des services du renseignement, ne cherchait même pas à connaître la vérité. Selon elle, elle tenait ses coupables et n’allait désormais orienter ses enquêtes que dans le sens où il fallait trouver où fabriquer des preuves m’inculpant moi, et mes deux collègues de l’informatique.

J’ai passé 28 jours en garde à vue à l’intérieur de la cellule de la police judiciaire. Pendant mon séjour là-bas, d’autres collègues nous ont rejoint, de même que certains clients de la Banque. Un matin, précisément le mercredi 06/03/2019, une de mes collègues s’est rapprochée de l’enquêteur de la police judiciaire qui supervisait l’enquête afin qu’il puisse également écouter la version des faits de ma maman depuis le Benin via un appel téléphonique.

Réunis à l’intérieur du bureau de cet enquêteur, il y’avait ma collègue le gestionnaire des comptes du Personnel, l’enquêteur lui-même et un autre de ses collègues, le policier courtois qui m’avait auditionné dans les services du renseignement et deux autres de mes collègues respectivement délégués du personnel au sein de la Banque. Ma collègue qui possédait déjà le numéro de ma maman a lancé l’appel. Quelques instants après, la maman à l’autre bout décrocha et la conversation fut mise sous haut-parleur. J’ai pris la parole, j’ai échangé sur la totalité des faits avec ma maman qui, à son tour, n’a fait que confirmer ma version des faits. Et précisait par la même occasion que la Banque faisait erreur et me demanda à cet instant si à l’intérieur de la Banque il n’y avait pas quelqu’un qui était jaloux de mon évolution en son sein et aurait souhaité me mettre volontairement dans les problèmes. J’ai répondu en disant que “je ne sais pas” et que mon objectif en l’appelant était qu’elle trouve le moyen de me faire sortir de cette situation. Ce qu’il faut retenir ici est que pendant notre échange téléphonique, la maman ne savait pas que dans la pièce, mis à part moi il y’avaient d’autres personnes. Toutefois, à l’unanimité tout le monde présent dans la salle avait conclu que je n’avais rien à voir dans cette histoire, que j’étais innocent. Malgré cela, je suis resté en garde à vue jusqu’au 28 mars 2019 sans jamais avoir eu une confrontation avec le plaignant (mon employeur).

Le vendredi 29/03/2019, des éléments de la police judiciaire nous ont conduit au parquet, devant le juge d’instruction. Devant le juge d’instruction, personne n’a eu l’occasion de s’expliquer. Madame la juge m’a juste fait comprendre que je faisais l’objet d’une plainte de la part de mon employeur. Elle m’a lu le rapport de la police judiciaire et m’a remis une copie du mandat de dépôt qui m’envoyait en détention provisoire à la prison centrale de Newbell. Honnêtement, au sortir du bureau de Madame la juge d’instruction, j’ai pleuré comme un nouveau né qui vient à peine de sortir du ventre de sa mère. Des éléments de l’administration pénitentiaire nous ont conduit à la prison le 29/03/2019 aux environs de 21hr. Ce fut ma première nuit au sein de la prison centrale de Newbell. Depuis lors, j’ai appris à accepter cette situation, bien que ce soit très difficile à vivre, notamment pour le mental. Depuis lors, nous n’avons plus été convoqué devant le juge d’instruction. Hier soir, samedi 25/05/2019, j’ai passé une soirée très difficile car mon mental était au niveau le plus bas de sa forme. Très courroucé, j’ai préféré m’endormir aux environs de 23hr. À minuit, le sommeil a quitté mes yeux. Pour meubler ce temps mort, j’ai décidé de rédiger ce document le dimanche 26/05/2019 aux environs de 03hr du matin”.
Wilfried ANDELA.

Source:https://www.camerounweb.com/CameroonHomePage/features/Nouvelles-r-v-lations-sur-le-scandale-de-la-Soci-t-Camerounaise-de-Banque-464235

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